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Critique d'album

Aardvark


Aardvark


(00/03/1970 - Deram - Rock progressif/ Hard rock / C - Genre : Rock)
Produit par

1- Copper Sunset / 2- Very Nice of You to Call / 3- Many Things to Do / 4- The Greencap / 5- I Can't Stop / 6- The Outing - Yes / 7- Once Upon A Hill / 8- Put That In Your Pipe And Smoke It
Note de /5
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Note de 3.0/5 pour cet album
"Entre prog' d'inspiration canterburyenne et hard-rock sans guitare s'insinue l'oryctérope du Cap"
François, le 19/08/2020
( mots)

Quand on demanda à Bruce Dickinson, le chanteur d’Iron Maiden, s’il était possible de faire du Heavy Metal avec des synthés, il s’indigna moqueusement de cette question absurde … Ironie du sort, il participa avec sa formation, quelques années plus tard, à la production d’albums exceptionnels comme Seventh Son of a Seventh Son, où les claviers sont plus que présents. Son dédain originel est d’ailleurs surprenant quand on sait que le Hard-rock des 1970’s était riche en claviers analogiques : Deep Purple, Uriah Heep ou Atomic Rooster n’en sont que les exemples les plus fameux. 


Mais Aardvark fait encore mieux – et propose ainsi une démarche encore plus surprenante – en tentant de produire du Hard-Rock sans guitare électrique. Une fantaisie aussi originale que celle de choisir comme effigie – et comme nom – l’oryctérope du Cap, la petite bestiole de la couverture tenue en laisse par un lutin. Stan Aldous (basse), Frank Clark (batterie), Steve Milliner (claviers) et Dave Skillin (chant) sont de toute façon une équipe assez inspirée pour chambouler les certitudes de la musique rock. 


Alors certes, dans les années 1970, certains groupes se passaient parfois de guitare ou la plaçaient vraiment en arrière-plan (Van Der Graaf Generator, Greenslade) ; cela se trouve surtout dans le rock progressif, courant au sein duquel s’inscrit Aardvark sur la plupart de ses titres. Ainsi, les longs délires instrumentaux dissonants et expérimentaux sont de mise, dans une période qui apprécie ce genre d’élucubrations musicales qui demeurent marquées par le psychédélisme. Le déconcertant "Outing" et le plus abouti "Put That In Your Pipe and Smoke It" (pour les amateurs d’ELP)  sont de cet ordre. Il y a également quelque chose de canterburyen dans leur musique, bien qu’il ne semble pas y avoir de liens humains avec ces formations. Les pièces progressives du groupe sont très correctes mais sans aspérités particulières. 


Aardvark est donc plus intéressant dans sa tentative de mettre en place un Hard-rock amputé de la six-corde. La plus belle illustration est "Copper Sunset" : un bon effet sur les claviers, un rythme chaloupé et lourd, et le tour est joué. L’exercice est reproduit sur le bluesy "I Can’t Stop", qui après une introduction à l’orgue lance un boogie-rock plutôt sympathique. Toute une réflexion sur l’instrumentation des groupes de rock et sur la place de la guitare – qui est reine dans les 1970’s – peut ainsi émerger. Rappelons-le, la vraie nouveauté à la fin des années 1960, ce sont les claviers analogiques. 


Enfin, le groupe investit une pop-progressive très belle, aussi bien folk (le très apaisant "Once Upon a Hill") qu’humoristique et surréaliste avec "Very Nice of You to Call". S’agissant de ce morceau, encore une fois, dans la voix comme dans la ligne de piano, l’Ecole de Canterbury semble bien avoir eu son influence sur la formation – en particulier Caravan


L’Aardvark est assurément un drôle d’animal, mais son milieu naturel est déroutant. On ne saurait trop vous conseiller un peu de zoologie musicale. 


 

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