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Critique d'album

John Frusciante


The will to death


(22/06/2004 - Warner Music Group - Guitariste des Red Hots ! - Genre : Rock)
Produit par John Frusciante

1- A Doubt / 2- An Exercise / 3- Time Runs Out / 4- Loss / 5- Unchanging / 6- The Mirror / 7- A Loop / 8- Wishing / 9- Far Away / 10- The Days Have Turned / 11- Helical / 12- The Will To Death
Note de 4/5
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Note de 5.0/5 pour cet album
"Premier album d'une série de 6 en 6 mois, et déjà un chef d'oeuvre"
Maxime L, le 03/05/2020
( mots)

Il y a des albums plus compliqués que d’autres à chroniquer. Parce qu’on les a découverts à une certaine période de notre existence, parce qu’on en connaît tous les recoins, parce que chaque seconde de musique a été vécue, analysée, ressentie et que par conséquent, avoir une once de subjectivité peut s’avérer être une tâche, si ce n’est impossible, sacrément compliquée.


Mais à coeur vaillant, rien d’impossible et les fidèles d’albumrock le savent, le coeur de votre serviteur du jour est très très attaché à John Frusciante.


Nous avions laissé le double ex-futur ou futur-ex guitariste des Red Hot Chili Peppers en 2004, avec la sortie de l’excellent Shadows collide with people.  L’histoire de ce disque se terminait par ce pari totalement insensé : sortir 6 oeuvres solo supplémentaires lors de cette même année 2004.


The Will to death est donc la première pierre de ce défi complètement dingue. Et ne tournons pas autour du pot, cette première pierre est une putain de pierre précieuse ! Vous me pardonnerez ce langage un peu trivial, mais parfois une injonction un peu familière est bien plus parlante qu’une longue explication argumentée. Essayons tout de même de justifier ce débordement d’enthousiasme.


Cette pierre précieuse possède un avantage tout à fait déterminant sur ses prédécesseurs : quand Shadows collide with people ou To record only water for ten days nécessitaient de connaître le parcours de Frusciante ( ses addictions, son déni du star-system etc) pour comprendre sa musique, The Will to death peut tout à fait être audible, écouté et compris pour quelqu’un qui n’aurait jamais entendu parler de l'artiste.


Si Shadows collide with people était l’album de la « réouverture » vers les autres, avec l’aide notamment de Chad Smith, Flea et Josh Klinghoffer, The Will to death est un disque  bien plus intimiste, composé tout seul, et enregistré avec l’aide d’un seul musicien ; son fidèle lieutenant Klinghoffer, qui s’occupe des parties de batterie, basse, claviers sur toutes les pistes (ainsi que de la guitare sur un titre), là ou Frusciante se chargera ...de tout le reste, production incluse. Concernant la production justement, elle est à la fois simple, discrète, homogène tout en possédant une fois de plus cet aspect « artisanal » et un peu hors du temps. Dès le premier morceau, « A doubt », c’est un ruissellement de notes qui parvient jusqu’à nos oreilles, et qui prend tout sens, là encore, si on l'écoute au casque, avec ce qui constitue l’un des charmes indéniables du disque : des pistes séparées entre la gauche et la droite qui confortent un peu plus notre sensation de proximité avec Frusciante.


Ce premier titre donne à la fois la teneur, le tempo et le “son" général de l’album. Ici, pas d’exercices de style mais une vraie cohérence jusque dans les sonorités de guitare, et nous avons même droit à premier solo, sorte d’éclair déchirant, et qui ne tombe toujours pas dans le piège de la démonstration. Une guitare électrique, souvent avec les mêmes effets, guidant l’auditeur par les mêmes repères d’un bout à l’autre des 12 titres. Les arrangements sont tellement simples, sobres et au service des compositions que cette fois-ci, aucunement besoin d'en sortir une version acoustique. 


Unité et homogénéité ne signifient pas pour autant lassitude et ennui, « An Exercise », son déluge de cymbales crash et ses refrains plaintifs se chargeant de nous réveiller de notre éventuelle torpeur. Sur le plan du chant, que de progrès réalisés encore par Frusciante, ça n’est toujours pas le plus juste techniquement, mais quand il s’agit de véhiculer des émotions et d’utiliser le falsetto à bon escient, il est tout à fait crédible (penchez vous sur tous les choeurs de Stadium Arcadium ou By the Way pour comprendre l’importance de John aussi sur ce point).


Si Frusciante va mieux et est débarrassé de ses démons et addictions, ça n’est pas toujours simple de le suivre sur ses textes, entre poésie très imagée et messages difficilement compréhensibles. On sent bien que son passé d’ex-junkie ressurgit, comme sur l’énergique et sautillant « Times runs out », mais heureusement l’artiste a toujours su transmettre ses émotions plus par sa musique que par ses textes. L’écoute d’ "Hélical» , seul morceau instrumental du disque, et petite pépite à la fois mélancolique et lumineuse, devrait aisément vous en convaincre.


Bien évidemment, toujours pas l’ombre d’un riff funky ou d’un quelconque rapport avec son jeu au sein des Red Hot Chili Peppers, et c’est toujours une bonne nouvelle. The Will to death n’est ni album de pop, ni un disque de rock, ni complètement une oeuvre folk. C’est un juste équilibre entre ces différents styles, avec un dénominateur commun : des mélodies, oscillant entre mélancolie et spleen contenu, mais surtout, belles à pleurer. Et si comme vu plus haut, la production est loin d’être parfaite (une batterie mixée souvent très en avant), comment résister au souffle nostalgique parcourant « Unchanging » ou « The Mirror » avec son piano-voix déchirant (même si oui, les sons de vague derrière sont un poil désuets).


Beaucoup de mélodies, beaucoup de petites trouvailles également qui l’air de rien, amènent un vrai renouveau à la musique de Frusciante : les guitares croisées de « A Loop », ou encore la fraîcheur de « Wishing » et son xylophone enrobant des lignes de guitares tellement « Frusciantesques ». Pas un seul titre de faible ou qui fasse office de remplissage  sur The Will to death,  contrairement à l’album précédent, qui possédait un vrai creux en son milieu.


Ici, l'intérêt du disque monte crescendo pour offrir un dernier quart de très très haute volée. Les trois derniers titres, « The Days Have turned », « Helical » et enfin le titre qui donne son nom au disque, justifient à eux seuls l’écoute et l’achat de l’album. 


"The days Have Turned" déjà, et ses accord tournoyants, (je me répète mais à écouter au casque impérativement), l’entrée de la batterie, qui cette fois se met sur son 31 pour ne pas dénaturer la pureté de la compo. Souvenez vous des miaulements et des gémissements de son premier effort solo et comparez avec cette petite merveille.


L’instrumental « Helical » fait alors office de sas de décompression, histoire de nous donner quelques shoots d’oxygène bien nécessaires, avant de se prendre en plein coeur et en pleine face le torrent de beauté que constitue la dernière piste.


"The will to death", la chanson donc, fait partie de ces chefs d’oeuvre qui n’arrivent que très rarement. Un alignement des planètes, des fées penchées sur le berceau de John Frusciante, expliquez cela comme vous voulez, mais c’est une chanson qui est de la trempe des plus beaux morceaux de folk jamais écrits. Du genre qui vous transforme en éponge dès la première écoute. Au delà de la composition déjà fascinante, l’effet « guitare à gauche et « voix à droite », n’est plus une trouvaille, mais un cadeau du ciel ou un véritable tour de magie. Pour le reste, 4-5 accords à peine, une ligne de basse en forme de caresse bienveillante à ce qui se passe devant nous et enfin ce solo, habile, gracile, vaporeux et qui constitue un point d’orgue à un chef d’oeuvre qui conclut lui même un autre chef d’oeuvre.


Et tout cela n’est pour rappel que la toute première pierre d’un édifice sensé produire 5 autres albums dans les 5 mois qui suivront. Et s’il sera de toute évidence difficile d’aller chercher cet album perché sur le toit du monde, nous verrons que Frusciante a encore plus d’un tour dans son étui de guitare.




Commentaires
MaximeL, le 17/05/2020 à 12:57
Merci Kefran ! Figure toi que la chronique du second album de 2004 est dans les tuyaux!
Kefran , le 16/05/2020 à 18:18
Très bel album qui s’écoute d’une traite ! Bon rythme sur l’ensemble avec effectivement une montée en puissance sur le dernier quart. Très bonne découverte! J’attends également les prochaines critiques. Si j’ai bien compris, ce sera 6 chroniques en 6 mois ? (on te met pas du tout la pression Maxime ????).
MaximeL, le 04/05/2020 à 16:35
Merci Jimmy pour ton retour. J'avais prévenu qu'il allait être difficile pour moi d'être objectif sur ce disque ! Et pour The Empyrean, j'y viendrais, parce qu'il y a en effet pas mal de choses à dire sur ce disque !
Jimmy, le 04/05/2020 à 13:10
Merci de nouveau pour la critique d'un nouvel album de Frusciante ! Comme tu le dis au début de ton début d'analyse, la découverte d'un album durant certaines périodes clés de notre existence vont biaiser l'idée que l'on peut se faire de lui. Cet album a des qualités indéniables, et je le trouve bon comme les deux précédents (ils ont d'ailleurs grâce à toi rejoins mes écoutes !). Pourtant, pour l'instant, aucun ne m'a plus atteint que the Empyrean (pour une foule de raisons que je vais me garder d'étaler tant qu'il n'aura pas sa propre chronique). Mais cela reste toujours un plaisir de découvrir ses œuvres au fil de tes chroniques :)
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