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Critique d'album

Dead Can Dance


Anastasis


(09/08/2012 - PIAS - Dark Wave - Gothic - World - Genre : Autres)
Produit par

1- Children of the Sun / 2- Anabasis / 3- Agape / 4- Amnesia / 5- Kiko / 6- Opium / 7- Return of the She-King / 8- All in Good Time
Note de 5/5
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Note de 4.0/5 pour cet album
"Lisa Gerrard et Brendan Perry ressuscitent avec brio leur duo mythique"
Nicolas, le 28/11/2012
( mots)

Si certaines reformations sont souvent susceptibles de stimuler les fantasmes les plus délirants, la retour du duo Brendan Perry - Lisa Gerrard, annoncé mi-2011, n’a pas manqué de susciter de nombreuses interrogations. Alors que l’histoire de Dead Can Dance s’était achevée avec une certaine amertume en 1997 et qu’une ultime tournée, qualifiée elle-même de "tournée d’adieu" par les intéressés, avait mis un point final à ce groupe mythique en 2005, cette soudaine résurrection ne semblait pas aussi catholique qu’elle en avait l’air. Certaines mauvaises langues avaient même été jusqu’à suggérer que Perry avait fortement poussé son ex-compagne à adhérer à ce projet en raison de gros problèmes financiers, grief que l’on ne pouvait décemment porter au crédit de Gerrard qui, elle, jouissait - et jouit encore - d’une carrière solo de renommée internationale, notamment par le biais de nombreuses bandes originales de film (la voix de Gladiator, BO composée par Hans Zimmer, c’était elle). Néanmoins, la volonté du duo de perdurer au delà du live et d’enregistrer cette fois-ci un nouvel album ne pouvait que déclencher une certaine fébrilité chez tous les nostalgiques de la mort dansante.

En tout cas, Dead Can Dance ne pouvait trouver un meilleur patronyme pour le disque de son grand retour, Anastasis signifiant littéralement "résurrection" en grec ancien. Seize années se sont écoulées depuis Spiritchaser, mais à peine la galette est-elle introduite dans le lecteur CD que l’on ne peut que se rendre à l’évidence : tout comme la musique du couple Perry-Gerrard se révèle intemporelle, cette grosse décennie d’inactivité semble n’avoir eu aucune emprise sur l’alchimie qui lie le baryton à la contre-alto. Ce neuvième album nous entraîne ainsi une nouvelle fois dans un autre univers, quelque part au sein d’une dimension parallèle perdue entre la Grèce antique et la Perse, à la croisée des chemins entre un Orient et un Occident perclus de mythes et de magie. Les influences de la musique arabe, chère à Lisa Gerrard, se font ici très nettement sentir sur les morceaux dont elle a la charge, tandis que Perry assoit toujours avec un réel talent son immense culture de la pop music, réalisant une sorte de cold wave habitée par une incommensurable profondeur spirituelle.

Certaines pièces de ce disque révèlent très vite un immense pouvoir d’attraction après un "Children Of The Sun" soucieux de trop bien faire, on pensera notamment au duo "Anabasis" - "Agape" porté à bout de bras par les psalmodies orientales de la cantatrice Gerrard, toujours aussi éblouissante dans son écrin de dulcimer métallique et de violons du désert. Plus loin, "Kiko" pousse encore plus loin ce voyage en terres arabes en faisant basculer le morceau dans des enchantements de cordes et de synthétiseurs hypnotisants : un morceau proprement grisant encore rehaussé par la beauté irréelle de ses percussions ethniques. Mais le ténébreux Perry n’est pas en reste, car il livre avec "Amnesia" et "Opium" deux morceaux terriblement poignants, l’un au rythme claqué des cordes de la mandoline médiévale de sa comparse et d’un piano enjôleur, l’autre engoncé dans le stupre de ses violons et de ses trompettes lointaines. Du Dead Can Dance de très, très haut niveau, lent, onirique, majestueux, bref : un sans faute. Dommage que l’on ne puisse en dire autant des deux derniers morceaux qui, loin d’être indigents, ne s’avèrent pas aussi indispensables. "Return Of The She King", lente marche au son d’une cornemuse altière, démontre par l’absurde que les deux compères, bien que possédant chacun une voix sublime, ne parviennent pas à engendrer des duos parfaitement en phase, tandis que le terminal "All In Good Time", ode morphinique hébétée, pèche peut-être par un peu trop de facilité mélodique.

Cinq morceaux absolument brillants, trois autres de bonne tenue : contrat rempli pour Dead Can Dance qui réalise ici une résurrection incontestablement réussie. Puisque le groupe reste toujours aussi peu lié au milieu rock, vous excuserez l’absence d’albums amis sous cette chronique, même si, dans le cas où ce disque parvienne à vous transporter, on vous conseille fortement l’écoute recueillie d’une autre grande oeuvre folk-arabique, le splendide Book Of Secrets de Loreena McKennit qui partage avec Anastasis d’indéniables similitudes (pour tout dire, An Ancient Muse, l’album qui lui fait suite, reste dans la même veine, mais la matière n'y est plus aussi  irrésistible). Et même si Perry et Gerrard se séparent de nouveau après ça, personne ne pourra plus jamais nier l’évidence : la musique de Dead Can Dance est immortelle, et en un sens, jamais un groupe n’a aussi bien porté son nom.

 

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