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Critique d'album

Man/Woman/Chainsaw


Cannonball


(07/08/2026 - - - Genre : Rock)
Produit par

1- Only Girl / 2- Canyons / 3- Goddamn, Lizard Man! / 4- Lighter / 5- Nosedive / 6- Get Up and Dance / 7- Snakebite / 8- Flick of the Wrist / 9- The Thing / 10- Still Angry / 11- Something Else to Give
Note de /5
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Note de 3.5/5 pour cet album
"Entre pop de chambre et post-punk, un premier album rafraichissant "
Quentin, le 16/10/2026
( mots)

Un simple coup d’œil jeté à la pochette de ce Cannonball suffit pour comprendre que l'auditeur va assister à un joyeux bordel organisé. A l’image de cette chambre de jeune adulte désordonnée et de son occupante qui saute d’excitation sur son lit, la musique de Man/Woman/Chainsaw résulte d’une fusion exubérante entre post-punk et pop de chambre lyrique pour un résultat qui sort définitivement de l’ordinaire.

Après un EP sorti deux ans plus tôt et de nombreuses scènes au Royaume-Uni, Cannonball est le premier essai de ce sextuor de jeunes londoniens qui puisent leurs inspirations aussi bien chez The Last Dinner Party que chez Black Midi ou Black Country, New Road et qui s’attachent à dépeindre les tourments de l’adolescence. Les arrangements de cordes sont particulièrement léchés et inspirés pour des morceaux vifs et intelligents, à commencer par l’énergique ouverture "Only Gone" travaillée par son chant acidulé et son violon virevoltant.

Le groupe alterne les ambiances entre tendresse et rugosité grâce à la présence vocale de ses chanteurs : la hargne nerveuse de Billy Ward pour le dowtempo rock électrisant de "Goddamn, Lizard Man !" ou le court brûlot "Flick Of The Wrist", celles d’Emmie-Mae Avery et Vera Leppänen pour la grâce indie pop solaire et lyrique de "Lighter" ou de "Still Angry" qui rappellent les entrecroisements vocaux en chorale de Last Dinner Party. Et lorsque tout ce petit monde chante à l’unisson, les frissons sont au rendez-vous comme sur l’imparable titre coup de poing "The Thing".

Emmené par le single "Nosedive" et sa montée en puissance irrésistible, ce premier album ne manque pas de personnalité et les six musiciens font preuve d’une impressionnante maturité pour changer de registre au sein de chaque morceau. Les titres ont plusieurs facettes à l’image de "Canyons", qui commence comme une ballade consensuelle avant d’évoluer de manière plus surprenante vers un final abrasif alors que le violon agonise ou encore "Get Up and Dance" et son ambiance sombre et mélancolique bousculée par sa coda épique. Enfin, la ligne de basse profonde de "Something Else to Give" et ses nuées de violons referme l’album avec beaucoup d’élégance.

Avec son approche théâtrale et kaléidoscopique, Man/Woman/Chainsaw livre un premier album frais et plaisant qui mérite d’être remarqué au sein du champ de l’indie rock londonien et qui permet au groupe de se présenter comme une des formations les plus prometteuses de sa génération.

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