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Critique d'album

Blackfield


V


(10/02/2017 - Kscope - Rock lyrique Wilsonien - Genre : Pop Rock)
Produit par Aviv Geffen, Steven Wilson, Alan Parsons

1- A Drop in the Ocean / 2- Family Man / 3- How Was Your Ride? / 4- We'll Never Be Apart / 5- Sorrys / 6- Life Is An Ocean / 7- Lately / 8- October / 9- The Jackal / 10- Salt Water / 11- Undercover Heart / 12- Lonely Soul / 13- From 44 To 48
Note de 3.5/5
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Note de 3.5/5 pour cet album
"Le retour de la paire Wilson-Geffen, quoique réussi, n'est pas aussi bon qu'escompté"
Nicolas, le 23/02/2017
( mots)

Affirmer que ce cinquième jet de la paire Wilson-Geffen était bigrement attendu relève de l’euphémisme le plus crasse. D’abord parce que Blackfield s’est fendu, il y a dix ans de cela déjà, d’un duo d’albums saisissants, ayant réussi à capter le particularisme stylistique de Steven Wilson tout en le rendant accessible et en le couplant avec la vision plus affectueuse, plus optimiste d’Aviv Geffen. Blackfield et Blackfield II sont d’authentiques réussites, ce qui rend d’autant plus contrariant les deux disques suivants, Welcome To My D.N.A. et IV, délaissés par l’anglais (réduit à un simple rôle de guest) et trop asservis à la verve lyrique de l’israélien qui, bien que ne déméritant pas totalement, a peiné à insuffler l’identité propre du projet dans ces quasi-disques solo, même si la présence d’invités sur le n°4 a pu éviter une sortie de route par trop voyante. Ainsi, en apprenant que Wilson se réinvestissait vraiment dans ce vieux side-project, qu’il reprenait sa place à l’écriture et au micro, et plus encore qu’il avait invité le grand Alan Parsons à se joindre aux festivités, on ne pouvait que se montrer positivement enthousiastes.


Sauf que. Il existe certainement un écueil à trop vouloir communiquer autour d’un album, comme d’ailleurs à ne pas communiquer du tout. Sans doute la déception ressentie à l’égard de Welcome To My D.N.A. n’aurait-elle pas été aussi grande si Wilson avait clairement annoncé qu’il se mettait en retrait de Blackfield. Inversement, la nette tolérance exprimée à l’égard du IV ne se serait sans doute pas manifestée à un tel stade si ce même Wilson n’avait pas prévenu dès le début qu’il ne s’impliquerait pas dans le processus. Ainsi, les photos postées sur Facebook, mettant en scène les deux compères enfin réunis en studio autour d’une légende du rock progressif, ne pouvaient que mettre l’eau à la bouche, un peu trop sans doute, faisant croire à l’élaboration d’un disque au moins aussi bon que ses deux illustres modèles, et même meilleur. Là-dessus arrive un retard de sortie dans les bacs de trois mois qui ne fait qu’accroître l’attente et l’envie de l’auditeur, lequel ne peut dès lors que baver sur le magnifique artwork océanique du disque - fil marin voulu comme conducteur de l’écriture - et le maigre teaser dévoilés en guise d’amuse-gueule. C’est donc en essayant de faire abstraction de ce contexte très particulier que les lignes suivantes ont été écrites, ce qui n’est pas une mince affaire.


Ce qui est certain, c’est que ce V est enfin le vrai successeur de I et de II, il n’y a pas à tergiverser. Ce qui avait séduit, entre autres, sur ces deux pièces d’orfèvre, c’était l’alchimie qui se dégageait du duo, leur capacité à mêler voix et songwriting en une entité presque unique, la force émotive qui se dégageait de leurs compositions. Ici, le cahier des charges est rempli : Wilson et Geffen se partagent les lead vocals et les chœurs - quand ils n’alternent pas les interventions au gré d’un même morceau -, la chaleur douce-amère de l’écriture est manifeste, l’enrobage art-rock fait de grattes électriques douces et d’arrangements orchestraux chatoie comme au premier jour. Par ailleurs, cela faisait presque dix ans que nous n’avions plus entendu le jeu soliste très particulier de Wilson à guitare, et même si l’homme n’est pas connu pour être un cador instrumental (techniquement parlant), être à nouveau témoin de son toucher de corde possède quelque chose de grisant. Là-dessus, Blackfield reste maître de son terrain de chasse et ne s’essaie pas à explorer des voies excessivement atypiques, exception faite d’un “Lonely Soul” très (trop) léger et typé indie pop qui jure - mais pas trop - avec l’ensemble.


En revanche, il y a comme une demi-arnaque à nous vendre cette dream team. Quand on regarde les crédits des titres, on constate que, sur douze pièces, Steven Wilson en a écrit une (l’autobiographique et chargée d’émotions “From 44 To 48”) et a collaboré avec Aviv Geffen sur deux autres (“A Drop In The Ocean” et “Life Is An Ocean”). Idem, Alan Parsons n’a produit que trois morceaux, et à l’écoute du disque, on est bien incapable de reconnaître sa touche personnelle. Nuançons tout de même cette affirmation : c’est l’osmose formelle du chant qui fait le sel de cette collaboration, et cette osmose est bel et bien présente (ce qui n’était pas le cas Welcome To My D.N.A. et IV). De plus, n’oublions pas que Geffen a composé seul huit titres sur dix de l’opus numéro un, et sept sur dix du numéro deux. C’est à lui que l’on doit “The Hole In Me”, “Hello”, “Where Is My Love?”, “End Of The World”. Là où Wilson a manqué à Blackfield sur les deux derniers opus, c’est dans sa touche vocale, sa sensibilité en termes d’arrangements des chœurs, son apport instrumental. En clair, V ne trahit nullement l’esprit originel du projet anglo-israélien.


Et c’est là qu’on en arrive au bout du compte : non, cet album n’est pas aussi incontestable qu’escompté, et c’en quelque part assez inexplicable. On y trouve pourtant des morceaux splendides comme “Family Man” aux couplets tendus et aux refrains irradiant de lumière (superbe apport de l’orchestre au passage, simple mais racé et percutant), “How Was Your Ride”, tout en voix habitée du sieur Wilson et nappes instrumentales réconfortantes, “Lately”, frontal, rugueux et catchy à souhait, ou encore “Undercover Heart” doté d’une mélodie remarquable et superbement portée par la voix grave et chevrotante d’Aviv Geffen. Ces quatre morceaux sont à la hauteur, indéniablement, et même plus. Mais il y a comme un manque de liant, de cohérence, dans le reste de l’album. Déjà treize titres c’est long, de fait les deux instrumentaux (“A Drop In The Ocean” et “Salt Water”), même agréables, ne s’imposaient-ils probablement pas. D’autres morceaux, plus recueillis, manquent de matière : “Sorrys” vaut essentiellement par ses trop rares choeurs et aurait gagné à une instrumentation plus étoffée qu’une simple guitare sèche, “Life Is An Ocean” ne décolle jamais vocalement, et le piano-voix-orchestre de Wilson se révèle à l’inverse un peu trop appuyé et surjoué sur “October”, l’anglais n’étant pas ce que l’on pourrait qualifier un grand chanteur et se révélant bien plus convainquant dans l’épure - à ce titre, la fin du morceau est autrement plus réussie que son entame.


Ajoutons à cela la bizarrerie formelle de “Lonely Soul” mais aussi le riff plan plan de “The Jackal” - titre qui aurait pu être vraiment sublime sans cela - et l’écriture en berne de “We’ll Never Be Apart”, et on en arrive à un disque vraiment intéressant, certes, mais qui ne parvient pas à nous embarquer aussi bien que ses deux références. Blackfield V gagne cependant à être redécouvert à froid, loin des montagnes qu’il nous faisait miroiter, loin de l’agitation médiatique, une fois digérée l’attente et la passion. Car si les quelques lignes ci-dessus peuvent sembler bien sévères, c’est que l’on sait les deux hommes capables de faire bien mieux, d’autant qu’elles ne doivent pas éclipser une réussite formelle qui demeure, toutes considérations de fan-boy mises à part, incontestable, en témoigne la note attribuée. À bon entendeur, et d’ailleurs, le disque se bonifie très largement au fil des écoutes. Il ne tient donc qu’à vous de vous laisser tenter par l’expérience et de vous plonger avec délices dans les méandres vaporeux de la musique habitée de Blackfield. Un duo qui, avouons-le tout de même, nous avait sacrément manqué.

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