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Critique d'album

Chelsea Wolfe


Abyss


(07/08/2015 - Sargent House - Néofolk - Genre : Rock)
Produit par John Congleton

1- Carrion Flowers / 2- Iron Moon / 3- Dragged Out / 4- Maw / 5- Grey Days / 6- After the Fall / 7- Crazy Love / 8- Simple Death / 9- Survive / 10- Color of Blood / 11- The Abyss
Note de 5/5
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Note de 4.5/5 pour cet album
"Une abyssale plongée dans l'inconscient d'une artiste majeure !"
Marc, le 07/08/2015
( mots)

Si l'extrême timidité et autres troubles handicapants chez certains artistes sont légion, ceux éprouvés par Chelsea Wolfe ont longtemps remis en question le fait qu'elle se lance corps et âme dans sa passion. Malgré un père musicien et des chansons écrites dès l'âge de neuf ans, elle ne s'y est enfin abandonnée qu'il y a près d'une décennie en commençant à jouer avec un voile sur scène, incapable de montrer son visage en raison de son trac extrême. Cela n'a toutefois pas empêché ses compositions d'être unanimement saluées par les médias internationaux dès son deuxième album, Apokalypsis (2011). Chemin faisant, sans révéler autre chose que sa musique mais en ôtant tout de même le voile, la révélation néofolk s'est muée en tête d'affiche. Après avoir signé avec Sargent House, aux côtés de groupes comme Wovenhand ou Russian Circles, et réalisé Pain Is Beauty (2013), la voici mise en lumière, ou plus exactement en clair-obscur, avec Abyss, son cinquième opus.

Son néofolk est toujours d'actualité mais on y découvre surtout une nouvelle trame, parfaitement tissée, composée de couches denses de guitares, quasi metal, appuyées par une rythmique électro, tandis que la voix fragile de Chelsea Wolfe accompagne des mélodies tout aussi infectieuses que désarmantes, laissant filtrer juste assez de lumière pour compenser le poids de l'obscurité. "Mon approche de l'album était chaude et brumeuse, celle du producteur John Congleton (St-Vincent, Swans) était beaucoup plus froide. C'est probablement l'une des raisons qui a fait que cet album semble si différent des autres."

Abyss s'écoute avec le mantra du styliste japonais Yohji Yamamoto en tête : "La perfection est laide. Quelque part dans les choses que font les humains, je veux voir les cicatrices, l'échec, le désordre, la distorsion..." Dans les faits, cet opus n'est autre qu'une orchestration dynamique et ténébreuse qui laisse entendre la lutte personnelle et tumultueuse de Chelsea Wolfe avec ses rêves et contre son anxiété due à une forme inquiétante de la paralysie du sommeil. "Quand cela a commencé à se produire, je criais parce que je pensais qu'il y avait une vraie personne dans ma chambre, se déplaçant vers moi." Mais elle ne s'était jamais épanchée sur ce sujet avant aujourd'hui : "J'ai longtemps pensé que cela arrivait à tout le monde."

Pour interpréter cette sorte de transe nocturne Chelsea Wolfe nous embarque dans un tourbillon de guitares, de tambours, rehaussé ici ou là par un alto joué par Ezra Buchla. Les trois premières chansons sonnent lourdement comme les entrailles de l'enfer, on y entend notamment le son distinctif du guitariste Mike Sullivan de Russian Circles. "Iron Moon" en est la plus brillante, parcourue de montagnes russes, entre la lumière et le chaos, les moments de grâce susurrés par la voix de Chelsa Wolfe s'effacent et reprennent vie devant la pesanteur d'un mur de guitare martelé par une batterie. Cette dernière se fait enfin plus délicate dans les morceaux suivants, où l'on y retrouve les mélodies rugueuses qui ont marqué les albums précédents. "Grey Days", construite autour d'une boucle rythmique et hantée par le son lancinant d'un alto, est une berceuse douloureuse avec des distorsions brutales et vaporeuses. La voix de tête de Chelsea Wolfe, qu'elle soit douce ou hurlante, apparaît alors comme étant l'exutoire idéal à la tension musicale exposée dans cet Abyss. Au coeur de cette démoniaque dichotomie, "Crazy Love", guitare acoustique escortée d'un alto, sonne presque comme un joli rêve. Mais c'est dans "Survive", quand le chant de Chelsea Wolfe se met sublimement en danger pour accompagner une mélodie entêtante à la guitare avant qu'une nappe électrique ne vienne les envelopper et que le tout n'explose en une fin tellurique que cet opus atteint son paroxysme !

Une fois sorti de cette abyssale plongée dans l'inconscient de Chelsea Wolfe on réalise pleinement qu'elle vient de nous dévoiler son oeuvre majeure. "Je fais de la musique émotionnelle pour que certaines personnes s'y connectent à un niveau profond. Mon idée de la perfection d'une chanson : lorsque vous l'écoutez au casque vous devez la sentir tourbillonner autour de vous." A l'évidence, Chelsea Wolfe a puisé au plus profond d'elle-même pour réussir à partager toutes ses intentions avec un indéniable talent. Suivez son conseil, mettez votre casque et n'ayez surtout pas peur d'atteindre une certaine profondeur !

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