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Critique d'album

Deftones


Ohms


(25/09/2020 - Reprise - Metal alternatif - Genre : Hard / Métal)
Produit par Terry Date, Deftones

1- Genesis / 2- Ceremony / 3- urantia / 4- Error / 5- The Spell of Mathematics / 6- Pompeji / 7- This Link Is Dead / 8- Radiant City / 9- Headless / 10- Ohms
Note de 5/5
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Note de 4.5/5 pour cet album
"Une remarquable synthèse servie par un son décapant. Un très grand disque."
Nicolas, le 02/11/2020
( mots)

2000. Après deux albums beaucoup plus bruts de décoffrage, Deftones sort son magnum opus, White Pony, considéré par beaucoup comme l’un des sommets indépassables de ce curieux courant musical aujourd’hui moribond qu’est (que fut ?) le nü métal, fruit de cette improbable alchimie entre les guitares ultra-distordues à la Meshuggah qu’affectionne Stephen Carpenter et la new wave des The Cure, Duran Duran et autres Bad Brain dont raffole Chino Moreno, lequel met dès lors un point d’honneur à tempérer ses hurlements par des phases chantées en apesanteur. Cette union des contraires permet au gang de Sacramento de survivre dignement alors que les Korn, Limp Bizkit, Incubus et autres Linkin Park mordent successivement la poussière, de gré ou de force. Vingt ans plus tard, que reste-t-il de la verve deftonienne, de cet entre-deux si saisissant, de cette bouillonnante association de talents ? Eh bien force est de constater que la machine infernale californienne fonctionne du feu de Dieu, et ce ne sont ni le précédent Gore, ni l’actuel Ohms qui viendront démentir cette affirmation, bien au contraire.


Malgré un artwork hideux - désolé, mais on n’a pas d’autres mots - qui n’a d’ailleurs rien à voir avec un hommage larvé au défunt Chi Cheng, ce neuvième album studio renoue avec tous les fondamentaux du groupe : les riffs abyssaux de Carpenter - qui a ajouté une neuvième corde à sa guitare ! - créent un contraste aux petits oignons avec les lignes synthétiques planantes de Frank Delgado, la voix mi-ange, mi-démon de Moreno se révèle aussi veloutée que de l’acide sulfurique, et la section rythmique se pose plus que jamais parmi les meilleures du marché, la basse punchy de Sergio Vega se disputant à la batterie surpuissante d’Abe Cunningham. Quand on a dit ça, on a tout dit, sans compter que l’inspiration de la fine équipe ne faiblit nullement. Notons néanmoins que Stephen Carpenter s’était montré peu satisfait du rendu sonore de Gore, jugé trop lisse et électronique, et qu’il avait à cœur de rectifier le tir en engageant Terry Date à la production, l’homme qui a couché sur bande les quatre premiers disques de Deftones. Ohms est donc le fruit de ce rééquilibrage sonore tout en poursuivant l’affinement de l’écriture de son prédécesseur. Et ça déboîte sévère.


“Genesis” donne le ton comme jamais. Ne vous fiez pas à l’introduction portée par ses synthés mystérieux : la brutalité des Californiens a tôt fait de s’exprimer entre hurlements furibards et gros riffs rebondissant comme des boules de bowling de mille tonnes, le tout servi par une production monstrueuse. Mais la mélodie a tôt fait de réapparaître, et voilà l’auditeur invité à naviguer entre passages à tabac sulfurisés et fermes massages revigorants. Tout Ohms pourrait ainsi se résumer par les mots “synthèse” et “équilibre”, un art poussé ici à son paroxysme au gré de compositions robustes qui offrent un beau panel du savoir-faire Deftones. Basse ourlée et guitare brûlante (“Ceremony”), rythmiques métalliques aussi majestueuses qu’ultra groovy (“Ceremony”, du grand art à la neuf cordes), maîtrise affolante de la dissonance ornementale au service d’une grande épopée post metal à la Cave In période Antenna (“Error”, une véritable leçon de composition), la bande à Chino réussit tout ce qu’elle entreprend, sans forcément toucher à l’idéale homogénéité de Gore, mais l’intention n’est visiblement pas la même : ici, il s’agit de montrer, voire de démontrer ses talents en se déportant le plus loin possible dans les deux extrêmes du spectre sonore. Ainsi, on passera d’un “The Spell Of Mathematics” lancinant, presque déchirant dans son pathos caressant et prolongé par une longue outro apaisée, à un “This Link Is Dead” hystérique, gueulé avec ire et souffrance, survolé par d’épatantes vrilles électriques oscillantes. Sans aucun doute l’un des Everest du disque - et du groupe, quoique “Radiant City” ne soit pas en reste avec son énergie débordante, ses motifs de guitare saccadés et son grand refrain en haute altitude. Synthèse, qu’on vous dit, un mot qu’incarne totalement le conclusif et éponyme “Ohms”, le mieux construit, le plus fédérateur, le plus rock, le plus colossal du lot, littéralement transporté par la voix précieuse, mi frêle, mi-pugnace, du chanteur en baggy qui aime tant à se recroqueviller sur scène pour expulser sa rage. Auparavant, on aura pu goûter à un peu de calme, voire de sérénité - et c’est assez rare chez Deftones, avec un “Headless” aiguillonné par une guitare piquée à l’impeccable distorsion et soutenu par de vibrantes nappes de clavier rassérénés.


Dès lors, on pardonnera un “Pompeji” peut-être pour le coup un peu trop contrasté (couplets un peu trop lascifs, refrains un peu trop âpres) et souffrant d’une coda ambient nettement trop longue qui casse grossièrement l’ensemble, parce qu’il n’y a là rien de rédhibitoire. Ohms ne peut que plaire aux fans tant il excelle sur tous les plans, et il dispose de sérieux atouts pour séduire la plupart des autres auditeurs, qu’ils soient des metal-heads ou pas. Que les plus sensibles d’entre vous ne se laissent pas effrayer par la violence - bien réelle au demeurant - du groupe mais qu’ils se laissent happer par la verve mélodique des Californiens : ils appréhenderont très vite le fantastique numéro d’équilibriste qui nous livre ici Deftones, définitivement bien plus qu’un vulgaire groupe de nü metal. Trente-deux ans après sa formation, le quintette de Sacramento n’a peut-être jamais été aussi pertinent dans le paysage musical actuel. Oui, vous avez bien lu, White Pony vient sans doute ici de trouver son maître. Autant dire qu’on se languit des années à venir.

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Commentaires
afterthegoldsrush, le 14/11/2020 à 15:37
Une vraie claque !! J'ai d'abord écouté 2-3 titres sur le net qui ne m'inspiraient guère, même si un étrange pressentiment me disait d'y revenir...Fan du groupe, j'ai fini par craquer me suis offert l'album...Une vraie claque ! Super bien produit, Deftones déroule son savoir faire et l'album défile à toute vitesse. Aucun titre faible. Je l'écoute toujours en boucle...Album de l'année ? Pour moi, ca y ressemble...
Maitre_muqueux, le 06/11/2020 à 14:32
White Pony n'est pas le meilleur album de Deftones loin de la , Around the fur est au sommet, suivi d'adrenaline? white Pony c'est 3/4 morceaux correct, loin d'être un chef d'oeuvre, cet album est sur estimé car il a bénéficié d'une grosse promo qui a permis à Deftones d'élargir son public
Sislas, le 26/09/2020 à 16:04
À ranger aux côtés de Around the Fur et White Pony dans les meilleurs albums du groupe. Un futur classique !
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