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Chronique Livre

Le Journal de Kurt Cobain


Traduction de Laurence Romance Publié chez Oh!Edition 287 pages 18€90

"Le journal intime du leader de Nirvana"
Aurélie, le 08/11/2003
( mots)

Il s'agit en l'occurrence d’une série de carnets à spirale où se mêlent réflexions existentielles, brouillons de lettres et paroles de chansons – ce qui nous permet ainsi d'observer l'évolution de "Smells like Teen Spirit" d’un appel au rassemblement anti-conformiste à un hymne désespéré aux underdogs (les éternels perdants). On notera aussi la présence de nombreux dessins de Cobain lui-même. Ce sont eux finalement qui nous apportent l’éclairage le plus nouveau sur la vie du chanteur. A titre d’exemples, page 147 : une ébauche de la pochette de Nevermind, sous laquelle on trouve les paroles de "In Bloom", ce qui nous montre combien les titres des albums de Nirvana sont liés les uns aux autres ; page 206 : quatre auto-portraits qui révèlent toute la complexité du personnage : le bébé, le geignard, la brute, le déluré...

Du côté éditorial, Oh!éditions a fait du bon travail : les scans des carnets de Cobain font presque de ce journal un livre bilingue (une page en langue originale, une page en français). Quant à la traductrice, Laurence Romance, elle a bien assimilé le "Cobaïen", comme elle le dit elle-même en introduction. Sa traduction point trop littérale convient bien aux textes obscurs et parfois ambigus du leader de Nirvana. Ses notes de bas de page sont également utiles lorsqu'elles nous apprennent par exemple que le PMRC que Cobain demande à ses lecteurs de foutre en l'air est une association non gouvernementale fondée en 1984 par la femme d'Al Gore dans le but d'empêcher la jeunesse américaine d'être exposée à des œuvres jugées subversives, et qu'elle est à l'origine des stickers "explicit lyrics / content" apposés sur les disques de rap ou de métal.

"Mais, demandera le lecteur curieux, qu’apprend-on sur Cobain lui-même dans ce livre ?". Eh bien, oh surprise !, c’était bien un être torturé, complexé par son physique (il se décrit successivement comme un "petit rat anémique", un squelette anorexique et un épouvantail dévoré de l’intérieur, et se dessine comme un rescapé d’Auschwitz) et par son manque d'éducation, un jeune homme en quête d’identité et d'idéaux à défendre et obsédé par la peur de n'être finalement qu’un "cliché ambulant, confus et pas cultivé" (p. 178).

Ses chansons et ses textes en général révèlent un attrait pour le morbide et le scatologique qui n’est pas sans rappeler certains poèmes de Marilyn Manson. Ces deux chanteurs ont en commun une vision du corps ouvert, voire offert, ("Rape me, [my friends]", "Mexican Seafood"), ce qui pour un critique littéraire nommé Bakhtine, est le fondement du " grotesque". Malheureusement pour eux, ces deux auteurs fondateurs du nouveau Golden age of Grotesque musical sont nés dans une société du corps fermé, du politiquement correct et du profit intéressé. Autant dire que Cobain était condamné d’avance... (et le destin de Manson, rattrapé par la machine commerciale, n’est peut-être pas si différent...).

Parlons donc de la fin de ce journal justement. Les lecteurs amateurs de sensationnel seront sans doute déçus : point d'adieu déchirant à Courtney ni de testament musical aux générations futures (Cobain a déjà prodigué ses conseils plus tôt dans le journal). Juste un commentaire amer sur une enquête de CNN concernant les Eskimos d’Alaska... Rien ou presque ne prépare donc le lecteur à la note finale de la traductrice, qui rappelle en quelques mots la date de la mort du chanteur : le 5 avril 1994.

"I swear I don’t have a gun", disait Cobain dans "Come as you are". Ironie profonde.

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The Killers


Pressure Machine


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Pressure Machine est à l’opposé d’une production grandiloquente bâtie pour partir à la conquête des ondes FM ou des stades. Le dernier album de The Killers se veut contemplatif et raffiné. Un disque délicat qui, comme souvent dans ce genre de concept, comporte quelques lacunes que nous allons évacuer d’emblée avec le titre “Desperate Things” et sa lenteur agrippante qui enferme l’auditeur dans une mélodie pompeuse dont l’auditeur n’arrivera jamais à se défaire, un passage fait de larsen finit d’anéantir tout espoir de trouver une étincelle et ce morceau constitue le seul véritable loupé de l’album. 

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