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Critique d'album

Foals


Everything Not Saved Will Be Lost - Part 2


(18/10/2019 - Warner, Transgressive Records - Indie Rock - Genre : Rock)
Produit par Foals, Brett Shaw

1- Red Desert / 2- The Runner / 3- Wash Off / 4- Black Bull / 5- Like Lightning / 6- Dreaming Of / 7- Ikaria / 8- 10,000 Ft. / 9- Into The Surf / 10- Neptune
Note de 4/5
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Note de 2.5/5 pour cet album
"Un album un peu casse-gueule"
Mathilde, le 31/10/2019
( mots)

Ils sont partis qu’ils sont déjà de retour, sept mois après le volet 1 de Everything Not Saved Will Be Lost les poulains d’Oxford déferlent de nouveau de leur écurie (on peut même parler de haras vu leur place dans le game du rock indépendant). Le concept de base est culotté: produire vingt titres, les distribuer en deux albums et les sortir sur un laps de temps très court. Fallait oser. Leur premier effort a été bien accueilli et a permis d’introduire le thème de l'ensemble de l'oeuvre, à savoir l’homme face aux problèmes sociétaux actuels (climat économique, climat politique, climat climatique). Vaste sujet et défi bien relevé par les Foals qui ont su incarner ces réflexions sans perdre leur identité musicale. En est paru un album homogène, éthéré et calibré sur le mode groovy, dansant. Une vue d’ensemble selon le chanteur Yannis, qui confie y avoir seulement fait un constat de la situation, sans réellement y faire face, sans passer à l’action. C’est donc un album plus terrien/terreux, engagé, remué, une tempête qui arrive le 18 octobre avec Everything Not Saved Will Be Lost - Part 2. Etes vous prêts? Parce qu’il faut s’accrocher.


Ah ouais, euh d’accord. Voilà les quatre mots profonds et précis qui peuvent émerger lors de la première écoute. Disons que là on est dans une autre dimension, un autre monde. Déjà l’intro annonce comme à coups de  trompettes électroniques un évènement guerrier pas rassurant. Puis on range fissa les synthés et on sort les grosses guitares, "The Runner", le tube de l’album, débarque à gros pas, telle une bête lourde et sans pitié et qui traduit bien l’idée de l’homme qui se met en route par sa rythmique chaloupée: "Step by step I'll keep it up, I won't slow, I gotta go". Genre "déter’" comme disent les jeunes. L’homme incarné par Yannis "keep(s) on running" au milieu de l'agitation terrestre. Le monologue intérieur, retenu de ENSWBL1 est soudain extériorisé haut et fort. Le pont renoue avec l'album Total Life Forever et le refrain penche du côté des années 80 (pour ceux qui ont vu le film Singstreet, on pense à "The Riddle of the Model") avec un jenesaisquoi de Duran Duran. Deuxième titre, de l' afrobeat qui ne ralentit pas la cadence de la course et ne dément pas l’âme du groupe, avec sa guitare claire en staccato, et ses backing vocals habités. Le genre de morceau en plusieurs phases qui s’accélèrent au fil des minutes, et qui se laissent découvrir et apprécier avec le temps. Pour l’instant donc, rien de bien nouveau, "Wash Off" aurait d’ailleurs pu avoir sa place sur le premier volet.


C’est après que la déconcertance point et s’installe. "Black Bull", single sorti en août, aborde les mauvais côtés de la masculinité : "Forsooth, for shame/ I done conquered where I came/ And I'm a world away/ Cause I'm a man of today" et on peut dire que ça braille. Le titre est tout aussi musclé que le taureau, toutes guitares dehors qui se mêlent à la saturation de la voix de Yannis. Les Foals semblent vouloir hurler ce qui avait pu être un peu lénifié par le passé. A sa suite "Like Lightning" déroute à nouveau, transpire le blues et crie sa vulnérabilité. On est presque sur du gospel sur fond de chapelle Tarantinesque. Cet album a des influences de rock progressif des années 70-80, bien plus dark que le style des poulains et bien inattendues. La phase colérique est terminée, s'enchaîne le Led Zeppelinesque "Dreaming Of" et l'instrumental "Ikaria", deux titres étouffés et intimistes qui cassent la rage précédente. Une pause bienvenue mais alors, elle est où la boussole, car là on ne se sait plus où on en est. On croirait parfois à des Faces B oubliées de leurs débuts, et posées là, à disposition. Les paroles sont elles inchangées et ont un gimmick mesuré : "You want to feel like the way that you did back then/ You want to push back the hands and start it again arrive" ("Dreaming Of"), l’homme regarde en arrière dans sa course et constate qu’il n’est pas si fort contre tous ces éléments. Ça commence à sentir l’opéra rock fourre-tout ct’affaire. 


L’orage gronde à nouveau avec un fond de guitares graves et stoner sur "10,000 Ft." et son intro-hommage à Rush. Ici on parle d’une bague de fiançailles faite à partir de cendres d’archives architecturales (ça suit toujours ici?).  Ce titre aussi ciselé que son histoire est cependant particulièrement réussi, et constitue une belle découverte parmi le fatras, le brol et tout le saint- frusquin qui commence à s’accumuler. Enveloppant et en plusieurs phases mélodiques tantôt péchues, tantôt oniriques  "10,000 Ft." est tout aussi dansant que méditatif. On part encore ailleurs sur "Into The Surf" qui évoque le retour à la maison, mais qu’au moment du décès, par l’eau et sous forme de fleurs et sur fond de xylophone asiatique : "When I return there's a moon pool on fire/ Into the surf, again/ There’s a moon pool in bloom". Finalement "Neptune" est la destination finale, le sanctuaire, car la planète bleue et le terrien sont résignés et ne parviennent pas à braver les éléments antagonistes. Le titre sorti d’un jam en studio est nébuleux (qui a dit: "comme l’album?") et traine sur dix minutes. Bien que lumineux (même si tristement héroïque), il aurait gagné à être condensé. Et c’est bien ça le constat à la fin de l’écoute de ENSWBL2:  40 minutes et 10 titres soit exactement le même schéma que le premier volet, et pourtant ça a semblé plus long. Dilué et quelque peu poussif, l'album casse des gueules et se casse parfois la gueule.


C'est pas que c'est mauvais, c'est que c'est confondant. Bien sûr, il faut se rappeler que ENSWBL2 fait parti d’un dyptique, qu’il a été pensé comme un album faisant écho au premier. Il y a bien la transmission du pendant clair éthéré d’un côté/ de celui sombre et rugueux de l’autre. Parmi les points positifs, on peut noter également le côté "rock visuel", car les titres sont autant d’histoires esthétiquement représentées via des clips et pochettes léchés (ces dernières ont été shootées par un photographe de National Geographic). Oui, les vingts titres des deux opus ont vu le jour en même temps, ils sont frères et faits pour co-exister, et ils résonnent tant au niveau du thème que par leur dualité. Mais c’est quand il faut se pencher uniquement sur le deuxième album que le jugement se fait plus sévère. Le problème d’un quasi opéra-rock c’est que ça peut basculer dans le kitsch et l’indigeste, et là les poulains ont fait des sorties de route. Les chevaux ont été lâchés et ont lâché prise et ça a donné certes quelques titres bien troussés et un album concept intéressants... mais Everything Not Saved Will Be Lost - Part 2 parait aussi chaotique, et pris seul il n'est pas bien lisible, il balbutie, il peine à exister par lui-même là où son "grand frère" parvient individuellement à tenir sur ses pattes. Le manque de cohérence de ENSWBL2 lui porte préjudice et son côté polymorphe dégomme son homogénéité. En live et rassemblés, les titres des deux parties devront davantage faire sens et se compléter tel un puzzle. Merci pour le marathon hippique/ hippie les poulains, mais ne déconnez pas trop à la prochaine course. 

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