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Compte-rendu de concert

Slomosa


Date : 04/10/2026
Salle : Ampérage (Grenoble)
Première partie :

Slomosa à Grenoble : Petit Club et grandes ambitions

Maxime L, le 15/10/2026
( mots)

Ça, c’est fait. Après les avoir ratés à plusieurs reprises (au Sylak cet été, puis en première partie de Kadavar au Transbordeur, en octobre 2025*), nous avons enfin vu Slomosa en live.

Le rendez-vous était pris à Grenoble, à 1h45 de mes pénates, dans la modeste salle de l’Ampérage, capable d’accueillir 250 personnes, mais dotée d’une acoustique remarquable. Une ville qui revêt une importance particulière pour Ben Berdous, lequel envisageait, pour ses études, de s’installer dans la capitale des Alpes avant d’embrasser la carrière de chef de file de l’un des groupes les plus prometteurs de la scène stoner actuelle.

C’est d’ailleurs presque surréaliste de voir Slomosa dans une salle de cette capacité. Fort de deux excellents albums, le groupe norvégien monte en puissance, porté surtout par une réputation scénique absolument impeccable. C’est précisément ce qui me fera parcourir 3h30 de route aller-retour : pouvoir dire "j’y étais" quand le groupe aura explosé à la face du monde. Autant prendre de l’avance.

Mais avant de vérifier si la réputation est à la hauteur, place aux deux formations chargées d’ouvrir la soirée. D’abord, les régionaux de l’étape, Garden Of Erden, qui pratiquent un très bon blues-rock psychédélique. Puis les Norvégiens de Kryptograf, dont François vous a déjà vanté les mérites dans ces mêmes colonnes.

L’attente est longue avant de voir débouler Ben Berdous et sa bande, à 22h15, dans une salle évidemment chauffée à blanc. Mais c’est aussi ça, les concerts : cette capacité à faire oublier, dès les premières mesures, l’attente, les jambes lourdes et la perspective d’un coucher beaucoup trop tardif. En l’occurrence, tout commence avec "Afghansk Rev", titre d’ouverture de Tundra Rock, leur deuxième album. L’arpège introductif semble interminable, tant le public n’attend qu’une chose : l’arrivée des riffs serrés et groovy qui font la marque de fabrique des Norvégiens.

Une fois la machine lancée, Slomosa déroule une bonne partie des morceaux attendus, avec un son excellent et sans véritable temps mort. "Cabin Fever" (quel tube !), "Rice", "Estonia", "In My Mind’s Desert", première composition du groupe : les titres s’enchaînent avec une efficacité redoutable. Pas de démonstration inutile, pas de détour superflu. Slomosa sait ce qu’il a à faire, et le fait particulièrement bien.

Ben Berdous se montre d’ailleurs particulièrement loquace ce soir, allant jusqu’à jouer entre deux morceaux l’introduction de "Sweet Child O’ Mine", puis le début du solo de "Nothing Else Matters". Il avouera même que James Hetfield compte parmi ses héros. Gageons que c’était avant la sortie du leader de Metallica sur ces artistes qui "osent" monter sur scène avec des messages politiques**. Car les habitués le savent : Slomosa n’est pas du genre à laisser ses convictions au vestiaire.

Drapeau palestinien déployé sous les acclamations du public, invitations désormais classiques adressées à Bardella et Le Pen à pratiquer quelques exercices de gymnastique bucco-génitale : les Norvégiens revendiquent une musique populaire au sens noble du terme, faite par le peuple et pour le peuple. Berdous en profite pour rappeler que la richesse relativement récente de la Norvège, largement liée à l’exploitation de ses gisements pétroliers, a fait émerger les premières générations d’ultra-riches du pays. Une évolution que le groupe combat farouchement. Le stoner de Slomosa a donc beau sentir la poussière, il n’a rien d’apolitique.

Musicalement, le groupe affiche une unité absolument confondante. Malgré une tournée incessante depuis la sortie de Tundra Rock, l’énergie ne faiblit pas. Au contraire : Slomosa semble animé par cette envie permanente de jouer toujours plus vite, toujours plus fort. La seconde partie du concert, davantage axée sur les "punk songs", voit le public fondre littéralement sous les coups de boutoir d’une section rythmique dantesque. La bassiste Marie y impose notamment un charisme assez incroyable, tandis que la générosité du groupe achève de convaincre les derniers sceptiques (si tant est qu’il y en eut).

"Battling Guns", "Kevin", "Horses", "Monomann" et, surtout, "There’s Nothing New Under The Sun" : autant de morceaux qui rappellent que Slomosa est une véritable usine à riffs, bâtie en seulement quelques années et deux albums, déjà catalogués comme des classiques (pour ma part en tout cas).

Il n’aura finalement rien manqué à cette soirée. Nous avons même eu droit à un nouveau morceau ("Everything About You"), encore inachevé, et relativement différent du stoner direct et punchy que le groupe pratique depuis 2020. De quoi piquer notre curiosité pour la suite, sans que Slomosa ait besoin de révolutionner une formule qui fonctionne déjà à merveille.

En attendant, l’Ampérage aura offert un cadre idéal à ce concert, même si l’on imagine volontiers les Norvégiens dans des salles autrement plus vastes. Les 3h30 de route cumulées sont déjà oubliées. Reste cette impression d’avoir assisté à quelque chose qui ne demande qu’à prendre de l'ampleur.

Vivement la suite.

 

Set-list :

Afghansk Rev
Cabin Fever
Rice
Estonia
In My Mind’s Desert
Battling Guns
Red Tundra
Everything About You
Monomann
There’s Nothing New Under The Sun
Kevin
Horses
Psykonaut

*Berdous, demandant au public, qui était à cette date au Transbordeur confessera y avoir vécu un de leurs meilleurs concerts.

*chronique rédigée le lendemain d’une sortie d’Hetfield, critiquant sur scène, les artistes venant en concert avec des messages politiques.

Commentaires
JulienL, le 15/10/2026 à 12:36
Merci pour le compte rendu ! Ce groupe est très très haut sur ma short list, ça me donne encore plus envie de les voir en live !