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Critique d'album

Black Lips


200 Million Thousand


(16/03/2009 - Vice Records - Garage Rock - Genre : Rock)
Produit par

1- Take My Heart / 2- Drugs / 3- Starting Over / 4- Let It Grow / 5- Trapped In A Basement / 6- Short Fuse / 7- I'll Be With You / 8- Big Black Bbay Jesus Of Today / 9- Again & Again / 10- Old Man / 11- The Drop I Hold / 12- Body Combat / 13- Elijah / 14- I Saw God
Note de 3/5
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Note de 3.5/5 pour cet album
"Les Black Lips continuent d'honorer le garage avec un irrespect salvateur."
Maxime, le 20/06/2009
( mots)

Il y a ceux qui n’ont pas de talent (ou si peu) et qui misent tout sur la production et l’emballage pour paraître bons. Et il y a ceux qui ont du talent et qui font tout pour paraître mauvais. Groupe à placer immédiatement dans la seconde catégorie, les Black Lips d’Atlanta, quatre jeunes frappes à l’haleine vomiteuse ayant commis jusqu’ici quatre albums de garage erratique et brinquebalant. On parle de spectateurs aspergés de pisse et de vomi, d’expulsions de territoire, de scandales sous narcotiques. Une réputation de déjantés compulsifs qui aurait tendance à minimiser le relatif sérieux à accorder à leur flower punk. Car qui a écouté le vivifiant Good Bad Not Evil sorti en 2007 sait que ces gars-là savent écrire d’excellentes chansons qu’ils viendront toujours foutre en l’air à le dernière minute. Inutile donc d’aller leur conseiller d’aller se dégoter le producteur des Hives pour lisser un peu le truc et de monter un budget video-clip conséquent pour les mettre sur orbite sous peine de se voir reçu à coup de tessons de bouteille.

Fidèle à ses prédécesseurs, 200 Million Thousand comporte ainsi son lot de titres mal joués, mal chantés, mal produits, dissimulant derrière un écrin crasseux une bonne demi-douzaine de plages pas piquées des chacals. Comme si, en matière de garage rock, l’approximation, le ratage, la médiocrité n’étaient pas un symptôme mais la composante essentielle du genre, son geste esthétique le plus fondamental. Les Black Lips ne sont pas pour autant des puristes acharnés. Au jeu de la prosternation devant les icônes du genre, ils préfèrent largement tirer le tapis, crachant à la figure des Kinks ("Body Combat"), parodiant le "Waiting For My Man" du Velvet en jouant les trisomiques ("Starting Over"), mâchouillant le hip-hop comme un vieux chewing-gum usé ("The Drop I Hold"), singeant le Count Five, une serpillère en guise de cape et un peu de ketchup sur les lèvres ("Old Man"), avec un sens de la gaudriole nourrie aux hallucinogènes qui n’est pas sans rappeler le 13th Floor Elevator parti en roue libre. Et pourtant, comme d’habitude, le combo accuse quelques lumineuses fulgurances. "Again & Again" est le type même de rengaine débile braillée à tue-tête qu’on ne peut s’empêcher de reprendre bêtement à l’unisson en gesticulant comme pris d’une crise de delirium tremens. Lorsque l’heure viendra de jouer les Lenny Kaye des années 2000, il ne faudra pas non plus oublier le parfait "Short Fuse", candidat idéal pour les compilations Nuggets du nouveau millénaire, à moins de le prendre pour une outtake du volume original.

Particularité de ce cinquième opus : il se distille une ambiance psychédélique sombre sur la moitié des plages, à la frontière ténue entre l’éclat de rire et le cri de terreur. "Let It Grow" rampe sur sa fuzz malingre jusqu’aux bords de l’épuisement, "Trapped In The Basement" grince dans l’ombre du placard à chaussettes, "Elijah" se barre en bad trip, affalé sur la moquette, l’esprit définitivement parti en vrille. Un Lux Interior fraichement cané aurait-il hanté pendant quelques nuits le studio moisi des musiciens ? Pas sûr que ces illuminés aient vu la lumière lorsqu’ils glapissent "j’ai vu Dieu" dans une reverb crapoteuse. Aussi jouissifs que décourageants, profanant et honorant dans un même élan ce grand mausolée désolé qu’est le Rock’n’roll, les Black Lips tracent leur route à leur manière. De traviole. Et de préférence le plus près possible du caniveau.

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