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Critique d'album

Elbow


Little Fictions


(03/02/2017 - Concord / Polydor Records - Britpop classe - Genre : Pop Rock)
Produit par Craig Potter

1- Magnificent (She Says) / 2- Gentle Storm / 3- Trust the Sun / 4- All Disco / 5- Head for Supplies / 6- Firebrand & Angel / 7- K2 / 8- Montparnasse / 9- Little Fictions / 10- Kindling
Note de 5/5
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Note de 4.0/5 pour cet album
"Un septième album évident et lumineux. Le chef d'oeuvre n'est plus très loin."
Nicolas, le 04/03/2017
( mots)

Si certaines formations s’essoufflent rapidement et n’ont plus rien à raconter au bout de deux disques - voire parfois moins -, d’autres en revanche stupéfient par leur facilité à progresser, à se renouveler, à magnifier leurs talents. Elbow fait partie de cette seconde catégorie. Le quintette chic de Manchester, réduit à un carré après le départ de son batteur Richard Jupp, fort d’une discographie impressionnante de qualité, réalise la gageure de faire au moins aussi bien à chaque album, et ce pour la septième fois d’affilée. Au point même, avec Little Fictions, de franchir un cap en terme d’accessibilité qui, loin de dépareiller auprès des six albums précédents, correspond sans doute à une sorte d’apogée créative  - mais cela, seul l’avenir nous le dira.


Alors que la perte d’un membre se révèle souvent fatidique à un groupe - on n’osera énumérer les exemples tant ils sont nombreux -, les cas inverses sont bien plus rares, et il semble bien que nous nous retrouvions là face à l’une de ces exceptions. Non pas que Jupp fût indigne à son poste, loin de là, mais la disparition d’un tel pivot semble avoir poussé les anglais à se réinventer en douceur, à repenser leur logiciel de composition et même à oser certaines choses. On aurait pu craindre que la batterie de Little Fictions déçoive, or il n’en est rien, bien au contraire : le support rythmique y est intelligent, réfléchi, travaillé de sorte à s’harmoniser au mieux avec ces dix nouvelles chansons. De plus, on sent un rare niveau de maîtrise sur ce disque, peut-être lié aux diverses expériences solo et collaboratives qu’ont connu Guy Garvey (avec un Courting The Squall sympathique sans plus), les frères Potter et Pete Turner depuis The Takeoff and Landing Of Everything. Plus encore, Little Fictions est un disque qui semble plus évident, plus lumineux, plus serein que ses prédécesseurs. Si Elbow n’a jamais rechigné à verser dans l’enchère ornementale (maîtrise des crescendos, recours à des mises en scène orchestrales et avalanche d’instruments variés) ni à déstructurer ses morceaux pour mieux en faire ressortir la substantifique moelle, allant parfois jusqu’à rallonger la sauce au-delà du raisonnable pour certains, ce LP 7 va droit au cœur et à l’essentiel, et c’est sans doute sa plus grande force.


Une sérénité qui se manifeste avant tout dans une certaine forme de simplicité qui, dans le cas présent, n’est absolument pas synonyme de facilité. Sur Little Fictions, les arrangements sont purs, évidents : ici un piano - percussion presque a capella avec quelques notes de piano parcimonieuses (“Gentle Storm”), là un alliage clavier-guitare toute en chapelet de notes rutilantes (“Montparnasse”) ou un camaïeux de couleurs aurorales brossées par les jeux d’échos vocaux (“K2”), là encore une ligne de basse magnétique qui emballe un titre d’une effarante classe (“Firebrand & Angel”, sublime). Ce dernier morceau est si réussi qu’il rappelle le degré de fignolage et d’entêtement que Radiohead a su développer sur les meilleurs morceaux d’In Rainbows, tout comme le fabuleux “Trust The Sun”, gros travail sur les percussions brossées, l’équilibre entre la basse et la guitare, le piano d’une virginité conquérante et l’émotion transparaissant dans la voix de Guy Garvey. Mais c’est bien là le seul trait d’union qui relie les deux packs anglais : alors que l’équipe d’Oxford aime à brouiller les lignes entre une réalité triste et une artificialité fallacieuse, la musique d’Elbow demeure uniformément organique, chaude, humaine, à l’image de la merveille de raffinement et de délicatesse qu’est “Head For Supplies” avec ses instruments à peine effleurés, son chant contenu et, en bout de course, ses chœurs chavirant. Ailleurs, il faut étirer le discours pour laisser s’exprimer une chouette boucle de percussion, leitmotiv entêtant d’une ode crépusculaire, douce comme une tombée de nuit estivale (“Little Fictions”). Finalement, les seuls morceau fidèles à la tradition d’Elbow seraient  d’une part “All Disco”, nettement plus démonstratif dans l’intention, usant d’une gradation sentimentale soutenue par un tapis tintinnabulant du plus bel effet, et d’autre part le point d’orgue “Kindling”, plus retenu mais non moins irradiant de paix. Et ils ne dépareillent nullement dans cette collection-ci.


Parce que l’on n’est pas à un paradoxe près, on vous a gardé le meilleur pour la fin... même s’il s’agit de la pièce introduisant l’album. Avec “Magnificent (She Says)”, Elbow a accouché de son morceau le plus accompli, le plus solide, tout en se dotant du plus bel ambassadeur qui soit. Un titre d’une écriture cristalline, une mélodie enivrante, un travail orchestral somptueux, une énergie trouvant sa pleine expression dans la retenue mi-lascive, mi-dominatrice de Guy Garvey qui démontre ici toute l’étendue de son immense classe derrière un micro. Elbow tutoie là une forme de perfection, de limpidité dans l’exposition de son rock british tout en majesté et en poésie. Vous l’avez compris, Little Fictions dispose de toutes les armes pour conquérir ceux qui se montreraient les plus rétifs aux charmes de ces séduisants anglais, et à ce stade, nul n’est capable de dire si le Coude s’arrêtera en si bon chemin. Dès lors, on ne peut que s’en réjouir d’avance.

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Commentaires
TheoBvt, le 12/04/2017 à 07:52
Première mesure de Magnificient...j'aime beaucoup montons un peu le volume !!! Une heure d'écoute qui promet !!!
Maxime, le 06/02/2017 à 22:05
Septième album, septième coup de maître! ;) Sans la blague (cf-chroniques des 2 précédents albums), l'affirmation n'en demeure pas moins vrai.
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