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Critique d'album

Dream Theater


Dream Theater


(24/09/2013 - Roadrunner - métal progressif - Genre : Hard / Métal)
Produit par

1- False Awakening Suite / 2- The Enemy Inside / 3- The Looking Glass / 4- Enigma Machine / 5- The Bigger Picture / 6- Behind the Veil / 7- Surrender to Reason / 8- Along For the Ride / 9- Illumination Theory
Note de 3.5/5
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Note de 2.5/5 pour cet album
"Même quand on aime, on peut trouver à y redire..."
Nicolas, le 16/10/2013
( mots)

En théorie, que peut-on décemment dire d’intéressant à propos d’un groupe de cadors du metal prog qui en est à son onzième album studio ? D’un groupe qui empile les nouveaux disques au rythme hallucinant d’une production studio tous les deux ans et un disque live tous les deux ans en alternance ? D’un groupe qui compte dans ses rangs les musiciens les plus calés en terme de technique, chacun à son poste ? C’est vrai : que peut-on bien attendre encore d’un nouveau disque de Dream Theater en 2013 ? Réponse : un disque fatalement bon au vu de l’équation ci-dessus. Mais cette fois-ci, le "fatalement" a son importance.

On ne va pas refaire le match pour les retardataires ou donner de nouveau du grain à moudre aux haters : ceux qui lisent ces lignes aiment forcément Dream Theater. Les autres ? Eh bien les autres regardent la sortie de cet album studio avec la même indifférence amusée qu’à chaque fois, en se demandant encore comment il est humainement possible d’encaisser un tel déferlement de notes en si peu d’espace. On ne peut évidemment pas demander à chacun d’y trouver son compte. A vrai dire, le quintette de Berkeley déjà est allé tellement loin dans la caricature de son propre style qu’il est difficile de ne pas entendre les quolibets qui sifflent aux oreilles des fidèles. La vraie question est : cet éponyme, conçu comme une véritable déclaration d’intention, comme une fierté exhibée crânement à la face du monde, parvient-il à réellement cristalliser l’essence de ses propres particularismes ? Eh bien pas vraiment.

En perdant Mike Portnoy, Dream Theater n’a pas seulement laissé filer un redoutable batteur, mais également un compositeur, une personnalité et quelqu’un qui avait beaucoup d’influence sur la musique du groupe, notamment en terme de progressivité pure et de complexité. Or cette moins-value n’a été palliée qu’à moitié. Mike Mangini, effectivement plus présent et plus audible sur ce disque, reste un frappeur irréprochable, mais il n’apporte rien au jeu de ses potes ni aux compositions. Or, si le départ de Portnoy avait profité à Jordan Rudess et John Myung sur le précédent A Dramatic Turn Of Event (très déprécié, et pas toujours de la façon la plus cohérente qui soit), seul le bassiste asiatique parvient encore à tirer un peu la couverture à lui sur ce disque. Rien d’exceptionnel, nous direz-vous : auparavant, on ne l’entendait pas du tout, et à présent, on l’entend à peine. Quelques secondes de solo par ci par là, une ou deux lignes de basse vaguement psyché, et pas grand chose de plus. En revanche, c’est Rudess qui souffre le plus ici. Terminées, en grande partie, les cavalcades de synthétiseurs ou les envolées de piano. A de rares exceptions prêt, les solos du bonhomme ont été considérablement raccourcis, voire carrément squizzés. Qu’on le veuille ou non, le départ de Portnoy a rééquilibré Dream Theater autour d’un John Petrucci désormais quasiment seul maître à bord, et d’un James Labrie qui, quoique moins mauvais qu’avant, n’en reste pas moins un chanteur dispensable et qui garde une place disproportionnée au milieu de tous ces génies.

Le plus compliqué, quand on fait du progressif, c’est de partir sur une intention. Du temps de Portnoy, la route était à peu près tracée : on complexifie, on durcit, on bastonne et on essaye d’aller plus loin dans le concept. ADTOE, lui, ne faisait qu’entériner le départ du batteur à bouc en laissant les souris danser en l’absence du chat. Mais maintenant que la fête est finie, que reste-t-il ? C’est bien là le soucis : avec Dream Theater, on a l’impression que le groupe n’a plus de ligne directrice. L’album part à peu près dans toutes les directions : on fait un peu de singles, un peu de morceaux doux, une grosse pièce en plusieurs actes, un petit instrumental méga-technique histoire d’en mettre plein les mirettes, et ajoutons donc une petite intro pour faire style… mais il n’y a rien qui relie tous ces blocs. Cet éponyme, qui matérialise soit disant la fibre authentique du groupe, refuse de prendre parti, de verser dans le progressif épique (à la Images and Words), de construire un concept-album cohérent (à la Metropolis) ou bien d’aller explorer un versant sonore extrème (à la Train Of Thought). Dream Theater est l’album du consensus mou, et pas grand chose de plus.

Quand on rentre dans le détail, on retient peu d'éléments intéressants dans ce cru 2013. Une introduction pas très utile et repompant les choeurs du récent Devin Townsend Project, un single tellement parfait qu’il n’en oublie pas d’être prévisible de bout en bout ("The Enemy Inside", aussi inattaquable que rebattu), du metal de stade faussement épique qui, heureusement, finit mieux qu’il ne débute ("The Looking Glass"), de la power balade essentiellement mièvre ("The Bigger Pitcure", "Along For The Ride") ou un instrumental de tueurs qui, malheureusement, déroule un pont déjà mille fois joué par un Petrucci qui commence à radoter sérieusement ("Enigma Machine", tout de même classieux et impressionnant). Quand un morceau s’avère vraiment réussi, on ne peut s’empêcher d’y déceler l’influence (le plagiat) qui si cache derrière ("Behind The Veil" / Metallica, malgré un solo de Petrucci vraiment excellentissime) ou de se dire que dans le même genre, d’autres auraient fait tellement mieux ("Surrender To Reason" / Spoke’s Beard - et il y a de bonnes idées sur ce morceau, notamment le pont instrumental atypique et déglingué porté par la paire Petrucci - Myung… bien trop court, par contre). Le comble est quand même atteint avec la pièce mastoc terminale de vingt deux minutes, une pièce dont on peut virer au bas mot une bonne moitié à l’arrache (pont atmosphérique inutile, partie orchestrale inintéressante et petit youhou de piano wtf en fin de course) et qui, malgré de très bons moments, n’arrive même pas à faire preuve d’un minimum de cohérence ou de liant.

On sait bien que les mecs de Dream Theater se révèlent souvent redondants, manquent parfois d’inspiration ou aiment à verser dans leurs propres travers, mais on peut toujours le leur pardonner parce que, par ailleurs, ils sont capables de sortir des morceaux d’extra-terrestres, des tueries que seuls eux sont capables d’exécuter. Le problème, ici, est qu’on reste sur une faim de sensationnel. Ce onzième album n’a certes pas nombre de points faibles de ses prédécesseurs, et il s’avère notamment plus constant… mais le revers de la médaille est qu’il manque de flamboyance et de virtuosité, et que cette carence met de facto en lumière les faiblesses des compositions ou leur manque de renouvellement. Vous ne lirez probablement pas d’avis aussi mitigé ailleurs qu’en ces pages, car apparemment, Dream Theater semble avoir été très bien accueilli par la presse spécialisée. Tout dépend probablement de ce que l’on attend encore de ces vétérans qui n’ont plus rien à prouver. Trop, sans doute...

 

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