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Critique d'album

Fates Warning


Night On Bröcken


(01/09/1984 - Metal Blade Records - Pionniers du metal prog - Genre : Hard / Métal)
Produit par Fates Warning

1- Buried Alive / 2- The Calling / 3- Kiss of Death / 4- Night On Bröcken / 5- S.E.K / 6- Misfit / 7- Shadowfax / 8- Damnation / 9- Soldier Boy
Note de 3/5
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Note de 3.0/5 pour cet album
"Quand la NWOBHM traverse l'Atlantique ..."
François, le 30/01/2019
( mots)

Fates Warning est réputé être le groupe fondateur de Metal progressif, remercié à ce titre par Dream Theater sur les albums When Dream and Day Unite et Images and Words : c’est donc un monstre qui se dresse à l’horizon pour qui connait la bande de Petrucci. Enfin, enfin, on peut remonter aux origines de la rencontre entre le Metal et le rock progressif ! Néanmoins, si le groupe semble bénéficier d’une certaine aura tout à fait méritée, son style est plus complexe à définir que celui de leurs épigones du Théâtre des Rêves. Ainsi, à bien des égards, leur premier album peut difficilement être classé dans la catégorie Metal progressif. 


Derrière cette pochette artisanale mais chatoyante renvoyant aux chasses aux sorcières (suite à un sabbat noir ? Brocken est un site allemand célèbre pour sa nuit des Walpurgis…), se cachent un chanteur haut-perché du nom de John Arch, les deux guitaristes Jim Matheos (pilier du groupe) et Victor Arduini, le batteur Steve Zimmerman et le bassiste Joe DiBiase pour la section rythmique. Ces cinq compagnons mènent une honnête formation de Heavy-Metal de la côte-est des Etats-Unis, qui troque son nom original (Misfit) pour Fates Warning, signe du destin ... Tellement Metal que l’umlaut (¨) surplombe le o de Bröcken.  


C’est pourquoi l’amateur de rock progressif sera forcément déçu s’il recherchait ici un mélange entre les deux styles, puisque nous avons dans nos oreilles une production absolument inspirée de la NWOBHM et en particulier d’Iron Maiden, influence qui suinte d’à peu près partout dans Night on Bröcken. Le plus simple pour s’en convaincre est d’observer la photographie de Zimmerman dans le boitier, il arbore fièrement un t-shirt de la bande de Dickinson, ou encore de se pencher sur les bonus de l’édition remastérisée de 2002 pour trouver une reprise de "Flight of Icarus" (issu de l’album Piece of Mind, l’enregistrement est de très mauvaise qualité). 


Cette inspiration se ressent sur le solide "Damnation", dont la suite des accords composant les arpèges de l’introduction est directement tirée d’ "Hallowed Be Thy Name" : on s’attend à voir partir le titre dans la même lancée que celui de la Vierge de Fer. Le morceau éponyme lorgne plutôt vers "Transylvania" bien que le chanteur soit ici présent contrairement à l’instrumental auquel nous renvoyons. En parlant de John Arch, il participe énormément au parallèle que nous sommes en train de dresser tant sa voix à des relents dickinsoniens. Cette tessiture est particulièrement sensible sur "Kiss of Death" notamment dans les refrains, mais se retrouve tout au long de l’album. Le groupe s’amuse même à placer des instrumentaux (le ténébreux "S.E.K" arpégé ou le plus électrique "Shadowfax"), passages obligés des premiers albums d’Iron Maiden. Bref, Fates Warning multiplie les références à son modèles britannique, peut-être un peu trop pour donner un vrai relief à Night on Bröcken


Même les morceaux plus éloignés de la pâte du combo anglais (surtout dans les premiers titres comme "Buried Alive" ou "The Calling" …), nous avons vraiment l’impression d’être en pleine NWOBHM, à en oublier que le groupe vient du Connecticut. Voici l’occasion pour une digression. Problématique : si la NWOBHM développe une esthétique qui lui est propre et s’exporte au-delà de son pays d’origine, constitue-t-elle un sous-genre davantage qu’un simple phénomène circonscrit dans le temps et l’espace ? Dans ce cas, peut-on y assimiler les albums de groupe hors-UK sans remettre en cause cette appellation (pour rappel : New Wave of British Heavy Metal) ? 


Dans tous les cas, ce n’est pas parce que les deux derniers morceaux sont un peu long ("Damnation" et "Soldier Boy", plus de six minutes chacun, pour une fin enthousiasmante) que l’on peut parler de musique progressive pour cet album. A vrai dire, aucun signe n’est présent dans Night on Bröcken pour présager de la suite, si ce n’est une dextérité certaine de la part des musiciens, bien que la section rythmique (qui fera la force du groupe, mais avec un autre personnel) reste très basique.


Il peut paraître un peu sévère de qualifier la première livraison de Fates Warning comme un ersatz d’Iron Maiden, même si la comparaison est flatteuse. Night on Bröcken est respectable pour un premier essai, les musiciens maîtrisent leur affaire (Arch suggère des capacités importantes, les guitaristes parviennent bien à se compléter lors des solos ou des nombreux plans en twin – "Buried Alive"), mais il souffre d’un manque d’originalité et d’une inspiration beaucoup trop audible. Ce n’est donc pas l’album du siècle que propose Fates Warning mais pour les amateurs du genre, il est recommandable. Les autres l’écouteront pour l’histoire. 


 

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