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Summer Rock Festival 2008


Jerome, le 17/09/2008


Plus vieux festival de la région Midi-Pyrénées, le Summer Rock Festival s'est imposé depuis longtemps dans le paysage local comme une des manifestations musicales à ne pas rater. Ne serait-ce que pour la diversité de sa programmation, mélangeant aussi bien artistes du moment et formations locales, que jeunes groupes pleins de morve et vieux routards désabusés. Mais pour sa 22ème édition, il a bien fallu se rendre à l'évidence. Depuis que le rock est revenu sur le devant de la scène, c'est un peu l'embouteillage niveau festival en pleine période estivale. Du coup, cette année, l'évènement s'est vu décalé au mois de septembre. Sans rien renier de ses aspirations ni de ses prétentions. Et qu'importe la météo, les infrastructures du site de Cap'Découverte servant de terre d'accueil comme chaque années sont telles, que les concerts auront lieu de toute manière.


Premier groupe à ouvrir le bal, Les Jocks font partie de cette jeune scène de la ville rose qui commence, petit à petit, à faire parler d'elle. Balançant un rock insouciant et désinvolte, sans se préoccuper du peu de monde présent en cette fin d'après-midi, les trois compères assurent le principal : un concert propre et entraînant, qui n'aurait demandé qu'à rencontrer un peu plus de monde. Faut dire que depuis 2003, le groupe a pas mal roulé sa bosse et que c'est n'est pas la première fois qu'on les croise. Une bien belle manière d'ouvrir le festival, même si une programmation un peu plus tardive aurait certainement donner d'autres couleurs aux garçons. On redescend tranquillement vers la grande scène histoire d'apprécier The Dodoz, autre prodige de la scène locale, distillant tranquillement leur post-pop-punk rafraîchissante aux quelques spectateurs déjà présents. Et même si le site peine un peu à se remplir, les quatre toulousains ne semblent pas trop s'en soucier, se contentant d'éclabousser les planches de leur jeunesse et de leur insouciance, armés de quelques uns de leurs tubes imparables, notamment l'incontournable "Do You Like Boys" et le très catchy "Werewolf In Love" dédicacé aux Stuck In The Sound que l'on retrouvera juste après. En attendant, on regrettera juste la petite coupure générale ayant un peu plombé le set, comblée par un break de batterie à sept ou huit baguettes histoire de faire passer le temps.


Alors que le soleil continue sa partie de cache-cache avec les nuages, on retourne s'enfermer dans la salle Ramones histoire de faire monter la chaleur d'un cran avec une des premières claques du festival. Ayant quelques peu écourtés leurs vacances et mis en stand-by la préparation de leur prochain album, les Stuck In The Sound, menés par l'éternel encapuchonné José Reis Fontao, emballeront rapidement un public dans lequel les membres des Dodoz viendront se faufiler pour se voir, en juste retour des choses, renvoyer leur dédicace sur "Cramp Push And Take It Easy". Et alors que les parisiens achèvent leur part de travail, en ayant même profité de l'occasion pour tester deux de leurs nouveaux morceaux en live, on se dirige tranquillement du côté d'Annecy pour les Coming Soon et leur pop lo-fi un peu mollassonne. Difficile d'accès, leur musique n'est pas dénuée d'intérêts mais n'arrive pas à susciter un réel engouement. Peut être à cause du profond détachement affiché par les sept membres du groupe, semblant bizarrement en retrait et un peu égarés sur scène. Qu'importe. On prend son mal en patience en profitant de l'happy hour de la buvette pour finir par aller jeter un oeil aux marionnettes de Puppetmastaz tenues par les vingt membres du Gangstoy Band qui, si ils ne réinventent pas le hip-hop, ont au moins le mérite de réussir à soulever les foules. A tel point que le service de sécurité doit bloquer l'accès à la salle à une petite partie du public devant une affluence visiblement non prévue.


Retour à la scène Joe Strummer pour la suite des festivités. Et si il y a bien un groupe qu'il aurait été difficile de rater cet été, c'est bien les franco-finlandais de The Dø, à l'affiche de quasiment tous les festivals de l'hexagone et de ses environs (Eurockéennes, Pukkelpop, Route Du Rock, ....). On pourrait faire les fines bouches mais pourquoi bouder son plaisir devant un folk-rock finalement pas si désagréable ? Surtout qu'en plus de les entendre refondre leur album (A Mouthfull) pour en changer légèrement la texture sur scène, on peut cette fois sans problème les voir, cette scène Joe Strummer étant tellement haute que, même sur la pointe des pieds, les photographes ont du mal à accrocher la belle Olivia et sa robe jouant avec le vent. Le duo devenu trio pour des raisons évidentes réalisera comme à chaque fois une prestation colorée et pétillante, pas transcendante, mais loin d'être indigeste. Et finalement nettement plus enthousiasmante que l'électro-rock impersonnel et répétitif des anglais de The Whip programmé juste après. Dans une pénombre poussée et sur fond de rythmes saccadés balancés depuis leur Mac trônant au milieu de la scène, les quatre musiciens ne semblent pas trop concernés par les vas et viens d'un public hésitant entre rester à l'abris et affronter la pluie en quête d'une barquette de frites.


Mais la prise de conscience version reggae n'allait pas tarder à pointer le bout de son nez avec l'ivoirien Tiken Jah Fakoly et ses rythmes endiablés. Messages de paix et de fraternité sur fond d'engagement à tendance altermondialiste, l'artiste devenu persona non grata dans certains endroits d'Afrique n'hésite pas à souffler un vent de métissage sur le site de Cap'Découverte. Et que l'on soit ou non sensible au discours, que l'on se sente concerné ou pas par la cause Africaine, il est quand même dur de ne pas se laisser entraîner par une des pointures actuelles du genre. Mais le retour à la réalité se doit d'être rapide. Au risque de servir de paillassons au garage-rock-psychedelic et incandescent des quatre black boys de The Lords Of Altamont. Débarqués de Los Angeles, ce super groupe fait largement figure de grand favori sur le papier. Pour les incultes, imaginez un peu, réunis dans le même groupe, ce que donnerait la collaboration entre un ancien membre des regrettés MC5 (Michael Davis - basse), un ancien membre des Fuzztones (Jake Cavaliere - chant) et de The Bomboras (Johnny DeVilla - guitare). Vous y êtes ? Maintenant mettez-les sur scène, poussez les potards au maximum, balancez quelques vidéo de bikers type Easy Rider en toile de fond et laissez opérer la magie. Et si seulement cette foutue pédale d'effets n'avait pas décidé de faire des siennes au beau milieu du set, obligeant le groupe à stopper les machines pendant quelques minutes avant de repartir plein pot rebranché directement dans l'ampli, pas de doute qu'on aurait tenue là une des prestations les plus intenses et incendiaires de la soirée. Quoi qu'à bien y réfléchir, quand on repense à ce pauvre orgue secoué d'avant en arrière et finalement écrasé sous les bottes de Jake, pas de doute que s'était finalement le concert le plus bandant de la soirée.


Et il faudra bien toute la fougue et toute l'énergie d'Asian Dub Foundation pour réussir à emboîter le pas au défouloir de la scène Ramones. Mais à ce petit jeux, les membres du collectifs londonien ne sont pas nés de la dernière pluie et attaquent bille en tête pour ne plus relâcher la pression. Il faut dire qu'à voir l'entassement de corps gesticulants au niveau des crashs barrières, une bonne partie du public semble avoir fait le déplacement en priorité pour le combo. Et il faut bien avouer qu'en live, le groupe met tout le monde d'accord, du punk à crêtes à l'intello en slim, avec sa Dub trouvant sans problème écho dans un auditoire sautillant et dégoulinant. Petit moment de bruit avant de pénétrer dans le monde décalé de Phoebe Killdeer et de ses Short Straws. Avec sa voix et son charisme, l'ancienne diva de Nouvelle Vague n'a pas de mal à justifier tout le buzz médiatique qui s'est créé autour d'elle. Entre Shiva hindou et danseuse Andalouse, la belle oscille au rythme de la musique, alternant entre soul gracieuse et rock échevelé balancé toutes cordes hurlantes par le longiligne Cédric LR. Et en envoûtant le public de la sorte sans aucun état d'âme, le groupe s'impose un peu comme la grosse surprise de la soirée. De celle qui ne laisse pas indifférent et vous laisse comme un petit quelque chose au fond du bide.


La fin de la nuit sera du coup forcément plus fade. Laissant au soin du quidam égaré, le choix entre le hip-hop de Roots Manuva et de Beat Assaillant, ou l'électro de Elisa Do Brasil et de Etienne De Crecy pour finir de l'achever. Quoi qu'il en soit, le dernier des festivals estivaux s'en sort une nouvelle fois avec les honneurs. Malgré le temps et le froid d'un mois de septembre pourris, les spectateurs n'ont pas hésité à rechausser leurs vieilles Vans trouées et ré-enfiler leur baggys miteux pour goûter une dernière fois à l'électricité des concerts en plein air (ou presque). Sorte de baroude d'honneur avant de se remettre la tête dans le guidon jusqu'au printemps prochain. Même si en coulisses, des rumeurs sur le Winter Festival commencent à pointer le bout de leurs nez...

http://www.rocktime.org/summer/


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Pressure Machine est à l’opposé d’une production grandiloquente bâtie pour partir à la conquête des ondes FM ou des stades. Le dernier album de The Killers se veut contemplatif et raffiné. Un disque délicat qui, comme souvent dans ce genre de concept, comporte quelques lacunes que nous allons évacuer d’emblée avec le titre “Desperate Things” et sa lenteur agrippante qui enferme l’auditeur dans une mélodie pompeuse dont l’auditeur n’arrivera jamais à se défaire, un passage fait de larsen finit d’anéantir tout espoir de trouver une étincelle et ce morceau constitue le seul véritable loupé de l’album. 

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