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Critique d'album

Magnésis


Alice au Pays des Délires


(23/01/2019 - Muséa - Rock progressif - Genre : Rock)
Produit par

1- Londres 1972 / 2- Les Larmes de l'Innocence / 3- Alice au Pays des Délires / 4- Soleil de Sang / 5- L'As de Pique / 6- Alice dans le Labyrinthe / 7- Des Champs de Fraises pour l’Éternité ... / 8- Alice s'évade / 9- Les Rouages du Temps/En Retard / 10- Les Larmes de l'Océan / 1- La Fantastique Aventure du Général Patoon et des Chasseurs de Cauchemars au
Note de 4/5
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Note de 3.0/5 pour cet album
"L'oeuvre de Carroll sauce bourguignonne, servie par le prolifique et théâtral groupe de rock progressif Magnésis"
François, le 12/04/2019
( mots)

Magnésis ne fait pas partie des groupes de rock progressif français les plus connus bien qu’officiant dans ce créneau depuis plusieurs décennies dans un style plutôt inspiré par la vague néo-progressive (Marillion, Pendragon …) pour ce qui est de sa musique, mais puisant chez Genesis pour sa théâtralité scénique (costumes …) et chez Ange, fleuron national, pour son chant en vernaculaire et sa théâtralité, cette fois-ci dans l’expression. Le groupe est attentif à produire un travail de qualité, veillant jusqu’aux pochettes, souvent colorées et bien réalisées, permettant à l’auditeur de s’immerger dans leur œuvre. 


Après de nombreux opus fantastico-historiques, le groupe vient puiser son inspiration de façon absolument libre chez Lewis Carroll, une source relativement abondante pour le rock (Nazareth, Jefferson Airplane ou Paice, Ashton & Lord) et la prog’ (Jabberwocky de Nolan et Wakeman). C’est en effet Alice qu’on attend de rencontrer aux portes du Pays de Délires, entourée de fraises, si l’on s’en tient à la pochette : « Délire », voilà un substantif évocateur qui rappellera à plus d’un Au-delà du Délire d’Ange … Tout un imaginaire est déjà mobilisé pour mettre l’auditeur en condition.


Adaptation libre de l’œuvre de référence puisque si nous retrouvons certains personnages (la reine de de cœur, le lapin blanc), et que l’interprétation LSD/drogues demeure au centre du récit, le disque dépeint une Alice en une jeune fille violée dans sa jeunesse qui retourne dans le Pays de Délires plus tard, sous LSD, pour obtenir l’antidote dans le château de la reine. L’antidote ? Oui, j’ai oublié un détail : Alice est séropositive, elle cherche un antidote contre cette maladie. Histoire glauque dont la mélancolie est très présente sur le premier titre « Les Larmes de l’Innocence » au titre évocateur. Je vous laisse écouter les morceaux et lire le livret pour comprendre le rôle de chaque personnage et la trame de l’aventure d’Alice. 


L’album est donc une histoire, un album-concept dans lequel on entre après une introduction musicale camelienne (« Londres  1972 ») composée pour nous plonger dans le récit, où la guitare se fait déjà bien présente, caractéristique du groupe. En effet, Magnésis a pris le tournant (salutaire) de bons nombres de formations Néo-prog qui ont su s’adapter aux canons de l’époque : c’est-à-dire durcir la guitare électrique aussi bien dans les riffs que dans les solos, évitant aux emphatiques synthétiseurs inhérents au style de tomber dans le kitsch. Ainsi, on tombe souvent sur des riffs à la limite du Métal, des solos bavards (dans le bon sens du terme) ou les fameux traits de guitare aériens (« Soleil de Sang ») si caractéristiques du néo-progressif. On peut commencer à le ressentir sur la deuxième partie des « Les Larmes de l’Innocence » (correspondant à la prise de LSD) avec un riff efficace, et davantage encore, mais ce ne sont que des exemples, sur « L’As de Pique » ou sur « Alice au Pays des Délires ». Soulignons une vraie virtuosité dans l’interprétation et une qualité d’écriture au niveau des guitares (« L’As de Pique » est à ce niveau remarquable). 


L’album est très bon mais connait un petit coup de mou sur sa deuxième moitié. Le groupe s’adonne avec une certaine habilité dans des plages atmosphériques comme le long « Alice dans le Labyrinthe » ou sur une partie de leur version des Beatles « Des champs de fraises pour l’éternité » (au-delà du titre, rien à voir). Ces deux titres se suivent et marquent bien l’ambiance du récit mais peuvent être un peu longs - surtout au regard de la première partie de l’album un peu plus électrique - par manque de relief. La suite de l’album garde ses caractéristiques, les guitares revenant avec parcimonie (« En retard »), l’équilibre aurait été souhaitable entre ces deux extrêmes. 


Le chant est évidemment en français, avec un certains souci d’incarnation lié à la théâtralité habituelle du groupe, de bonne qualité malgré quelques difficultés dans les aiguës (« Alice au pays des Délires » mais surtout « L’As de Pique » où les parties criées sont peu agréables). On retrouve cette volonté de marcher dans les pas de Christian Décamps ce qui est une ambition tout à fait respectable. Mais de chant il n’en est plus question sur le second disque du double-album. 


En effet, cette seconde galette est une fresque musicale se concentrant sur certains personnages du récit, le général Patoon (le chat) et les chasseurs de cauchemars (on entend les bruits effrayants de ceux-ci durant le morceau, qui susurrent derrière un fond angoissant pendant plusieurs minutes après l’introduction à la guitare). Il essaye d’installer une ambiance avec pas mal de nappes de synthétiseurs, de sons électroniques (rythmique), ce qui est nécessaire pour un titre de plus de quarante minutes. On sait que le groupe commence à avoir un tropisme pour ce genre d’exercice (cf leur album précédent, Prés en Bulles) qui peut souffrir de longueurs par moment : après l’introduction soliste, on a le droit à plus de dix minutes atmosphériques, dont l’énergie ne reprend que tardivement. La longueur n’est pas une caractéristique nécessaire du rock progressif (bien qu’elle tende à en être un topos). La vraie qualité tient en l’ambiance cauchemardesque bien entretenue en termes de « mélodie », d’instrumentation (guitares, pianos, sons électroniques, tous mobilisés à dessein) qui permet une véritable immersion, bien que des passages, sans être vraiment bruitistes, confinent à l’expérimentation (vers vingt minutes, quand la batterie se fait très présente). Après tout, si Magnésis était plutôt dans la tradition symphonique du rock progressif français, il peut faire des détours par son autre branche plus hermétique. Néanmoins, nous restons dubitatifs quant à la résistance à l’épreuve du temps de ce second disque, fort long et sans passages accrocheurs pour happer le public : un cinéaste s’en emparera peut-être un jour qui sait …


Bref, la France n’a décidément pas à rougir de sa scène progressive et Magnésis reste un fer de lance tout à fait respectable, moins technique que Nemo (mais est-ce leur volonté ?), avec des qualités harmoniques et mélodiques indéniables. Je n’ai toujours pas goûté de vin anglais – qui sait, avec le réchauffement climatique – mais j’ai bien écouté le rock français mister Lennon : c’est excellent !

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Opeth


In Cauda Venenum


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De parangon du death-metal suédois à inclinaisons progressives, Opeth est passé en moins de dix ans à coqueluche du monde progressif tout court avec ses albums mélodiques et techniques typés 70’s. Gloire permise aussi par une esthétique affirmée ; il y a bel et bien un « son » Opeth qui est né depuis Heritage(comme il y a avait une identité claire dans la première période du groupe), et celui-ci n’est pas du tout renié dans ce nouvel opus tant attendu. En effet, In Cauda Venenum est dans la claire lignée des albums précédents, dont le dernier en date était le chef-d’œuvre Sorceress aux qualités exceptionnelles. 

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