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Critique d'album

Pixies


Bossanova


(13/08/1990 - 4 AD - Rock alternatif - Genre : Rock)
Produit par

1- Cecilia Ann / 2- Rock Music / 3- Velouria / 4- Allison / 5- Is She Weird / 6- Ana / 7- All Over the World / 8- Dig For Fire / 9- Down to the Well / 10- The Happening / 11- Blown Away / 12- Hang Wire / 13- Stormy Weather / 14- Havalina
Note de 5/5
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Note de 4.5/5 pour cet album
"Le moins bon disque des Pixies n'en reste pas moins d'une exceptionnelle qualité"
Nicolas, le 16/02/2010
( mots)

Généralement, quand on interpelle un fan des Pixies et qu'on lui demande quel est son album préféré parmi les quatre réalisés par le combo, la réponse est relativement invariable : d'un côté on trouve deux favoris poids lourd qui se partagent la majorité des suffrages, Surfer Rosa et Doolittle, et de l'autre on distingue deux outsiders un peu plus mésestimés mais pourtant défendus avec acharnement par quelques irréductibles, Bossanova et Trompe Le Monde. Mais n'oublions pas que l'élément de comparaison joue clairement en défaveur des deux derniers cités qui, s'ils demeurent encore à l'heure actuelle d'une tenue on ne peut plus excellente, ont dû se frotter à la quasi-perfection de leurs prédécesseurs. A ce petit jeu là, et bien qu'ayant été curieusement plutôt épargné par la critique au moment de sa sortie, Bossanova est probablement le disque le moins inattaquable du quatuor de Boston. Enfin bon, façon de parler.

La genèse de ce disque ne s'est pas faite sans heurt. A la base, les deux tournées triomphales ayant servi à promouvoir Doolittle, les fameux Sex And Death Tour pour l'Europe et Fuck Or Fight Tour pour les Etats Unis, avaient laissé éclater des tensions importantes entre Black Francis et Kim Deal. Il est vrai que la bassiste accumulait les excès, enchaînant défections et ivresse sur scène avec une régularité métronomique, au point que Black lui balança une guitare en pleine figure en Juin 1989, alors que le groupe devait donner un concert à Stuttgart et que l'effrontée affichait une bonne heure de retard au compteur. Il s'en fallut alors de peu pour que la cool girl ne fut virée manu militari du groupe, mais bien que Black consentit à la garder dans l'effectif, il ne lui pardonna jamais sa désinvolture et la lui fit payer très cher sur les deux albums suivants. Par la suite, les quatre membres du combo firent une pause salutaire chacun de leur côté. Alors que Kim Deal réactivait les Breeders, son groupe d'adolescence, en compagnie de sa sœur jumelle Kelley et de Tanya Donelly des Throwing Muses, Joey Santiago partit faire du tourisme dans le Grand Canyon et David Lovering alla se payer une virée en Jamaïque. Quant à Black Francis, il s'acheta une Cadillac et fit le tour des Etats Unis avec sa compagne Jean Walsh. Ce fut donc une équipe passablement rassérénée qui se réunit de nouveau fin 1989 pour enregistrer le successeur de Doolittle.

Petite révolution cette fois-ci : les quatre lutins de Boston décidèrent d'enregistrer l'album à Los Angeles. Ou plutôt, devrait-on dire, Black Francis décida unilatéralement que l'album serait enregistré là-bas. Effectivement, et suite aux débordements de la tournée précédentes, le dégarni de la bande se mit en tête de s'octroyer une mainmise totale sur les Pixies, officiellement pour contrôler ses troupes plus aisément, mais officieusement pour mieux assoir ses ambitions musicales et donner libre cours à un orgueil de plus en plus envahissant. De ce fait, si cette décision ne posa pas trop de soucis à Santiago et à Lovering, il n'en fut pas de même pour Kim Deal qui, occupée à mettre la touche finale au premier album des Breeders (Pod) à Boston aux côtés de Steve Albini, n'arriva sur les lieux que quelques semaines plus tard. Deuxième révolution pour le groupe : Bossanova a été enregistré sans avoir été au préalable conçu sur démo, Black ayant même avoué avoir écrit le texte de certaines chansons à peine cinq minutes avant de les enregistrer. Résultat : le bonhomme a pu faire ce qui lui plaisait sans qu'une certaine gêneuse vienne lui coller des bâtons dans les roues. Pas étonnant donc que cet album soit celui où la basse de Deal a le moins d'importance dans la structure des chansons. Petite anecdote amusante : alors que l'enregistrement avait débuté aux studios Cherokee aux côtés de Gil Norton, reconduit pour l'occasion au poste de producteur après son excellent travail sur l'opus précédent, la fine équipe s'est vite rendue compte qu'il était impossible de mettre en boite quoi que ce soit après 18 heures parce que la console d'enregistrement captait des parasites de radios FM pirates. Gros problème en perspective pour Norton, qui était incapable de travailler sur ses overdubs fétiches. Et alors que lui et Santiago prenaient un pot dans un bar, ils tombèrent par hasard sur l'inénarrable Rick Rubin, lequel parvint à leur dégotter un studio de rechange (Master Control) en deux temps trois mouvements. C'est beau, la fraternité entre producteurs.

Sur l'album en tant que tel, trois choses frappent d'emblée. Sur le plan sonore tout d'abord, des rééquilibrations significatives ont été effectuées afin que la batterie massive de David Lovering soit remise un peu plus en avant que sur Doolittle (fait particulièrement évident à l'écoute des frappes colossales de "Down To The Well"), alors que la basse se voit étouffée sur de nombreux titres (notamment les six premiers morceaux à l'exception notable de "Is She Weird"). Deuxièmement, la quatre corde laisse filer son rôle moteur dans la plupart des morceaux : si certaines compositions gardent le style typique des lutins, comme le jouissif "Hang Wire" qui additionne ligne de basse tonique et alternance couplets doux / refrains au cordeau, l'instrument de Kim Deal perd beaucoup de son intérêt dans des rushs tendus à la "Rock Music" ou à la "Allison". Et ces deux morceaux ne sont pas une exception : sur "The Happening" par exemple, titre qui pourtant se prêterait à merveille au groove mélodique de Kim, on n'a droit qu'à une redite rythmique monocorde des caisses de Lovering, c'est vraiment dommage. A l'écoute de Bossanova, on comprend aisément à quel point il ne fait pas bon être pris en grippe par Black Francis... troisièmement enfin, et c'est le point le plus remarquable de cet album, les Pixies se départissent partiellement de leur folie pour se tourner vers un rock plus dense et homogène, perdant paradoxalement en force mélodique vocale (Black laissant de côté ses fameux hurlements caractéristiques et Kim Deal n'assurant que le strict minimum aux choeurs, là encore) ce qu'il y gagne en richesse ornementale véhiculée par les guitares. C'est sur cet album que le jeu de Santiago est le plus subtil et le plus limpide, le guitariste délaissant partiellement ses grondements furieux pour s'essayer à un son sibyllin qui culmine sur le fabuleux "Ana" et sa ligne électrique absolument magique. Ajoutez à cela une influence surf pop prononcée ("Cecilia Ann", notamment, n'étant ni plus ni moins qu'une reprise instrumentale d'un tube des Surftones) et une bonne dose de paranormal à la sauce aliens et OVNI, et vous aurez ainsi une petite idée de l'ambiance qui règne au sein de cet album étonnamment tempéré qui se révèle bien moins immédiat que ses deux précécesseurs.

Ceci étant posé, il est utile de préciser que, même s'il se révèle moins impressionnant que Surfer Rosa et Doolittle, Bossanova est un disque d'une qualité remarquable, bourré de petites idées à chaque recoin de sillon, et dont aucun des morceaux qui le composent n'est à mettre de côté. Assurément, certains groupes de rock alternatif auto-proclamés "indie" ayant émergé en ce début de millénaire seraient prêts à vendre père et mère pour être capable d'engendrer un album de cette trempe. Si l'évidence des mélodies se fait moins sentir qu'avant, quelques tours de platine supplémentaires ont tôt fait de nous plonger immanquablement dans l'ambiance décalée et irréelle de cet opus. Opus ouvert d'ailleurs en grande pompe avec la cavalcade western percutante de "Cecilia Ann", que suit un "Rock Music" tonitruant et rageur qui voit Black laisser cours aux seuls hurlements de la galette. Premier single de la série, "Velouria" est assez caractéristique de l'évolution des Pixies : mélodie complexe et tendue, changements de tonalité à tout va, jeu de choeurs en écho, le titre, une fois apprivoisé, relève de l'addiction pure et simple. A l'inverse, aucun effort ne vous sera nécessaire pour vous faire conquérir par "Allison" : mêlant une percussion et une immédiateté assez époustouflantes, c'est l'un des morceaux les plus évidents du quatuor de Boston, et ce malgré sa brièveté (1 minute 17 secondes seulement). Les deux morceaux suivants, "Is She Weird" et "Ana", laissent la place à un chant très calme, presque chuchoté, et renforcé quasiment à l'identique par les lignes fluides de la guitare de Santiago. Puis vient le point d'orgue de l'album - au même titre que "Where Is My Mind" ou "Monkey Gone To Heaven" sur les deux précédents disques. Pourtant, "All Over The World" n'est pas de la même trempe que ses prédécesseurs : bien que très agréable, cette rengaine extra-terrestre pêche incontestablement par un manque de mélodie et par une longueur inhabituelle chez les lutins de Boston. Ce titre est peut-être le seul point un peu négatif de l'album, et vous avouerez que comme mouton noir, on a vu pire.

D'autant que le reste du disque relève allègrement la tête. Difficile de choisir quel morceau surclasse l'autre : chacun se fera donc son propre juge. Certains préféreront une pétarade cool aux rythmiques de guitare bien balancées ("Dig For Fire"), d'autres opteront pour l'efficacité et le classicisme pixiesien ("Hang Wire"), d'autres encore choisiront d'être pris à rebrousse poil par un couplet rugueux et un refrain aérien en flux tendu ("The Happening") ou même par un allez-retour de guitares hypnotisant assurant à lui seul une ode balancée à souhait ("Blown Away"). La fin du disque, quant à elle, se voit dédoublée entre une balade charnue à double rythmique ("Stormy Weather") et une douce litanie barée rappelant un peu le "Caribou" de Come On Pilgrim ("Havalina"). Conclusion aussi apaisée que délectable d'un opus d'une solidité à toute épreuve qui gagnera, répétons-le une fois de plus, à être écouté d'avantage que les trois autres réalisations du groupe pour être apprécié à sa juste valeur. De toute façon, pour ceux qui hésiteraient encore à se laisser tenter par la discographie des Pixies, un dernier argument achèvera de vous convaincre : si l'on excepte le coûteux coffret collector sorti récemment (Minotaur), vous pourrez aisément trouver chacun des quatre albums des lutins à très petit prix. Les quatre américains n'ont décidément pas les dents aussi longues que les ayant-droits des Fab Four... Investissement minimum, plaisir maximum : que demande le peuple ? Il ne vous sera alors pas très difficile de répondre à cette ultime question : et si Bossanova était l'album des lutins de Boston que vous préfériez ?

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