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Critique d'album

Massive Attack


Blue Lines


(08/04/1991 - Virgin - Trip hop - Genre : Autres)
Produit par Massive Attack, Jonny Dollar

1- Safe from Harm / 2- One Love / 3- Blue Lines / 4- Be Thankful for What You've Got / 5- Five Man Army / 6- Unfinished Sympathy / 7- Daydreaming / 8- Lately / 9- Hymn of the Big Wheel
Note de 5/5
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Note de 5.0/5 pour cet album
"L'indispensable matrice du trip-hop."
Pierre, le 23/02/2010
( mots)

A la fin des années 1980, Bristol, port industriel en reconversion, est un haut lieu de l’expérimentation musicale et de la confusion des genres. C’est là qu’opère la magie lorsque Robert Del Naja (3D), grapheur et amateur de musique punk, fait la connaissance de Grant Marshall (Daddy G) et d'Andrew Vowles (Mushroom), deux talentueux DJ dopés aux sons jamaïcains et à la soul music. De cette rencontre naît la Wild Bunch, collectif underground genèse des futur Massive Attack. Repérés par un producteur de renom et mari de la suédoise Nene Cherry, ils entrent en studio et développent le son du futur, qu’un journaliste britannique nommera trip-hop (contraction d’abstract hip-hop). Voilà pour la petite histoire.

Le son de Massive Attack se joue dans cette rencontre, au point de rupture entre la musique blanche et de la musique noire. Leurs terrains de jeux s’articulent autour d’un genre en pleine ascension : le hip-hop, dont on retrouve toutes les composantes : paroles rapées, instrumentations minimalistes, basses groovy. Un genre qu’ils vont malmener au gré des titres. Chacun y glisse ses influences : rock et électro underground pour 3D, reggae/dub pour Daddy G, soul/jazz pour Mushroom. C’est probablement ce qui caractérise le mieux la musique produite par le groupe : une bataille latente entre les goûts de chacun et l’importance à leur donner dans chacun des morceaux. Dès ses premiers balbutiements  le groupe fait montre d’un véritable savoir-faire. S’entourant d’artistes aux couleurs musicales différentes, Massive Attack dépasse bien vite les carcans du hip-hop en l’enrichissant de digressions vocales pertinentes. Que ce soient Horace Andy et son falsetto, Shara Nelson et sa voix soul ou Tricky, ils apportent tous une contribution indéniable à ce Blue Lines.

Tout commence par une basse, bien ronde, héritée du reggae, structure de toutes les compositions du groupe. Très vite viennent s’ajouter cette batterie métronomique et ces petites guitares légèrement divulguées. Chacun des morceaux se construit un univers propre et revisite à sa manière l’histoire de la musique noire. Rien n’est oublié, tout est passé à la moulinette pour fabriquer un tout cohérent. En ouverture de l’album, "Safe From Harm", morceau de soul électronique, où le chant de Shara Nelson explose, en est l’exemple même. Tout y est dosé à merveille : l’ambiance, le léger flow de 3D en filigrane et ses petits scratchs des familles. A son tour, "One Love" revisite le reggae sous la houlette d’Horace Andy. Puis le hip-hop jazzy de "Blue Lines", que n’aurait pas renié A tribe Called Quest, dévoile trois voix lancinantes qui s’opposent, se mélangent et agissent sur le cerveau comme la marijuana dont ces types ont manifestement abusé.

Et puis il y a ces coups de génie : "Unfinnished Sympathy" et ses cordes à la limite de la rupture, "Five Man army" et son dub hypnotique. Car le combo de Bristol regroupe des bâtisseurs d’ambiances, c’est une des raisons de leur succès. Novateur sans être avant-gardistes, planant sans être mou, Massive Attack est long en bouche. Cette capacité à emmener l’auditeur loin des contrées balisées séduit toujours : les samples funky, les flows à l’ancienne, chaloupés et nonchalants, font systématiquement mouche. Et que dire de 3D qui sait comme personne faire résonner le verbe quand il le faut. Si bien que chaque titre se réécoute encore et encore à la recherche du mot, de la sonorité, tel ce " people call me tricky for particular reason " lâché par Tricky au milieu de "Five Man Army".

Le son est léger, un brin vieillot, ce qui est d’abord difficile pour ceux qui auraient découvert le groupe plus tard. On est en présence de sonorités définitivement old school. Et c’est bien ce qui fait tout le charme de l’album. Contrairement à ces disques aux productions parfaites, il est indéniable de constater que le son de Massive attack a vieilli. Pour autant, et c’est là que se trouve le tour de force, on est rapidement pris dans ce mix, comme dans un témoignage de l’époque, retrouvé au fond d’un carton. Une matrice, voilà ce dont il est question, un son unique, vrai et entier. Le temps a passé, mais Blue Lines agit sur nos neurones comme une fragrance éthérée, nous renvoyant au beau milieu des 90’s dans la brume du port et des studios. C’est ainsi qu’il faut l’écouter, à la manière des vieilleries un peu poussiéreuses dont l’éclat mélodique est resté intact. Rien que pour cette raison, (re)découvrir cette galette est un plaisir de chaque instant.

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