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Critique d'album

Metallica


Metallica


(12/08/1991 - Elektra - Thrash/heavy metal - Genre : Hard / Métal)
Produit par Bob Rock, James Hetfield, Lars Ulrich

1- Enter Sandman / 2- Sad But True / 3- Holier Than Thou / 4- The Unforgiven / 5- Wherever I May Roam / 6- Don't Tread on Me / 7- Through the Never / 8- Nothing Else Matters / 9- Of Wolf and Man / 10- The God That Failed / 11- My Friend of Misery / 12- The Struggle Within
Note de 4/5
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Note de 4.5/5 pour cet album
"L'album de Heavy Metal le plus vendu au monde !"
Jerome, le 29/09/2008
( mots)

Plus de 18 millions d'albums vendus, dont 450 000 rien qu'en France. Huit mois de travail en studio. Cinq singles différents ("Enter Sandman", "Sad But True", "The Unforgiven", "Wherever I May Roam" et "Nothing Else Matters") en un an et demi, et pas loin de quarante mois de tournée à travers le monde afin de promouvoir le disque. Rien qu'en terme de chiffres, l'album éponyme des quatre cavaliers de l'Apocalypse, plus communément appelé Black Album, affole encore aujourd'hui tous les compteurs. Mais en ce 12 août 1991, qui pouvait réellement savoir que l'histoire était en marche ?

Album de légende pour les uns, véritable trahison par le fer de lance des Big Four Of Thrash pour les autres, dès sa sortie, Metallica se chargea de diviser les opinions. Quelques mois auparavant déjà, la nomination de Bob Rock aux manettes, surtout connu à l'époque pour son travail avec Motley Crüe, avait mis la puce à l'oreille des metallibashers et était loin de remporter l'adhésion. Au sein même du groupe, la mise au placard de Fleming Rassmussen, producteur attitré du quatuor depuis quelques disques, n'était pas forcément vue d'un bon oeil. Et pourtant, de cette collaboration improbable, le producteur représentant alors tout ce que le combo avait en horreur dans la musique formatée des années 80, allait éclore un des albums de métal les plus connus et les plus vendus au monde. Et comme souvent avec l'histoire, l'aventure musicale a bien failli ne jamais avoir lieu. Car à l'époque où le groupe se mit à la recherche d'un producteur, Bob Rock se trouvait déjà en relation avec Ritchie Sambora pour assurer le prochain album de Bon Jovi. La légende voudrait que, quand la proposition pour le prochain Metallica tomba, Bob décida de partir en vacances au milieu du désert pour faire son choix en toute sérénité. Il fallut alors que se produisent deux événements mineurs, deux petits rien de la vie pour l'aider à faire son choix : la vision d'un indien sorti de nulle part et vêtu d'un tee-shirt des Four Horsemen, et un arrêt dans une station-service au moment ou un titre de Metallica passait à la radio. En l'espace de quelques minutes, il n'eut plus de doutes. Il devait s'occuper de la suite de ...And Justice For All.

"Je vous ai vu en concert et j'ai écouté vos disques. Ils ne rendent pas ce que vous faites sur scène." Bob Rock attaqua bille en tête. Ce qui n'empêcha pas la cohabitation de devenir très éprouvante. Lars et James ne supportant pas que quelqu'un se permette de venir critiquer leur travail et leur dire comment s'y prendre, les trois premiers mois furent un véritable enfer pour le producteur. Déjà que le groupe n'avait que faire de ses conseils, il passait en plus son temps à se payer sa tête. Mais sa persévérance finit par se faire entendre. Et le résultat se voulut à la hauteur des efforts concédés : un son massif et puissant basé sur un mur de guitares déboulant en pleine tronche de l'auditeur, une basse de nouveau sur le devant de la scène après le massacre de ...And Justice For All, et une batterie qui restera longtemps un modèle du genre. La minutie des deux leaders, qui passèrent des journées entières à enregistrer leurs parties et à superposer les pistes de guitare les unes sur les autres, associée au talent de Bob Rock fait que, plus de quinze ans plus tard, le son n'a pas pris une seule ride. Mais la surprise ne s'arrêtait pas là. Car côté musical, et c'est bien cela que les fans eurent le plus de mal à digérer, Metallica était sur le point d'amorcer un premier virage des plus inattendus. Exit la vitesse d'exécution et l'urgence du début, la première écoute ne laissait pas de place aux doutes. Moins complexes, les compositions délaissaient le thrash au profit d'un heavy métal nettement plus lissé. Mais restant encore aujourd'hui diablement efficace.

Redoutable au possible, l'ouverture du disque est d'une puissance hallucinante. "Enter Sandman" est sans contestation le métal-hit par excellence le plus connu à ce jour. Basé sur un riff démoniaque aux multiples arrangements (le premier riff composé par Kirk Hammet au sein de Metallica), le titre accroche l'auditeur dès les premières mesures. La caisse claire de Lars martèle les tympans alors que les guitares se chargent de tapisser un décor sombre et angoissant. Enchaînant avec "Sad But True", morceau nettement plus lourd et pesant au son bien gras, Metallica ne se démonte pas et réussit une entrée en matière ravageuse. Les cavalcades sonores auxquelles nous avait habitué le combo durant sa jeunesse sont très loin, et les prouesses techniques sont laissées de côté au profit de titres aux ambiances nettement plus travaillées qui plombent l'atmosphère dès les premiers accords. Même si la patte du groupe se ressent immédiatement, le Metallica nouveau se veut plus mature, plus serein. Déroulant une sorte de force tranquille loin de l'insouciance alcoolisée affichée quelques années auparavant. Au moins sur les sillons. Même le chant de Hetfield (oui oui, le chant) gagne en profondeur avec la méthode Bob Rock, quitte à se prendre quelques fois les pieds dans le tapis en voulant se la jouer chanteur pop comme avec les "tttthhhhooouuu" à la limite du supportable sur le pompeux "Holier Than Thou" qui suit.

Fidèle à son envie d'innovation, le groupe continue d'avancer en n'hésitant pas à inverser les structures établies des ballades habituelles pour en modifier l'ordre d'attaque. Avec ses couplets saturés et ses refrains plus calmes, "The Unforgiven" est une petite réussite de construction. Excepté peut être son fade out un peu mielleux. Même si finalement, celui-ci introduit parfaitement la petite bombe qui suit. "Wherever I May Roam", titre qui servira de nom à la tournée qui suivra, est une des rares pistes de consolation pour les fans de la première heure. Le riff vicieux et heavy à souhait accélérant le tempo pré-refrain et les interventions échevelées de Kirk Hammet font de ce morceau le point culminant de l'album. A des années lumières du morceau qui suit ("Don't Tread On Me") qui, si il ne brille pas par son inspiration, servit juste à jeter un des premiers discrédit sur Hetfield & Co. Entre son titre et le serpent en filigrane ornant la pochette de l'album, l'allusion au Gadsden Flag de la Guerre d'Indépendance n'était que trop évidente pour certains auditeurs qui, après le somptueux et venimeux ...And Justice For All, s'insurgèrent devant cette chanson pouvant être prise pour patriotique. Une raison comme une autre de chercher la petite bête de plus.

Et visiblement décidé à enfoncer le clou jusqu'au bout, les Tallica Boys osèrent même un exercice du genre que seuls certains dinosaures ventripotents s'étaient jusque là permis : enregistrer un morceau ("Nothing Else Matters") avec un orchestre symphonique. Et pourtant, cette ballade sentimentale qui fit énormément dans le succès de l'album, et qui fut composée par James Hetfield alors qu'il gratouillait ses cordes en téléphonant, ne devait pas faire partie du répertoire du gang Californien car jugée trop personnelle par son auteur. Mais devant le plébiscite des trois autres membres, les choses se firent en grand avec la participation de Michael Kamen (celui que l'on retrouvera quelques temps plus tard pour les concerts S&M), et cela même si les fans hurlèrent au sacrilège. Et cela même si, au final, la participation de l'orchestre disparut pratiquement lors du mixage pour laisser ressortir le chant tout en émotion de James. Malheureusement, l'émotion et l'intérêt retombent légèrement sur la fin de l'album. Car excepté le très lourd "My Friend Of Misery" et son final d'anthologie, les dernières pistes du Black Album sont loin d'être inoubliables. Pas que les morceaux soient mauvais, loin de là, juste qu'ils paraissent relativement fades en comparaison avec les compositions minutieuses et peaufinées dont le groupe nous avait abreuvé jusqu'à présent.

Mais rétrospectivement, si le Black Album n'a jamais été le meilleur album de Metallica, la palme revenant sans hésitation à Master Of Puppets, il s'avère être un des albums clé du groupe. Si ce n'est pas le plus important de leur carrière. Non pas parce qu'à travers lui les Four Horsemen réussirent à conquérir un nouveau public. Ni même parce que ce disque leur permit de se hisser au rang de superstars de l'industrie musicale. Mais parce que l'impact fut tel qu'il mit définitivement la formation à l’abri de tous les changements de mode et de tous les courants musicaux. Et notamment d'une certaine vague grunge propulsée quelques semaines plus tard par la sortie de Nevermind, et qui s'apprêtait à tout engloutir sur son passage. Qui sait ce que serait devenu Metallica si le groupe avait persisté dans la voie du thrash métal ? Mise en retraite anticipée par toute la bande de Seattle, comme ce fut le cas pour bon nombre d'acteurs de l'époque tels Armored Saint ou Dark Angel ? Même les cadors du genre (Motörhead, Megadeth, Slayer, ...) souffrirent de la baisse de popularité du genre et n'eurent guère de choix : soit emboîter le pas au Black Album (Youthanasia pour Megadeth, Set The World On Fire pour Annihilator) quitte à tenter un retour en force un peu plus tard, soit continuer coûte que coûte en tirant un trait sur un quelconque futur succès auprès du grand public tout en se contentant d'une solide base de fans (Motörhead, Slayer).

On ne saura jamais si le groupe, ou Bob Rock, avait senti le vent tourner au moment d'entamer la suite de ...And Justice For All, ou si cette envie de changement déclarée par Kirk Hammet après la sortie de l'album n'était qu'une sombre excuse à destination des fans les plus réticents. Toujours est-il qu'avec ce Black Album, Metallica venait de réussir ce qu'aucun autre groupe de thrash métal n'avait encore réalisé. Eriger un pont entre ce genre musical en marge et le grand public. Créer une porte d'accès pour de nombreux amateurs de musique. Oui, il y aura toujours un avant et un après Metallica. Les fans de la première heure continueront de tourner le dos devant l'évolution des quatre cavaliers alors que de nouveaux adeptes se contenteront de prendre le train en marche sans jamais aller jeter une oreille là ou l'aventure a réellement commencé. Ni même forcément s'intéresser à ce que fera le groupe par la suite. En laissant de côté toute les considérations historico-musicales et en se contentant juste d'apprécier cet album pour ce qu'il est, c'est à dire sûrement un des plus grands albums de heavy metal de tous les temps.

Note de 4.5/5 pour cet album
Lulu, le 29/09/2008

Avec cet album, Metallica opère un changement radical dans sa musique : fini le trash et ses rythmiques à fond la caisse... Ils nous servent cette fois-ci un énorme album de heavy metal qui fait déja date dans l'histoire du Hard Rock. Le changement de producteur a amené un travail du son phénoménal avec une batterie sèche et ultra précise, des riffs méga-attachants, bref des chansons d'une efficacité rare. Même les deux slows ("Unforgiven" et "Nothing Else Matters") sont de toute beauté et complètent merveilleusement cet album qui donne envie de headbanger toute la journée. Grâce au Black Album, le Heavy metal a pu retrouver ses lettres de noblesse et régner sur les charts du monde entier...

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