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Critique d'album

John Mayer


The Search Of Everything


(14/04/2017 - Columbia / Sony Music - Soft Pop Blues - Genre : Pop Rock)
Produit par John Mayer / Chad Franscoviak

1- Still Feel Like Your Man / 2- Emoji of a Wave / 3- Helpless / 4- Love On The Weekend / 5- In the Blood / 6- Changing / 7- Theme from 'The Search for Everything' / 8- Moving On and Getting Over / 9- Never on the Day You Leave / 10- Rosie / 11- Roll It on Home / 12- You're Gonna Live Forever in Me
Note de 4/5
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Note de 4.0/5 pour cet album
"Pour le pire... et pour le Mayer"
Etienne, le 19/05/2017
( mots)

Et oui: 4/5 pour un album de John Mayer. Et le 4,5 était pas loin. John Mayer ? Ce chanteur à minettes plus occupé à faire tomber la moitié des nanas du showbiz qu'à s'atteler à enregistrer le disque majeur que son talent de songwriter remarquable mérite. Halte là les amis ! The Search Of Everything coupe court à tout débat stérile et replace le musicien Mayer au premier plan d'une carrière trop longtemps occultée par Don John, le lover. Récit du disque inavouable et immanquable de cette première moitié d'année.


Quatre longues années après ses émoluments folk parus coup sur coup (Born And Raised en 2012 puis Wildfire en 2013), on n'attendait plus vraiment grand chose de cet ex-bluesman reconverti en chanteur de "soft blues pop" contemporain, jouant désormais beaucoup plus de sa belle gueule dans les tabloïds et autres diners hollywoodiens que de ses atours de formidable auteur/compositeur/interprète dans les studios d'enregistrement. Lassé de ce rythme de vie harassant, plombé des ex-conquêtes revanchardes (Katy Perry, Taylor Swift, Jennifer Aniston - joli palmarès au passage), matraqué aussi par ces odieux torchons, le bonhomme se retire de la vie médiatique et pond coup sur coup ses deux albums probablement les plus sincères, teintés de cette mélancolie aux sonorités typiques américaines naviguant entre solitude régénératrice et regrets tourmentés, les précédemment cités Born And Raised et Wildfire. Et puis plus rien. John Mayer disparaît de la circulation. On le retrouve brièvement au sein de Dead & Company - le groupe qui a pris la suite du Grateful Dead - mais rien de personnel en vue. Une escapade en guise de cure d'inspiration pour mieux préparer un retour d'artiste où il s'impose définitivement comme un songwriter d'exception.


Car sur The Search Of Everything, tous les morceaux - oui, tous - captent tout de suite l'attention par un sens de la mélodie immédiate imbattable, des arrangements éthérés et classieux et cette voix singulière, posée délicatement, jamais éructée, qui donne à Mayer ce côté "p'tit branleur à qui tout réussit" fascinant pour les uns, insupportable pour les autres. Car The Search Of Everything est une pépite pop dans un écrin de mièvrerie kitsch, dégoulinant d'une prose larmoyante aux rimes faciles parfaite pour faire fondre les coeurs d'artichaut de l'assemblée. Et vas-y que je te sers de l'amourette à deux balles ("Love On The Weekend", "Still Feel Like Your Man"), de l'au-revoir plaintif à peine digne d'une comédie sentimentale avec Richard Gere ("Never on the Day You Leave", "You're Gonna Live Forever in Me") et même le sacrosaint "Home" américain, cette fois flanqué d'un "Roll It On (Home)" pour faire sonner l'ensemble à peu près convenablement. Voilà un disque qui n'échappe à aucun des (pires) clichés inhérents à la pop song, à cela près qu'il en use avec un aplomb sidérant de franchise, défiant tout mépris unilatéral, et assume ses atours racoleurs au gré de douze titres cajoleurs. Une entourloupe ? Pas tant que ça.


Car même si les titres font sourire et l'emballage sourciller du coin de l'oeil, The Search Of Everything, aussi niais soit-il, s'incruste dans les esprits avec une facilité rare tant il est bien fait, produit d'une main de maître par Mayer lui-même et Chad Franscoviak qui était déjà derrière la console à l'époque du carton Continuum (2006). Les instruments sonnent du feu de Dieu, les gratt' sont tranchantes et balancent des riffs charnels et dansants ("Helpless") qui, s'ils avaient été composé par Richards et Wood, n'auraient choqué absolument personne. Au contraire, on aurait de suite crié au génie retrouvé de Some Girls sans aucune forme de retenue. Mais qu'importe, ceci est un autre débat. Toujours est-il que ce nouvel album est fichtrement bien enregistré, que le trio blues inaltérable que forme Mayer avec le bassiste Pino Palladino et la batteur Steve Jordan - par ailleurs crédité du statut de producteur exécutif - construit The Search Of Everything autour des différents inspirations du combo - folk ("In The Blood"), blues ("Helpless"), americana ("Roll It On Home"), soft funk ("Moving On and Getting Over") et pop pur jus ("Changing") - et que finalement cette Recherche Du Tout se brosse au travers de ce qui a façonné Mayer au cours de sa carrière. En osant enfin assumer ses pulsions romantiques, Mayer s'affirme comme un auteur hors-pair capable de pondre des morceaux entêtants à la pelle - au moins une bonne moitié de l'album - qui font pleurer, danser ou sourire tant ceux ci sont construits avec coeur et envie. Sa guitare se faufile habilement entre les lignes vocales pour aller supplanter quelques brins de solos ci et là, histoire de rappeler à la plèbe qu'il est un technicien virtuose qui, d'ailleurs, ne surjoue jamais de son instrument et en extrait une substance humble et harmonieuse au gré d'accords placés gracieux, bon à écharper les mains des quelques gratteux en herbe qui traineraient par là ("Emoji Of A Wave"). Finalement, The Search Of Everything porte les stigmates d'une carrière musicalement riche et les étoffe de cette écriture pop sensible, d'un groove rutilant et de ces mélodies justes et réjouissantes, dont il est fatalement impossible de se détacher.


The Search Of Everything est un cas épineux car il prend allègrement des largesses avec le blues rock inspiré d'Hendrix et de Vaughan des débuts et la country-folk mélancolique façon John Mellencamp plus récente, tout en arborant un nouvel habit pop plutôt déroutant. Mais John Mayer fait très bien les choses et arrive à transporter son auditoire dans ce monde de coton et de lyrisme enchanteur qui est le sien et ce, bien malgré quelques poils hérissés par un ou deux alexandrins éplorés peu supportables. Mais bien loin du pire, voilà un John à son meilleur.

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