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Critique d'album

Beck


Sea Change


(24/09/2002 - Geffen Records - Rock éclectique ! - Genre : Rock)
Produit par Nigel Godrich

1- The Golden Age / 2- Paper Tiger / 3- Guess I'm Doing Fine / 4- Lonesome Tears / 5- Lost Cause / 6- End of the Day / 7- It's All in Your Mind / 8- Round the Bend / 9- Already Dead / 10- Sunday Sun / 11- Little One / 12- Side of the Road
Note de 4/5
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Note de 4.5/5 pour cet album
"L'antithèse de Midnite Vultures en mode folk. Magnifique."
Nicolas, le 06/08/2015
( mots)

Sea Change n’est pas la première incartade de Beck dans la musique acoustique. Pour ce dossier folk, on aurait tout aussi bien pu vous parler de son dernier né en date, Morning Phase, beaucoup plus traditionnel dans l’esprit, ou encore de Mutations, paru quatre années plus tôt. On a pourtant choisi ce Sea Change qui, bien que moins représentatif d’un style, est surtout bigrement plus réussi que les deux disques précités et démontre tout le talent d’un artiste patchworker intelligent, capable de s'approprier les sons les plus simples pour construire une cathédrale d’émotion. Et si cet album aura sans doute du mal à éclipser les bouillonnants Odelay et Midnite Vultures, il n’en reste pas moins l’oeuvre la plus touchante du beau blondinet.


Comme tout disque triste qui se respecte, Sea Change part d’une rupture, celle de l’artiste lui-même d’avec sa petite amie de l’époque, la styliste Leigh Limon avec qui il partageait sa vie depuis 9 ans. Dévasté, Beck s’est replié sur lui-même et s’est complètement isolé. En une semaine, il a composé, écrit et mis en démos toutes les chansons de cet album. Il aura néanmoins fallu attendre presque trois années avant qu’il ne soit décidé à faire appel à Nigel Godrich, le sixième membre de Radiohead, pour accoucher dans la douleur de ce recueil de souffrance et de tristesse, “de chagrin d’amour, de désolation, de solitude et de réclusion” comme le dit lui-même l’intéressé.


Soyons clair d’entrée de jeu : Sea Change n’est pas un disque de folk au sens strict du terme. C’est un disque pop qui emploie de nombreux instruments de la vague folk, guitare acoustique bien sûr, mais aussi banjo, harmonica, glockenspiel ou slide, sans se prévaloir d’un quelconque courant musical ni s’attacher à des racines déjà connues. Par ailleurs, d’autres types d’arrangement se détachent assez largement au cours des écoutes successives, notamment la basse qui tient ici une place capitale (et c’est l’excellent Justin Meldal-Johnsen qui s’en charge) mais également le violon, ou plutôt les arrangements de type symphonique. Il y a peu d’expérimentations sonores ici, l’accompagnement instrumental essayant de se faire discret sans pour autant s’avérer famélique (l’espace sonore fourmille de sons savamment juxtaposés), et tout est mis en oeuvre pour sublimer un songwriting qui a alors atteint son apogée. Jamais Beck n’avait autant chamboulé qu’avec ce disque flanqué de son emblématique portrait bariolé sur fond rose. Et si aucun morceau n’a été calibré pour passer à la radio, n’allez pas croire qu’il n’y a rien à entendre. C’est tout le contraire.


L’album joue avec nos habitudes et n’hésite pas à tromper son monde dès les premiers morceaux. Si “The Golden Age” joue d’emblée la carte du vintage avec ses arpèges en gratte sèche et ses montées et descentes de slide rêveuses, il dévoile surtout un artiste profondément transformé, ici encore assez lumineux mais exprimant d’emblée un timbre autrement plus grave et complexe que celui de ses premiers disques. Le contraste n’en est que plus saisissant dès les premières notes de “Paper Tiger”, avec un virage à 180° vers la modernité, la noirceur et la pudeur. Tout le morceau s’articule autour d’une basse joliment variée et de giclées de violons planquées en embuscade. La production y est bluffante, méticuleuse (comme à l’accoutumée avec Godrich), la voix profonde, presque susurrée, l’ambiance hantée à nulle autre pareille. C’est sur cette entame que s’articule tout le disque, avec une bonne moitié de balades dépouillées, bâties autour d'un fond acoustique sur lequel s’expriment slides et arpèges électriques doux (“Guess I’m Doing Fine”, “Lost Cause”) et parfois d’autres idées plus atypiques (comme le curieux clavier de “End of the Day” ou le violoncelle et une sorte de didgeridoo électronique de “All In Your Mind”), tandis que d’autres morceaux tranchent avec ce modèle en privilégiant l’orchestre sur un mode pré-apocalyptique (“Lonesome Tears”, suffocant, sincère et poignant). Un orchestre qui peut phagocyter tout le reste et s’étendre en nappes sereines servant de couette molletonnée à un chanteur en mode marchand de sable (“Round the Bend”). L’ambiance de ce disque exploite donc un même traitement instrumental en essayant d’en décliner toutes les variantes, accordant à Sea Change une ambiance homogène, ouatée, triste sans être désespérée, et étonnamment rassérénante.


Ce d’autant que Beck est un excellent songwriter et que sa petite déprime lui a permis comme jamais d’entrer en contact avec sa muse. La fin de l’album est encore meilleure que le début, avec une merveille de progression mélodique comme “Already Dead”, uniquement soutenu par des arpèges acoustiques à poil. Le meilleur morceau du disque, ou presque. Certains lui préféreront le très Radioheadien “Little One”, et n’allez pas nous dire que Nigel Godrich n’a pas participé au tressage mélodique de OK Computer, car une telle patte ne peut ici passer inaperçue. Et le morceau est sublime, bien sûr. D’autres encore se plairont à se repasser en boucle “Sunday Sun” avec son canevas percussions - cordes orientales et son côté trip dans le désert au crépuscule. Et quelle meilleure conclusion offrir à Sea Change que “Side of the Road”, là encore un simple morceau en guitare - voix, infiniment frêle et sensible. Voilà qui clôt un album stupéfiant, l’un des grands disques de Beck et certainement l’un des meilleurs albums semi-acoustiques des années 2000, sincère, touchant, troublant, enivrant. Magnifique.

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