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Critique d'album

Joe Bonamassa


Blues of Desperation


(25/03/2016 - Mascot Label Group / JR Adventures - Blues - Clapton du XXIe siècle - Genre : Rock)
Produit par Kevin Shirley

1- This Train / 2- Mountain Climbing / 3- Drive / 4- No Good Place For The Lonely / 5- Blues Of Desperation / 6- The Valley Runs Low / 7- You Left Me Nothin' But The Bill And The Blues / 8- Distant Lonesome Train / 9- How Deep This River Runs / 10- Livin' Easy / 11- What I've Known For A Very Long Time
Note de 4/5
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Note de 4.0/5 pour cet album
"Blues de luxe"
Etienne, le 13/04/2016
( mots)

Et encore un disque de Joe Bonamassa. Entre ses disques solos, sa participation à Black Country Communion (le groupe de Glenn Hughes et Jason Bonham), sa collaboration avec la chanteuse Beth Hart et ses multiples sorties live, en voilà un qui ne chôme pas. Qu'attendre réellement alors de douzième album studio ? Un travail d'orfèvre assurément, du pur artisanat musical façonné par des mains endurcies après des années de charpentage intense dans le paysage musical de l'Amérique profonde. C'est la première image qui transparaît après un regard posé sur Blues Of Desperation. Et c'est également le ressenti qui persiste après maintes écoutes.


"Je veux que les gens entendent mon évolution en tant que musicien de blues-rock. Quelqu'un qui ne se repose pas sur ses acquis et qui est toujours en train d'avancer et de penser à l'évolution de la musique tout en restant pertinent". C'est par ses mots que l'ami Joe présente son état d'esprit lors de l'enregistrement de nouveau disque. Une profonde humilité quasi-romantique qui pose tout de même la question du "Comment ?". Comment en effet se sortir des dogmes stricts et rigoureux incombant au genre blues ? Eléments de réponse ci-dessous.


Règle numéro 1: S'en référer à l'Histoire.


Bonamassa part enregistrer Blues Of Desperation à Nashville au Grand Victor Sound Studios et plus précisément au RCA Studio A qui a vu défiler tout le gratin de la scène sudiste des années 50 dont nous parlions dans notre dossier Elvis: Slim Whitman, Hank Snow, Roy Orbison, Chet Atkins ou encore les Blackwood Brothers. Le dernier passage du bluesman à Nashville remonte à Dust Bowl (2011) qui avait reçu à l'époque d'excellentes critiques. Il reste d'ailleurs le seul album mémorable de Bonamassa depuis. Pourtant Blues Of Desperation n'a pas grand chose à voir avec son illustre aïeul. Finis les albums dont la moitié des titres est pêchée à la louche dans l'immense catalogue des grands standards sudistes, ici tout n'est que 100% pur Joe.


Et l'ambiance follement américaine de Nashville déteint sur les compositions chaleureuses de Bonamassa. Il n'y a qu'à se laisser porter par la douce ballade country "The Valley Runs Low" et ses superbes arrangements acoustiques chantants pour comprendre que le guitariste a parfaitement pris la mesure du lieu qu'il occupe pour l'enregistrement de son disque. Le son est porté par une résonance naturelle et un écho singulier qui rehausse aisément les quelques accords folk de "Livin' Easy" au niveau des cuivres soufflés avec emphase du titre. L'excellent "Drive" joue sur les contrastes en proposant un morceau aventureux, étrangement épuré où Bonamassa distille ses vocalises avec une pudeur rare sur fond de road-trip mystique. La batterie est colossale de prestance et soutient des arrangements sobres, classieux, où la guitare émerge magistralement du bitume encore fumant. Une ambiance enivrante dans laquelle toute la troupe semble avoir plongée.


Règle numéro 2: Faire appel aux copains.


Une fois n'est pas coutume, Bonamassa s'entoure de son fidèle lieutenant Kevin Shirley à la production. Derrière les consoles depuis You & Me en 2006, année faste où il a mixé le premier album de Black Stone Cherry et produit A Matter Of Life And Death d'Iron Maiden, Shirley a la totale confiance de Bonamassa et en profite pour le pousser dans ses retranchements. Il lui impose même une double-batterie (deux batteurs différents enregistrent en même temps !), idée saugrenue qui pourtant apporte une puissance remarquable aux titres résolument plus rock de l'album. "Mountain Climbing" devient rapidement un hymne mammouthesque au riff ravageur et au groove implacable autant que "Blues Of Desperation" explose ses guitares zeppeliniennes entre deux couplets au lyrisme chamanique. Le pont du titre est d'ailleurs outrageusement inspiré de celui de "Whole Lotta Love". Rien de bien grave en soi me direz-vous.


Assurément, la production de Shirley donne à tout l'album un relief unique et à chaque instrument un éclat lustré. La guitare acoustique est superbement traitée et d'une brillance aurorale on l'a déjà dit ("The Valley Runs Low"), mais tout le décorum instrumental qui l'entoure aussi. Telle une locomotive lancée à toute berzingue, "This Train" ouvre l'album sur un cavalcade mécanique orchestrée d'une main de maître par une section rythmique tellurique. Les chœurs déclamatoires d'"How Deep This River Runs?" résonnent avec vigueur, ce qui sauve d'ailleurs ce titre lancinant de l'ennui. "Distant Lonesome Train" gagne en assise par l'utilisation sobre d'un orgue qui érige la structure dans laquelle Bonamassa se meut pour un solo épique, wah-wah à tout-va, bends tirés jusqu'au point de rupture. Certainement le plus marquant de l'album. Car si Shirley rend grâce à chaque protagoniste de l'album et accouche d'un superbe effort commun, c'est bien le sens du jeu de la six cordes de Joe Bonamassa qui est mis à l'honneur.


Règle numéro 3: Respect.


Comme toujours, la guitare est au centre du propos: "Je pense que les amateurs de guitare vont adorer l'album" déclare Bonamassa. Les solos sont énormes ("No Good Place For The Lonely"), leurs constructions longues alternent des phrasés langoureux et enveloppants ("Drive") autant que des passages supersoniques épiques ("Distant Lonesome Train"), et il règne même un ambiance de grand jam improvisé dans le réjouissant rockabilly "You Left Me Nothin' But The Bill And The Blues". En grand guitariste qu'il est, Joe Bonamassa offre à son instrument une place de choix sur Blues Of Desperation, avec toute la parcimonie qui s'impose. Il y étale avec plaisir ses aspirations de musicien sans jamais pousser le vice jusqu'à l'excès. Indéniablement, la marque des grands.


Des grands comme Clapton, B.B. King, Muddy Waters, Duane Allman, John Lee Hooker ou Jeff Beck qui ont forgé la patrimoine musical blues dont Joe Bonamassa s'inspire et reprend les codes avec un grand respect. Il l'admet lui-même, "Trains, montagnes, vallées et toutes les références du blues à propos des peines de cœur et de la solitude" sont les thèmes abordés par Blues Of Desperation. Ce nouveau disque n'a pas à un seul instant l'ambition de révolutionner le genre. Au contraire, il s'appuie sur ce classicisme flagrant pour mieux travailler ses sonorités, son ambiance, sa philosophie et repenser son blues du désespoir avec finesse et justesse. 


Blues Of Desperation est un album de gentleman. Celui qu'on écoute de manière contemplative et polie sans pour autant renier le plaisir viscéral que procure l'étalage du talent manifeste de Joe Bonamassa. Une fois encore, l'américain inonde de sa classe un opus chaleureux et parfaitement orchestré. Une fois encore, le guitariste magnifie son instrument avec toute la majesté qui s'impose sans pour autant négliger un effort de groupe d'un impeccable professionnalisme. Un blues de luxe, en quelque sorte.


Chansons conseillées: "Drive",  "You Left Me Nothin' But The Bill And The Blues" et "Mountain Climbing".

Commentaires
Etienne, le 14/04/2016 à 09:26
C'est clair que pour un album qui s'appelle Blues Of Desperation, il manque une dimension émotionnelle puissante et hantée... Après ça n'a jamais été le fort de Bonamassa, il a toujours entretenu une certaine pudeur dans ses disques. Mais quelque part c'est ça qui m'a touché dans ce disque (après de longues écoutes quand même).
Erwan, le 14/04/2016 à 02:49
Totalement d'accord avec ta chronique tout le long. L'album est splendide dans sa réalisation, dans la démarche, techniquement il est parfait. Mais il ne m'a pas touché une seule seconde. Je le regrette presque hein, mais je trouve souvent qu'il manque un truc à Bonamassa : le blues. Il joue du blues (et encore, du blues rock). Mais il a pas le blues. Et du coup il me le transmet pas. Techniquement, ça reste un monstre. Et les codes, il les a. Le problème vient de toute façon de celui qui n'arrive pas à entrer dans l'oeuvre ^^ bon disque objectivement
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