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Critique d'album

Dido


Still on My Mind


(08/03/2019 - RCA - Pop / Electronica - Genre : Autres)
Produit par Dido, Rollo Armstrong

1- Hurricanes / 2- Give You Up / 3- Hell After This / 4- You Don't Need a God / 5- Take you home / 6- Some Kind of Love / 7- Still on My Mind / 8- Mad Love / 9- Walking By / 10- Friends / 11- Chances / 12- Have to Stay
Note de 3/5
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Note de 4.0/5 pour cet album
"Vingt ans après No Angel, Dido nous livre un nouveau bijou électro-acoustique"
Nicolas, le 20/05/2019
( mots)

1999, Dido Armstrong lance son No Angel dans un anonymat confondant dont elle ne parvient à s’extraire qu’environ un an plus tard, quand Eminem a l’idée de génie de sampler le couplet de “Thank You” sur son titre “Stan”. Le tube fait un carnage, la planète découvre la voix d’ange de l’anglaise, et No Angel réalise alors le carton planétaire que l’on sait (22 millions de copies écoulées, une paille). Cette histoire inespérée n’est là que pour rappeler que Dido n’était pas absolument prédisposée au succès de masse, et la suite le prouve d’ailleurs bel et bien. Life For Rent, recyclant les recettes de l’album princeps sans la petite once de fraîcheur propre à tous les artistes émergents, ne convainc pas plus que ça le grand public. Qu’à cela ne tienne, Safe Trip Home ose le décalage total sans proposer le moindre titre commercial, oscillant entre digressions folks et électro sybilline. L’album convainc par intermittence mais pêche par manque de morceaux mémorables et quelques bizarreries (comme ce loooong “Northern Skies” complètement à l’ouest). Et puis survient la catastrophe Girl Who Got Away, tentative lourdaude de renouer avec les charts, boursouflée par une production dégueulasse et plombée par des pièces peu glamour voire carrément ratées. Ah, cette piètre tentative de renouer le succès de “Stan” avec Kendrick Lamar, quel étron, mes aïeux. Puis vient Greatest Hits - l’étape du best-of équivalant au début de la fin pour la plupart des chanteurs -, et ensuite, silence radio. Ite missa est, pense-t-on alors.


2019, vingt ans plus tard. Alors que l’on croyait, d’une ne plus jamais plus avoir de nouvelles de Dido, de deux ne plus jamais pouvoir écouter un bon album d’elle (alors excellent, n’en parlons même pas), voilà que Still On My Mind vient complètement nous prendre au dépourvu. Qu’a-t-il bien pu se passer ? Plusieurs choses. D’une, exit l’ignoble clique de producteurs aperçue sur le disque précédent : ne reste plus à ses côtés que son frère Rollo de Faithless (essentiellement en charge de la prod de No Angel), à l’exception de quelques zouaves sur le très épuré “Give It Up”, single entonné presque a capella avec une magnifique réverbération de choeurs mystiques. C’est la seconde surprise de Still On My Mind, sa simplicité architecturale. Peu ou pas d’instrumentations additionnelles, une électronique beaucoup discrète que précédemment, et un recentrage sur l’écriture et la voix. “Give It Up”, on l’aurait bien vu (et redouté) bardé de claviers et de violons, drapé dans des atours grandioses à la “Here With Me”, autre tube de No Angel qui a fait les beaux jours de Roswell (coucou les samedis soirs de M6). Or, on avait déjà eu l’occasion de le dire dans la critique de l’époque, ce ne sont pas les morceaux conçus comme des singles qui séduisent le plus chez Dido, ce sont plutôt ses balades pudiques savamment ponctuées d’un mélange de guitare sèche et de beats indolents. Ici, la londonienne pousse ce constat dans ses ultimes retranchements en dépouillant tous ces singles de ce qui les rendrait radio-friendly. Ainsi donc “Give It Up”, toutes petites touches de piano, bourdons et voix d’éther, ainsi également le superbe “Hurricanes” qui aurait certainement pu fonctionner avec plus de mordant instrumental mais qui nous happe totalement dans son dénuement, voix lasse, arpèges effacés, seconde voix élégiaques, avant que le titre finisse par se retrouver emporté dans une gangue électronique asphyxiante. Et quand on pense que tout va finir par exploser, la pression redescend brutalement et le morceau s’achève dans le silence. Très fort.


Autre point fort, l’écriture mélodique, car les titres de Still On My Mind sont magnifiquement troussés. À part sans doute “You Don’t Need A God”, un poil convenu, ou le conclusif “Have To Say” qui remplit convenablement son office sans marquer les esprits, l’album nous harponne totalement. Pas de percus sur “Give It Up” - ou quasi ? Qu’à cela ne tienne, il n’y a quasiment que ça sur “Hell After This” - on exagère à peine, mais point trop n’en faut : une guitare discrète, de rares coulées de trompette ou de violons, et basta. Un petit côté XX qui surnage avec bonheur sur cette mélodie tout en respirations et nonchalance. Les morceaux se suivent sans se ressembler : on va replonger dans les 90’s dance de Faithless avec l’entêtant “Take You Home”, on va se laisser bercer par une balade folk baignée d’une chaleur de fin d’après-midi sur le sublime “Some Kind Of Love” (ces secondes voix, mon Dieu) ou plonger tête la première dans un lac de synthèse et goûter aux précieuses orchestrations électroniques de “Still On My Mind”, presque trip hop par instants. Les balades, la londonienne y excelle, en témoigne l’épatant “Walking By” uniquement accompagné par des arpèges de piano.


Et puis ce qu’il y a de bien avec Dido, c’est qu’elle a une voix rare. Pas forcément irrésistible, attention, d’ailleurs on a vu par le passé que les aigus ne lui réussissaient pas particulièrement : à ce titre, elle a l’intelligence, sur le refrain du joliment béat “Friends”, soutenu par ses beats placides, de laisser échapper un simple filet en altitude, contrepoint parfait avec un couplet des plus affriolants. Car à partir du moment où l’anglaise sait s’appuyer sur ses points forts, ses graves riches en harmoniques, ses nuances, son flow et son émotion, elle est capable de traîner le monde à ses pieds. Considérez donc le cabotin “Mad Love” gentiment enlevé, avec son refrain futé conçu uniquement sur des contretemps, ça fonctionne d’enfer. Et puis (bis) il y a les textes qui soulignent le côté charnel et hormonal de la dame, là encore particulièrement présent dans No Angel. À l’écoute de Still On My Mind, on se laisse aguicher par les affres de la vie sentimentale tourmentée de Dido, ses amours perdus, ses déceptions amoureuses, sa solitude loin de l’être aimé, ses lascives procrastinations sous la couette ou devant la télé. “Chances” en représente un singulier exemple, sorte de tirade dépressive lancée avec un grand sourire plein de chaleur, la chanteuse se lovant dans son marasme pour y puiser une force de caractère insoupçonnée.


Par certains côtés, ce magnifique Still On My Mind s’avère presque aussi réussi que No Angel, en tout cas plus constant, plus cohérent et, indubitablement, moins racoleur - toutes proportions gardées, bien sûr. Manque sans doute encore un ou deux morceaux vénéneux en lieu et place d’une ou deux pièces faiblardes, mais on a déjà largement de quoi goûter sans modération à ce disque inespéré et tout à fait délectable en l’état. Comme quoi, parfois, il faut savoir attendre...


 

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Très bon album
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Culte
Critique d'album

Dido


No Angel


Album de la semaine

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