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Compte-rendu de concert

The Stooges


Date : 05/03/2007
Salle : Studio 104 (Plaine-Saint-Denis)
Première partie :
Moon, le 06/03/2007
( mots)
Il y a le journaliste, qui collecte consciencieusement l'information avant de la rapporter, de la manière la plus scrupuleuse possible, à ses lecteurs/auditeurs/téléspectateurs. Et puis, il y a le Journaliste, celui qui va chaque jour au devant du danger, relevant de nouveaux défis au péril de sa vie avec sa conscience pour seule limite, et encore. En allant voir un concert "privé" des Stooges (en l'occurrence, l'enregistrement de l'émission "L'album de la semaine", une petite centaine de spectateurs), on sent qu'on franchit un pas supplémentaire vers la condition de Journaliste. Parce pour accepter d'assister à un show d'Iggy et de sa bande en restant assis, il faut faire preuve d'une sacrée abnégation. Après une première partie assurée par, chose pas banale, les Guignols de l'info, une cinquantaine de sympathiques lycéens de l'Ain quittent le plateau, s'envolant pour quelque destination inconnue et certainement exotique. Ce faisant, dans l'assistance, la proportion blousons cuir/sweat shirts remonte sensiblement en faveur des premiers. L'âge moyen aussi, d'ailleurs, qui se prend une dizaine d'années dans les dents. Mais les gradins ne restent pas longtemps dépeuplés, car voilà que débarquent une nouvelle fournée de spectateurs. On reconnaît parmi eux le nouveau gratin rock parisien, charmantes Plasticines et chevelu Second Sex en tête (on a encore le droit de dire que les Plasticines sont charmantes, non?). Ce soir, le studio 104 est "the place to be". A un enregistrement d'émission de ce genre, on n'apprend pas seulement à rester assis en hochant la tête. On se forme aussi une épaisse corne sur les mains, puisque le concert commence par une séance d'applaudissement d'au moins cinq minutes non stop. Tout ça pour enregistrer quelques plans de coupes, qui seront plus tard montés entre deux chansons, au cas où. Tout ceci n'est pas follement spontané, il faut le reconnaître. Mais ça le devient davantage quand les cinq rigolos entrent en piste. Mike Watt, Scott et Ron Asheton, Steve MacKay et Iggy Pop (en gros dans cet ordre) sont sur scène, à quelques mètres du public. Après quelques mots dans un français hésitant (et phonétique) le spectacle peut commencer. C'est le batteur, Scott, qui ouvre les hostilités, prouvant qu'on peut avoir 55 ans et continuer à avoir une frappe solide. Le son est gros, très gros, étonnamment bon pour un petit studio plus habitué à recevoir les guignols de l'info que ceux d'Iggy. Peut-être un chouia trop grave? Tant pis, ça permet de mieux profiter de la basse de Watt, le petit nouveau de la bande, l'homme aux vingt doigts, qui semble véritablement en transe pendant toute la durée du show. Ron, lui, est monolithique comme jamais, tellement concentré sur sa guitare qu'on a l'impression qu'il s'attend à la voir s'échapper d'une seconde à l'autre. MacKay et son sax, eux, sont pour le moment en retrait, attendant leur heure. Mais le maître de cérémonie, bien sûr, c'est Iggy. Iggy le Parrain du Punk, Iggy l'Iguane, Iggy le survivant. Iggy Pop tout simplement, même s'il mériterait plutôt le nom d'Iggy Rock, tellement il symbolise bien à lui seul ce mouvement musical. Certains le disaient fatigué. On pourrait le croire (légitimement) lassé du rock'n'roll circus, à 60 ans bientôt. Que nenni, l'Iguane est magistral, énorme, malgré sa taille... modeste. Tellement jeune qu'il pourrait être son propre fils. Tellement dangereux qu'on s'étonne de ne pas le voir menotté, surveillé de près par quelques cerbères. Mais non, il est là, libre, crachant en toute impunité huit des nouvelles chansons du groupe (dont une ne figure que sur la version vinyle de l'album). Pendant que Mike Watt l'épileptique continue de triturer sa basse (à tel point qu'on redoute le moment où ses doigts franchiront le mur du son) et que les frangins Asheton assurent tranquillement mais sûrement en arrière, Iggy gueule ses manières morbides de s'amuser, ses élans de générosité, l'état passablement dégradé de ses neurones (énorme "I'm Fried", qu'il traduit par un "je suis fuckin' frite!"), sa haine des horribles gens avides, ses soucis depuis qu'une femme lui a pris son argent (le public, solidaire, lui tendra d'ailleurs quelques pièces - un gimmick en devenir, on prend les paris), la folie des Américains, et autres récits péniens. Il convient également de parler rapidement de l'inédite "O Solo Mio". On se demande d'ailleurs pourquoi elle est absente de l'album (du moins dans sa version CD) : une chanson d'une lourdeur incroyable qui détonne très agréablement, et qui voit le groupe explorer avec succès de nouveaux terrains plus sombres, plus sincères aussi peut-être. Les huit chansons sont rapidement expédiées mais très honnêtement interprétées. L'Iguane est visiblement ravi d'être là (a contrario, il semblera se faire chier comme un russe le lendemain, dans un autre émission de Canal+), encouragé par un public plutôt sage mais complètement acquis à sa cause. Et même les habituels numéros popiens (le micro qui circule dans le public, la mêlée dans les gradins, ou encore l'Iguane, docile, qui fait son petit toutou devant les Plasticines) semblent exécutés avec beaucoup d'entrain. Mais il y a un temps pour tout. Car déjà arrive la fin du concert... le Parrain est à genoux, devant la batterie de Scott Asheton. L'Iguane, bon acteur, a l'air exténué par sa dernière prestation (le pourtant très moyen "Free & Freaky"), quand il lâche un mot entre deux souffles rauques. Un mot, trois lettres, qui, pour le public présent, veulent tout dire. "Dog!" Ron saisit son cent-quarante-troisième médiator de la soirée. Scott lève les bras. Mike essuie son filet de bave. Steve croise les doigts pour que son sax n'explose pas avant la fin. "I wanna be your fuckin' dog!" Comme on dit, "the rest is history". Set list : - ATM - My Idea Of Fun - Greedy Awful People - She Took My Money - I'm Fried - Trollin' - O Solo Mio - Free & Freaky - I Wanna Be Your Dog NB : Ah, en fait : faut-il encore le rappeler ? Mais le dernier Stooges est excellent. Et encore meilleur en live.
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Pressure Machine est à l’opposé d’une production grandiloquente bâtie pour partir à la conquête des ondes FM ou des stades. Le dernier album de The Killers se veut contemplatif et raffiné. Un disque délicat qui, comme souvent dans ce genre de concept, comporte quelques lacunes que nous allons évacuer d’emblée avec le titre “Desperate Things” et sa lenteur agrippante qui enferme l’auditeur dans une mélodie pompeuse dont l’auditeur n’arrivera jamais à se défaire, un passage fait de larsen finit d’anéantir tout espoir de trouver une étincelle et ce morceau constitue le seul véritable loupé de l’album. 

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