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La Nu-Rave comme ère postmoderne du rock. Le cas Late Of The Pier


Maxime, le 21/02/2009

Destruction de l'art, reconstruction de la critique


Le premier constat que l’on dresse est une exhortation péremptoire : on ne peut continuer à parler du rock (et a fortiori de la musique populaire contemporaine), si l’on veut se montrer respectueux des canons de cette étrange profession (ou hobby) tels qu’ils ont été modelés dans les années 70 sous des plumes illustres telles que Philippe Garnier ou Philippe Paringaux (soit, globalement, le rock comme mouvement esthétique, art, culture ou contre-culture -à chacun de choisir son mantra- avec ses codes propres), de la même façon qu’il y a trente ans. Les développements d’Internet et les profondes mutations qu’il a entraînées dans les modes de production, diffusion, consommation de cette musique font qu’on ne peut plus se contenter d’accompagner le mouvement sur un plan simplement descriptif et/ou évaluatif, perdu sur son rocher solitaire, à distribuer les bons et les mauvais points avec des critères devenus inopérants. Les artistes et le public ont changé, aux journalistes de faire leur Aggiornamento, de modifier en profondeur leur discours pour que sa pertinence n’en devienne pas obsolète. Nous y reviendrons. Les bouleversements technologico-esthétiques qu’apporte Internet ne se feraient pas aussi saillants s’ils ne se doublaient pas également d’une crise plus ancienne, plus profonde et plus générale de l’Art. Qu’on se permette ici un petit détour en dehors du rock.

Les discours sur la mort de l’Art sont presque aussi vieux que l’Humanité elle-même, on pourrait remonter au déclin de l’Empire romain, et même au-delà, pour citer nombre d’écrits de perpétuels pleurnicheurs se lamentant au sempiternel refrain du c’était mieux avant. Sans doute bien des observateurs aigres devraient-ils faire un détour du côté d’Aloïs Rielg et potasser un peu ses écrits. Ils se rendraient sûrement compte qu’ils confondent la mort de l’Art avec la perte de leur propre capacité d’admiration. Ou comment imposer aux autres sa mélancolie geignarde et l’ériger en un système rigide. Les modes de représentation changent, pas la capacité de l’homme à créer des formes esthétiques, cette "volonté d’art" (Kunstvollung) dont parle Rielg. Nous avons le même cortex, les mêmes câblages neurologiques que nos illustres ancêtres de l’Antiquité ou de la Renaissance, seuls changent les formes d’incarnation de l’Art. Libre à chacun d’en préférer plus qu’une autre.


Cela dit, il est indiscutable que la notion même d’Art est devenue floue depuis plus d’un siècle. A partir du moment où Marcel Duchamp achète un urinoir au BHV, puis qu’il l’expose dans une galerie en l’intronisant comme œuvre d’Art par sa seule autorité, c’est tout le régime classique des Beaux-Arts qui se met à voler en éclats, et la concomitance entre esthétique et progrès technique (de la peinture à l’huile à l’invention de la perspective) qui se trouve battue en brèche. Arrive le Ready-Made, plus besoin de maîtriser une technique particulière pour se vouloir artiste. Pire, la technique est même ringardisée, déconstruite, contournée (Jackson Pollock et le dripping). L’Art est aujourd’hui partout et nulle part, dans les musées comme dans la pub, rassemblé dans ce grand tout qu’est l’Art Contemporain, sans aucunes hiérarchies ni écoles de pensées pour nous aider à nous y retrouver. Née en architecture, la notion de postmodernisme commence alors à s’étendre dans la seconde moitié du XXème siècle aux autres modes de représentation, poussée entre autres dans son élan par l’ouvrage de Jean-François Lyotard, La condition Postmoderne. Si l’on voulait présenter à coup de hache la pensée de Lyotard, on résumerait le postmoderne comme la prise en compte du déclin, voire même de la disparition, des Grands Récits propres à la modernité (l’Unicité, la Vérité, la Justice, le Progrès…). Comment croire que l’homme est promis à un avenir toujours meilleur quand on a connu Auschwitz (néant du politique) et Hiroshima (déclin de la notion de progrès scientifique) ? Le postmodernisme est donc d’abord une haine de soi. Haine de soi car arrivé trop tard dans un monde trop vieux, après la fête, devant un horizon bouché où plus rien n’est possible. Comment prétendre faire de l’Art quand on a la conscience que tout a déjà été fait et refait avant soi, que les concepts de neuf et d’original se voient frappés de nullité ? Le postmodernisme résoudra cette angoisse par le pastiche, la parodie, la citation permanente, la célébration des clichés. Il balaiera le cours houleux et compliqué de l’Histoire en faisant son lit dans le présent éphémère, dans la jouissance de l’instant t, passé et futur aplanis et réduits au néant. Il brisera les frontières entre l’expert et l’amateur par une anti-technique généralisée gommant toute dictature du savoir-faire.
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Album de la semaine

The Killers


Pressure Machine


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Pressure Machine est à l’opposé d’une production grandiloquente bâtie pour partir à la conquête des ondes FM ou des stades. Le dernier album de The Killers se veut contemplatif et raffiné. Un disque délicat qui, comme souvent dans ce genre de concept, comporte quelques lacunes que nous allons évacuer d’emblée avec le titre “Desperate Things” et sa lenteur agrippante qui enferme l’auditeur dans une mélodie pompeuse dont l’auditeur n’arrivera jamais à se défaire, un passage fait de larsen finit d’anéantir tout espoir de trouver une étincelle et ce morceau constitue le seul véritable loupé de l’album. 

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