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Critique d'album

Johnny Cash


Unearthed


(25/11/2003 - Universal - Folk/Country - Genre : Autres)
Produit par Rick Rubin

1- Long Black Veil / 2- Flesh And Blood / 3- Just The Other Side Of Nowhere / 4- If I Give My Soul / 5- Understand Your Man / 6- Banks Of The Ohio / 7- Two Timin' Woman / 8- The Caretaker / 9- Old Chunk Of Coal / 10- I'm Going To Memphis / 11- Breaking Bread / 12- Waiting For A Train / 13- Casey's Last Ride / 14- No Earthly Good / 15- The Fourth Man In The Fire / 16- Dark As A Dungeon / 17- Book Review / 18- Down There By The Train (Alternate Take) / 1- Pocahontas / 2- I'm A Drifter (Version 1) / 3- Trouble In Mind / 4- Down The Line / 5- I'm Movin' On / 6- As Long As The Grass Shall Grow / 7- Heart Of Gold / 8- The Running Kind / 9- Everybody's Trying To Be My Baby / 10- Brown Eyed Handsome Man / 11- Devil's Right Hand / 12- I'm A Drifter (Version 2) / 13- Like A Soldier / 14- Drive On (Alternate Lyrics) / 15- Bird On A Wire (Live) / 1- A Singer Of Songs / 2- The L & N Don't Stop Here Anymore / 3- Redemption Song / 4- Father And Son / 5- Chattanooga Sugar Babe / 6- He Stopped Loving Her Today / 7- Hard Times / 8- Wichita Lineman / 9- Cindy / 10- Big Iron / 11- Salty Dog / 12- Gentle On My Mind / 13- You Are My Sunshine / 14- You'll Never Walk Alone / 15- The Man Comes Around (Early Take) / 1- Where We'll Never Grow Old / 2- I Shall Not Be Moved / 3- I Am A Pilgrim / 4- Do Lord / 5- When The Roll Is Called Up Yonder / 6- If We Never Meet Again This Side Of Heaven / 7- I'll Fly Away / 8- Where The Soul Of Man Never Dies / 9- Let The Lower Lights Be Burning / 10- When He Reached Down / 11- In The Sweet By And By / 12- I'm Bound For The Promised Land / 13- In The Garden / 14- Softly And Tenderly / 15- Just As I Am / 1- Delia's Gone / 2- Bird On A Wire / 3- Thirteen / 4- Rowboat / 5- The One Rose / 6- Rusty Cage / 7- Southern Accents / 8- Mercy Seat / 9- Solitary Man / 10- Wayfaring Stranger / 11- One / 12- Hung My Head / 13- The Man Comes Around / 14- We'll Meet Again / 15- Hurt
Note de 5/5
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Note de 5.0/5 pour cet album
"L'essentiel du Man in Black, tout simplement."
Pierre D, le 21/08/2015
( mots)

Aussi étrange que cela puisse paraître aujourd'hui, il fut un temps où Johnny Cash n'était pas "cool". Mais alors pas du tout. D'abord parce qu'il produisait à l'époque des albums de très mauvaise facture mais également parce que Johnny Cash fait de la musique country et cette musique est assez incompréhensible pour quiconque ne vit pas aux États-Unis. Le nom même de country music clame haut et fort son lien indéfectible avec le territoire américain, avec tout ce que ça implique de nationaliste. L'attachement au pays, à la terre, à un peuple sont des valeurs souvent perçues comme réactionnaires voire carrément ploucs, tout l'opposé du cool donc. C'est ce qu'a sans doute compris James Mangold lorsqu'il a réalisé Walk The Line, le film biographique qui a conduit le personnage de Johnny Cash à devenir aujourd'hui une icône. Au lieu de placer le chanteur sur le terrain de la musique country, il l'a intégré dans le paysage des débuts du rock n' roll. Non seulement c'est historiquement exact (Johnny Cash appartenait à la maison de disques Sun comme Elvis Presley ou Jerry Lee Lewis) mais cela apporte un éclairage tout autre sur le personnage. Il n'est plus ce ringard qui joue une musique pour cowboys texans abrutis à la bière, il devient une rockstar qui fonce à toute berzingue à travers l'Amérique au volant d'une grosse cylindrée en carburant aux amphétamines, incarnant la devise tant galvaudée "sexe, drogues et rock n' roll". Ajouter à cela un script somme toute assez convenu mais néanmoins efficace (ascension, chute, rédemption), une bonne performance d'acteur et voilà Johnny Cash transformé en idole qu'on peut sans honte afficher sur son t-shirt. Et tant mieux si cela permet aux plus jeunes (dont je fais partie) de découvrir sa musique.


Mais avant 2005 le premier retour en grâce de Johnny Cash eut lieu en 1994. A l'époque le chanteur est un has-been absolu, il produit de mauvais disques que personne n'achète, aucun musicien bénéficiant d'une audience respectable ne se réclame de lui et cette situation ne semble pas près de changer. Mais alors vint Rick Rubin. Ce monsieur est producteur de disques, généralement associé au heavy metal (Slayer, Korn). Il dira plus tard avoir voulu "produire un grand artiste qui ne fait pas de grands disques". Si a priori on ne voit pas trop ce que pourrait donner l'association de l'antique troubadour country avec le producteur des Beastie Boys, la rencontre débouche sur la plus grande renaissance artistique vue dans la musique populaire du 20e siècle. La réussite de cette collaboration tient avant tout à trois choix effectués par Rubin. D'abord il enregistre Cash dans le dépouillement le plus total, presque aucun arrangement, seulement l'homme et sa guitare. Ceci permet aux disques de bénéficier d'un son qui ne vieillit pas. Ensuite il donne au chanteur une liberté artistique totale. Celui-ci peut enfin enregistrer l'album de gospels qui l'obsède depuis ses premières années, ce qui donnera naissance au disque "My Mother's Hymn Book". Enfin Rubin participe au choix des chansons en proposant à Johnny Cash des titres composés par des artistes éloignés de son univers (Soundgarden, Nine Inch Nails, U2).


C'est là sans doute la facette la plus passionnante des enregistrements de Cash pour American Recordings (le label de Rick Rubin). Le coffret Unearthed paru après la mort du chanteur regroupe essentiellement des inédits non compris sur les 6 albums parus sur American Recordings ainsi qu'un best-of des enregistrements de Cash pour ce label. C'est par celui-ci qu'il faut commencer pour prendre la pleine mesure du génie de la collaboration Cash-Rubin. L'Homme en Noir se révèle être un interprète hors-pair. Il se réapproprie chaque chanson et la fait sienne avec un talent inouï. "Rusty Cage" de Soundgarden devient un morceau alternative country à la manière des Blasters (mais si vous savez, "Dark Night" dans From Dusk Till Dawn). On assiste à un juste retour à l'envoyeur quand il reprend "Mercy Seat" de Nick Cave and the Bad Seeds qui avaient de leur côté donné une version grandiose de "The Singer" de Cash. La reprise la plus hallucinante et inattendue est celle de "Hurt" de Nine Inch Nails (industrial metal meets country music) tout simplement magique, un instant puissant, presque mystique. On trouve aussi sur ce disque l'une des dernières compositions de Johnny Cash, "The Man Comes Around", absolument fascinante. On ne reviendra pas sur la voix. Ou plutôt si, revenons-y car au risque de radoter ou d'enfoncer des portes ouvertes, il faut affirmer que Johnny Cash possède un des timbres les plus profonds et les plus expressifs de toute l'histoire de la pop. Cette voix charrie à elle seule toute l'Histoire de l'Amérique, ses mythes de hors-la-loi, de chute et de rédemption et avec eux les récits de l'Ancien et du Nouveau Testament.


Le deuxième disque Trouble In Mind est l'occasion d'entendre Johnny Cash jouer du rockabilly, un rêve de fan assouvi avec des compositions de Roy Orbison ("Down The Line"), Carl Perkins ("Everybody's Tryin' To Be My Baby") et Chuck Berry ("Brown-Eyed Handsome Man"). Neil Young est également à l'honneur avec peut-être la meilleure version de "Heart Of Gold" jamais enregistrée. Le troisième disque Redemption Songs vaut avant tout pour ce "Redemption Song" justement en duo avec le chanteur des Clash Joe Strummer. Mais comment fait Johnny Cash pour si bien revisiter un morceau de reggae, genre musical en apparence tant éloigné de la country? Ce type est un surhomme tout simplement, un interprète inégalé (il bat même Elvis, oui) qui transforme n'importe quel titre de n'importe quel style musical en chanson de Johnny Cash. Les racines country ne sont cependant pas totalement enterrées puisque ce disque comprend "You Are My Sunshine" l'hymne sudiste par excellence, poignant au possible. Le reste est parfait aussi: la chanson traditionnelle "Cindy" en duo avec Nick Cave, "Chattanooga Sugar Babe" de Norman Blake ou "Hard Times Come Again No More" de Stephen Foster (songwriter du 19e siècle connu comme "the father of American music"). Il est question de gospel dans "My Mother's Hymn Book" mais ici pas de choristes ou d'orgues, simplement Cash, sa voix, sa guitare et sans doute ses souvenirs d'enfance puisqu'il dira dans son autobiographie Cash: "J'ai retrouvé dans ces enregistrements, en reprenant ces vieilles chansons, la sensation que j'avais lorsque je chantais sur le porche de ma maison en Arkansas, enfant". Le premier disque du coffret enfin, est à conseiller surtout aux fans de Johnny Cash. Il est sans doute le moins intéressant puisque les chansons proposées sont essentiellement des reprises country de morceaux country composés entre autres par Kris Kristofferson, Billy Joe Shaver ou Jimmie Rodgers. Pas absolument passionnant donc mais néanmoins essentiel pour qui veut parfaire sa connaissance de Cash puisque celui-ci rend hommage à la fois à ses pairs (Jimmie Rodgers) et à ses descendants parfois éloignés (Tom Waits).


On en est donc là. 5 disques, 79 morceaux, 4h de musique. Disons-le, le prix du coffret est plutôt rédhibitoire mais quand on a ça, on n'a plus besoin de sortir de chez soi et de gaspiller sa paye durement gagnée. Et puis Unearthed constitue peut-être la meilleure introduction à la musique de Johnny Cash car les enregistrements Sun des années 50 peuvent en laisser plus d'un sur le carreau en raison de leur austérité, leur sécheresse et leur uniformité (rythme, compositions). C'est pourquoi il est temps de lâcher la B.O. de Walk The Line et ses reprises de Cash avec Joaquin Phoenix en guise de chanteur pour passer aux choses sérieuses.

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Opeth


In Cauda Venenum


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De parangon du death-metal suédois à inclinaisons progressives, Opeth est passé en moins de dix ans à coqueluche du monde progressif tout court avec ses albums mélodiques et techniques typés 70’s. Gloire permise aussi par une esthétique affirmée ; il y a bel et bien un « son » Opeth qui est né depuis Heritage(comme il y a avait une identité claire dans la première période du groupe), et celui-ci n’est pas du tout renié dans ce nouvel opus tant attendu. En effet, In Cauda Venenum est dans la claire lignée des albums précédents, dont le dernier en date était le chef-d’œuvre Sorceress aux qualités exceptionnelles. 

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