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Critique d'album

Compilation Stoner


Psychotic Reactions


(30/07/2010 - Head Records - Stoner rock - Genre : Rock)
Produit par

1- Carmino Del Oeste (DISPENSER THE DISPENSER) / 2- After Life Servant (KUBOTA) / 3- Secret Of Trantor (THE ENTERPRISE) / 4- Brotherhood (LOS DISIDIENTES DEL SUCIO MOTEL) / 5- Like Cocaine (MUDWEISER) / 6- Sounds Of The Katana (RESCUE RANGERS) / 7- Circus Blues (LOADING DATA) / 8- Time To Eat (STONY BROKE) / 9- Without A Word (CAFE FLESH) / 10- Carburetor Dung (ÖFÖ AM) / 11- Man's Ruin (GRANIT 665) / 12- Dark Side Of The Blues (ALCOHSONIC) / 13- She's A Witch (JUNKYARD BIRDS) / 14- Héééééééééééé!!! (SUPERBEATNIK) / 15- Go Through Walls (DISMO) / 16- Dauerfire (VOXSON) / 17- Strong Reflection (MARS RED SKY) / 18- Snake Plissken (I Thought You Were Dead) (TREASURE CAT) / 19- Show Me Your Teeth (YEAR LONG DISASTER) / 20- Forty Two (KARMA TO BURN)
Note de 4/5
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Note de 3.0/5 pour cet album
"Une compilation de stoner rock français ? Alléchante initiative..."
Maxime, le 06/10/2010
( mots)

Considérant froidement la situation actuelle du stoner hexagonal, qui est un peu une vallée de larmes même si l’on constate quelques soubresauts prometteurs que l’on reste déterminé à défendre sur Albumrock, il n’y a au fond que deux types de réactions possibles. Enregistrer avec détachement le fait que la messe est dite, et qu’en dehors de quelques initiés, une possible scène française se trouve condamnée à vivoter de façon marginale et éclatée. C’est aussi lucide que décourageant, et cela a surtout le mérite de ne pas s’exposer aux affres de la déception. Ou bien on peut retrousser ses manches, mettre les mains dans le cambouis et essayer, à son petit niveau, d’inverser la tendance. C’est aussi courageux que risqué. Voilà pourtant le pari audacieux qu’a tenté Kryïss, bassiste de ÖfÖ Am. Désirant mettre en lumière quelques nocifs activistes de la cause qu’il a pu croiser avec son groupe à l’occasion de concerts montés au débauché ou côtoyer sur la toile, le lascar s’est lancé avec témérité dans la confection d’une compilation fixant sur une poignée de sillons digitaux ces quelques rencontres fortuites. Comme un mercenaire à l’assaut d’une cause sans garantie de rétribution massive. Quelques mails plus tard, une cohorte de formations plus ou moins obscures répond à l’appel, tout comme ses potes de Karma To Burn, ravis d’être les parrains de l’aventure, ainsi que le label Head Records, bien inspiré de participer au projet. Envisagée au départ sur deux disques, c’est finalement sous la forme d’une galette farcie aux ras bords de 20 titres que la chose se concrétise au début de l’été dernier. Johan Jaccob (guitariste de Glowsun) offre un superbe artwork en guise d’écrin. Le Klub, antre parisienne bien connue des amateurs de rock underground, ouvrit les portes de son repaire à quelques combos de la compilation pour une journée de concert où amour du riff kilotonnique et de la boisson houblonneuse régnèrent jusqu’à la tombée de la nuit (Psychotic Reactions Fest du 27 juin).

On l’aura deviné, Psychotic Reactions n’a ni l’ambition marketing d’un Burn One Up! Music For Stoners qui baptisa pourtant le mouvement, ni l’aspect catalogue qu’ont les florilèges proposés par les labels spécialisés (Small Stone, Buzzville, Meteor City…). Cette compilation prend surtout les traits d’une farouche déclaration d’existence, et une occasion pour quelques cellules isolées, ici à Paris, là à Montpellier, de se fédérer autour d’un projet commun. Le disque aligne ainsi 17 protagonistes affûtés, méchamment rangés derrière les godfathers américains (Karma To Burn, Year Long Disaster et Treasure Cat livrent chacun en fin de parcours un extrait de leur dernière production en date), partageant ensemble une certaine vision du rock, un rock aux guitares viriles bien décidé à délivrer sa portion de décibels et de stupre. Primaire, bestial, et fier de l’être. Une écoute lapidaire en guise d’introduction dresse ce premier constat : ceux qui pensent se trouver face à 17 clones de Kyuss en auront pour leurs frais. Du golem de Palm Desert par qui tout est arrivé, point de trace ici, ou si peu. On peut remarquer quelques fricotages avec les Queens Of The Stone Age ou une poignée de flirts poussés avec Fu Manchu ou Unida, mais dans l’ensemble, c’est plutôt du côté des speadfreaks de Mötörhead que des riffs plombés de Black Sabbath que l’équipage a puisé son inspiration. Un rapide portrait du stoner à la french s’esquisse donc de pistes en pistes, moins vintage et métallique que le suédois, moins heavy et psychédélique que l’américain, un stoner qui aurait surtout conservé du genre son approche frontale, no bullshit, gavée de guitares crasses fonçant droit à l’essentiel.

Il serait séduisant mais fastidieux de proposer un track by track pour rendre compte de l’affaire. Soyons donc efficaces en opérant une rapide typologie, en distinguant d’emblée les confirmations, soient les groupes que nous avons déjà pu traiter dans nos colonnes. Loading Data et Rescue Rangers défendent toujours leur position de chouchous avec leur morceau issu de leur dernier opus, l’un comme un émule dévoyé du QOTSA des années 90, l’autre en tant que pourvoyeur d’un stoner carré et mélodique. Mudweiser offre un inédit avec "Like Cocaine", exemple parfait de la synthèse Clutch/heavy rock sudiste proposée par le combo montpelliérain, tout comme Alcohsonic qui avec son "Dark Side Of The Blues" approfondit sa veine blues/seventies à coups de duels grisants de solos de guitare et d’harmonica. Ceux qui voudront les entendre faire parler la poudre devront par contre plutôt se tourner vers leur album.

Vient ensuite le tour des révélations, au premier rang desquels nous placerons Los Disidentes Del Sucio Motel dont nous avons pu apprécier le jeu de scène détonnant au Klub (séances de headbanging à s’en faire péter les cervicales à prévoir sur "Brotherhood"), ÖfÖ Am, stoner instrumental quelque part entre Karma To Burn (avec lesquels ils ont partagé un split) et les échauffourées barrées des premières Desert Sessions (riffs mégatonniques et carburateurs flingués le long d’un "Carburetor Dung" à en friser les moustaches de Lester Bangs) et Mars Red Sky ("Strong Reflection", bel exercice de doom cosmique). Il nous faudra garder un œil sur ces jeunes gens. Dans leur sillage, Dispenser The Dispenser accroche l’oreille avec son "Camino Del Oeste" pétaradant entre la power pop musclée de Foo Fighters et les synthés kitsch de Devo, sans pour autant dépasser leurs collègues de 7 Weeks, plus talentueux sur ce genre de créneau.

Enfin, comme toute compilation, Psychotic Reactions charrie son lot de pistes dispensables. Il n’est pas tant ici question de médiocrité (même si The Enterprise offre un titre trop court et répétitif et Stony Broke se disqualifie d’office en raison d’un chant tout simplement abominable) que de l’inévitable caractère fourre-tout d’une compile montée entre potes. Fatalement, le noise rock de Café Flesh (entre Fugazi et Mr Bungle), le binaire braillard et brouillon de Superbeatnik, le trash débraillé de Dismo ponctué de cris vomitifs et le metal instrumental peu inspiré de Voxson ne semblent devoir leur présence sur le tracklisting qu’en raison de leur affinité avec l’instigateur de la galette ou du label qui l’a édité. On jouera notre rôle ingrat de rabat-joie (parce que c’est un peu notre boulot aussi) jusqu’au bout en proposant une liste de groupes dont la présence aurait été indispensable pour donner une vision ample et plus exhaustive de la scène stoner française : Glowsun (qui n’a pu figurer sur la compilation à cause de problèmes avec la SACEM), 7 Weeks, Zoe, Bud Spencer’s Cloud, Bukowski, Die On Monday, Hangman’s Chair, Waterpipe Cult, Royal Bubble Orchestra ou encore A Tijuana Trip. Mais le but de l’entreprise n’était après tout pas d’engendrer le manifeste heavy rock franchouillard ultime, juste forger un bel objet en alignant les amis et les bonnes volontés pour décrasser les esgourdes des ignorants et déciller les yeux des indécis. Belle initiative, qu’on ne peut que saluer.

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Black Mountain


Destroyer


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Cela vous aura peut-être échappé, mais Black Mountain a discrètement rendu l’âme il y a de cela un peu plus de deux ans. Oh, rien d’aussi dramatique qu’un split avec tambours et trompettes, rien qu’un départ en catimini, celui du couple Amber Webber - Joshua Wells à qui l’on doit le sémillant projet alternatif Lightning Dust, dont on attend par là même un nouvel album très bientôt. Sans annonce, communiqué ni explications, alors que les canadiens venaient d’écoper de leur plus beau succès critique avec leur magnifique IV. Bien sûr, les choses sont loin d’être aussi simples, et la note accordée à ce Destroyer vient d’ailleurs démentir la sentence prononcée en début de paragraphe. Néanmoins, une page se tourne, et autant on oubliera sans doute assez facilement le cogneur Wells - remplacé poste pour poste par Adam Bulgasem, autant il sera bien plus ardu de faire abstraction du chant mystique de Webber qui nous laissera à jamais orphelins.

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