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Critique d'album

Placebo


Without you I'm nothing


(12/10/1998 - Hut - Glam rock alternatif - Genre : Rock)
Produit par Steve Osborne, Phil Vinall

1- Pure Morning / 2- Brick Shithouse / 3- You Don't Care About Us / 4- Ask for Answers / 5- Without You I'm Nothing / 6- Allergic (to Thoughts of Mother Earth) / 7- The Crawl / 8- Every You Every Me / 9- My Sweet Prince / 10- Summer's Gone / 11- Scared of Girls / 12- Burger Queen
Note de 4.5/5
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Note de 4.5/5 pour cet album
"Tout simplement le meilleur album de Placebo"
Nicolas, le 22/08/2007
( mots)

Ca peut paraître d'une banalité affligeante, énoncé de la sorte, mais le fait est là : Placebo savait déjà faire du rock (et du bon) bien avant la sortie de Sleeping With Ghosts, l'album qui amena au trio Londonien la consécration du public. Et même bien plus : d’après les fans inconditionnels du groupe, le summum de leur musique aurait incontestablement été produit dans leur deuxième réalisation. Pour ma part, j'irai plus loin : Without You I'm Nothing n'est ni plus ni moins qu'une bombe, un immense pavé jeté dans la mare du rock'n roll et, osons le dire (si, si), quasiment un chef d'oeuvre.

Les différences avec leur premier album éponyme sont criantes dès le titre d’ouverture et se cristalliseront pour toutes leurs réalisations futures. La voix de Brian Molko se fait plus grave, moins ambiguë sexuellement, néanmoins toujours aussi nasillarde et traînante. La batterie change radicalement : du jeu léger et rapide de Robert Schultzberg, on passe à un style plus conventionnel dans la frappe avec Steve Hewitt, qui propose des sons plus lourds et plus mats donnant à l’ensemble une forte impression de puissance. Enfin et surtout, les guitares sont véritablement lâchées, vrombissantes, métalliques, enivrantes. C'est vraiment sur cet album que la sonorité des guitares est la plus impressionnante.

"Pure Morning" ouvre le festival, et d'emblée c'est une énorme claque. La rythmique lente couplée à la nonchalance de Molko tranche nettement avec la puissance sonore des instruments. Hewitt matraque ses caisses comme une brute, la basse d'Olsdal est tellement grave qu'elle vrillerait n'importe quelle boîte crânienne, et la guitare de Molko fend l'air comme une lame de rasoir. Une démonstration sonore comme on en entend rarement. Arrive ensuite "Brick Shitouse", certainement leur titre le plus violent tous albums confondus, ultra-rapide, nerveux, agressif dans le son et les paroles, avec une incroyable rigueur rythmique des cordes et de la batterie. Puis sur de trompeurs accents pop, "You Don’t Care About Us" semble assagir la progression musicale avec une guitare plus accessible pourvue de quelques effets d’écho (un son que Molko affectionnera plus par la suite), avant de troquer sans état d’âme cette couleur sonore par une sursaturation évoquant une scie circulaire sur le refrain : là encore, la démesure sonore impressionne.

La suite de l’album introduit de magnifiques balades mélancoliques à mille lieues de la fureur des premiers titres, parmi lesquelles "Ask for answers", rappelant un peu l’esprit de Placebo (comme une sorte de retour aux sources), ou "The Crawl", glauque et sombre à souhait. La noirceur est encore plus criante dans "My Sweet Prince", un trip musical en forme d’ode à l’héroïne et à la luxure, à l’ambiance quasi-mortifère. Ces balades s'intercalent avec le véritable coeur mélodique du disque, porté par 3 titres qui frôlent le sublime. Le coup de génie de l'album est sans conteste "Allergic", simple mais lumineux, où la basse alterne les modes majeurs et mineurs sur une même série de notes à la guitare. "Every You Every Me" ne se présente même plus, avec sa rythmique sèche à la croche (une vraie signature musicale) et ses riffs accrocheurs : le tube d’ouverture du film Cruel Intentions est un véritable monument du rock. Mais la perle du disque reste encore "Without you I’m Nothing", un fabuleux OVNI sans refrain ni couplets composé de 4 successions mélodiques, tranquille au début et toutes brides abattues à la fin, avec une ligne musicale portée quasi-exclusivement par la guitare aérienne et déchirante de Brian Molko.

A la fin de l'album, "Burger Queen" apporte un peu d'apaisement après toute cette sauvagerie sonore grâce à une guitare simple, douce, tranquille, à l'image d'hommes qui semblent enfin en paix avec eux-mêmes et leurs auditeurs. Mais le repos est de courte durée si on pousse la curiosité jusqu'à découvrir le morceau caché du CD. Le groupe a en effet samplé le message menaçant d'un jeune fan déséquilibré, laissé sur le répondeur téléphonique de Molko (véridique !), avec des riffs rageurs et lugubres : angoissant au possible.

Pour ceux qui en douteraient encore, on peut avancer une dernière évidence : Without You I’m Nothing est le meilleur album de Placebo. Le disque n’est évidemment pas aussi accessible que les réalisations commerciales plus récentes du groupe : il est sans concession, le mixage privilégie clairement les instruments à la voix, les mélodies sont sombres, moins pop et plus portées par les guitares. C'est également pour ça que cet opus là n’est à rater sous aucun prétexte pour tout amateur de rock, qu’il aime Placebo ou non. Reste cette ultime question : quand la bande à Molko va-t-elle enfin retrouver un tel niveau ?

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