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Critique d'album

Architects


All Our Gods Abandoned Us


(27/05/2016 - Epitath - Metalcore - Genre : Hard / Métal)
Produit par Henrik Udd, Fredrik Nordström

1- Nihilist / 2- Deathwish / 3- Phantom Fear / 4- Downfall / 5- Gone With The Wind / 6- The Empty Hourglass / 7- A Match Made In Heaven / 8- Gravity / 9- All Love Is Lost / 10- From The Wilderness / 11- Memento Mori / 12- Silver Bullet (Bonus Track)
Note de 5/5
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Note de 3.5/5 pour cet album
"Totalement désespéré. Aucunement désespérant."
Etienne, le 16/06/2016
( mots)

A peine annoncé, ce septième album d'Architects avait déjà une saveur particulière. Déjà car il succède à l'excellent Lost Forever // Lost Together, album d'ores et déjà culte des britanniques. Ensuite car il fait suite à une tournée européenne tout bonnement dantesque partagée avec Thy Art Is Murder et les maîtres du genre, Parkway Drive. Enfin, car le superbe visuel et le titre brisé de cet album, All Our Gods Have Abandoned Us, avait tout pour magnifier la tristesse viscérale d'un groupe torturé. Autant dire que l'aube de cette sortie, Architects n'a jamais autant visé les sommets.


Pourtant, la première écoute de la dite-galette fut contrastée. Impossible d'en ressortir une impression claire. Toute la maîtrise habituelle du groupe semblait s'être évanouie dans un torrent d'expérimentations électroniques pas vraiment assumées, condamnant All Our Gods Have Abandoned Us à une déception aussi grande que les espoirs placés en ce nouvel album. La raison est simple: ce nouveau disque est d'une puissance titanesque qu'il est bien difficile, pour ne pas dire impossible, d'apprivoiser au premier coup d'oreille. Même au deuxième d'ailleurs.


Historiquement, Architects n'a jamais été un modèle de canalisation d'énergie. Si à chaque album le pas supplémentaire vers un contrôle accru était franchi avec brio, il est cette fois question d'une complète évolution. D'une déviation même. Sans renier l'amorce massive de ses morceaux, All Our Gods Have Abandoned Us prend la tangente direction un obscur univers condamné.


"We are beggars
We are so fucking weak
And once upon a time we had the world at our feet
Well, we're all dying to meet our maker
But all our Gods have abandoned us"


"Nous sommes des mendiants
Nous sommes des putains de faibles
Et il était une fois où nous avions le monde à nos pieds
Nous mourrons tous pour rencontrer notre créateur
Mais tous nos Dieux nous ont abandonné"


("Nihilist'")


L'espoir perdu d'un monde aux abois hante All Our Gods Have Abandoned Us de la première note à la dernière, avec une constance et une justesse admirables. Les propos de Sam Carter, bien que d'une noirceur viscérale, effleurent chaque parcelle de peau pour provoquer ce frisson timide et intime. Hurlés avec pudeur, susurrés avec hargne, le chanteur joue sur les paradoxes et conte les histoires fantomatiques alternativement avec vigueur ("Deathwish") puis accablement ("Gone In The Wind"). Les quelques décrochés en voix claire présents sur ce dernier titre transmettent à eux seuls l'intégralité du mal-être de Carter, lui qui déclarait encore récemment que "l'homme est le cancer de la planète". Avec All Our Gods Have Abandoned Us, il semble enfin combler le long voyage initiatique qui l'a mené à son album le plus tourmenté. Tourments qu'il raconte et exploite à merveille pour gêner et déranger son auditoire.


Car onze titres durant, c'est un tableau d'apocalypse qui est dépeint par Architects. La mort ("Deathwish"), la chute ("Downfall", "Gravity"), l'absence ("Gone With The Wind") ou encore la terreur ("Phantom Fear"), tout y passe ou presque. L'angoisse est permanente et le metalcore titanesque des anglais n'aide pas calmer les esprits. Accolés, acculés, nous autres pauvres condamnés errons difficilement sur la planète que nous tuons alors même que le soleil a revêtu son habit blanc le plus glacial, laissant sa douce chaleur salvatrice à l'état de souvenir. Voilà le message délivré par Architects tout le long d'All Our Gods Have Abandoned Us. Et s'il est à ce point entendu, c'est bien parce qu'il est impeccablement mis en musique.


Le quintette de Brighton livre ici un album complexe, certainement le plus travaillé de toute sa discographie. De nombreuses couches sonores se superposent à des fins de création d'ambiances corpulentes. Des guitares tranchantes répondent à des arpèges beaucoup plus aériens et des claviers nébuleux, presque stellaires qui confinent au lâcher-prise le plus total. Ces expérimentations électroniques poussées auraient pu mettre Architects en délicatesse avec son habituel répertoire bourru et abrasif. Mais c'est mal connaître les acharnés que sont les frères Searle (Tom à la guitare et Dan à la batterie) qui explorent des voies audacieuses sans renier leur base guerrière.


L'intégration subtile de claviers en arrière-plan intensifie la mélancolie notoire de l'album ("Gone With The Wind", "All Love Is Lost", "Deathwish") et se veut même parfois prépondérante ("The Empty Hourglass", "From The Wilderness"). La cohabitation des genres est suffisamment subtile pour ne pas dérouter les fidèles outre-mesure et suffisamment habile pour réjouir les sceptiques. Sans compter qu'Architects livre quand même quelques morceaux colossaux dont il a le secret, toutes guitares dehors, basse mastodonte et batterie épique comme "Nihilist" ou encore l'excellent "Phantom Fear". Ce qui n'empêche pas les anglais de boucler All Our Gods Have Abandoned Us par un long morceau de plus de huit minutes fabuleux, totalement électronique pendant un temps puis basculant fatalement dans un déluge de metalcore classieux et aventureux. Un véritable monument du genre que ce "Memento Mori".


Mais là où le bât blesse, c'est qu'Architects peine parfois à renouveler ce genre singulier qui est le sien. Les quelques temps faibles d'All Our Gods Have Abandoned Us ("Gravity", "All Love Is Lost") prouvent une fois encore les limites d'un groupe, mais aussi d'un genre (cf le dernier Killswitch Engage). La démonstration de force est permanente. L'intensité du groupe sans faiblesse. Carter martèle ses alertes sans retenue. Difficile de ne pas lâcher prise à un moment ou un autre. Heureusement que la construction futée de l'album - entame du tonnerre, quatre titres tonitruants en plein milieu d'album ("Downfall", "Gone With Wind", "The Empty Hourglass" et "Match Made In Heaven") et une conclusion fascinante - sauve All Our Gods Have Abandoned Us d'un sort qu'il n'aurait pas vraiment mérité.


Car Architects frappe un grand coup sur un terrain sur lequel on ne l'attendait pas forcément. Celui d'un combat féroce, engagé, révolté alors qu'il aurait pu se contenter de balancer du gros son comme il sait le faire. La démarche artistique est remarquable et sur ce point All Gods Have Abandoned Us surpasse largement toutes les productions actuelles en la matière. Il est un disque poignant qui captivera les esprits et serra les coeurs. Les dieux ont beau nous avoir tous abandonné, il est encore beau de croire en un groupe qui transporte son auditoire au-delà des frontières de sa propre musique. Totalement désespéré. Aucunement désespérant.


Chansons conseillées: "Phantom Fear", "The Empty Hourglass" et "Memento Mori"

Note de 4/5
Un magnifique disque qui mêlent le hardcore habituel des britanniques à des ambiances atmosphériques fines et délicates dans lesquelles la voix de Sam Carter prend une dimension extrêmement touchante, un peu comme sait le faire La Dispute. Impossible d'en sortir une fois qu'on s'y plonge.
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