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Critique d'album

Deerhunter


Monomania


(06/05/2013 - 4AD - - Genre : Rock)
Produit par

1- Neon Junkyard / 2- Leather Jacket II / 3- The Missing / 4- Pensacola / 5- Dream Captain / 6- Blue Agent / 7- T.H.M. / 8- Sleepwalking / 9- Back To The Middle / 10- Monomania / 11- Nitebike / 12- Punk (La Vie Antérieure)
Note de 5/5
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Note de 4.0/5 pour cet album
"Deerhunter sort un album subversif, entre rock psyché, garage et pop."
Geoffrey, le 16/05/2013
( mots)

Quel choix judicieux pour Bradford Cox, le leader de Deerhunter, de nommer ce nouvel album par le nom d’une maladie psychologique : Monomania. Lui qui a dû faire face toute sa vie à la maladie (syndrome de Marfan qui lui donne le physique de l’emploi), l’abandon familial, très tôt dans sa jeunesse, ou la malchance chronique (il est l’auteur de la fuite malencontreuse sur internet d’un de ses précédents albums, 4 mois avant sa sortie). Bref : une vie passée à se lever du mauvais pied, mais une rage d’écrire qui se ressent dans ce disque tourmenté, teinté de rock psychédélique, de garage ou de shoegaze.

Sans rancune pour une vie peu souriante, Badford Cox fait preuve paradoxalement d’une certaine finesse de composition et d’interprétation presque enjouée qui ressort de ces titres. Un pied de nez musical qui interpelle, puisque beaucoup de titres sont plutôt positifs, entrainants, ou même dansants. Entre du tout-noisy ("Leaser Jacket II"), et une pop plus éclairée et accessible ("The missing" ou "THM"), chacun d’eux participe à la construction d’un disque complet et très bien produit capable de  marquer le genre. Mais plus qu’un simple disque sachant naviguer avec virtuosité entre rock et pop, ce qui attire dans ce Monomania, c’est la richesse dont fait preuve la production de l’intégralité des morceaux. Et si le rythme et la voix saturée rappellent The Strokes, c’est bien au-dessus que se hisse cet album, construit sur des arrangements bien plus subtils et ambitieux. 

On comprends ainsi mieux pourquoi le groupe lui-même qualifie ce disque de rock-nocturne. C’est sans doute pour mieux mettre en exergue cette drôle de dualité qu’on retrouve dans un garage-psyché ou une pop dérangée. Deerhunter semble alors appeler d’autres comparaisons, The Velvet Underground en tête. À l’intérieur de la discographie du groupe, Monomania se trouve en revanche plus complexe, et puisant un peu plus au cœur de la musique américaine que ne pouvait le faire Halcyon Digest, leur précédent album, et se délecte dans une parfaite cohérence subversive.

Il y a alors très peu de choses à reprocher à ce disque. De quoi presque souhaiter à Bradford Cox de continuer à vivre cette guigne qui lui colle à la peau : Deerhunter marche à ça, et de cette poisse, il n’en sort visiblement que du bon. Il y a finalement une justice, dans ce bas-monde ! 
 

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