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Critique d'album

Warhaus


Ha Ha Heartbreak


(11/11/2022 - Play It Again Sam - - Genre : Pop Rock)
Produit par Jasper Maekelbeck

1- Open Window / 2- When I Am With You / 3- It Had To Be You / 4- Time Bomb / 5- Desire / 6- I'll Miss You Baby / 7- Mondello's Melody / 8- Batteries & Toys / 9- Shadow Play / 10- Best I Ever Had
Note de 3/5
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Note de 4.0/5 pour cet album
"Oui, les histoires d'amour finissent mal, mais elles donnent souvent lieu à de magnifiques chansons. Ce qui se confirme avec ce nouvel album d'un des Balthazar. Suave, mélancolique... Un des albums de l'année ?"
Maxime L, le 30/11/2022
( mots)

Vous le savez si vous êtes un ou une fidèle d’albumrock, le groupe Balthazar est un des chouchous de la rédaction (du moins pour son clan indie-rock). Pour celles et ceux qui seraient passé à côté du groupe Belge, on parle ici d’indie-pop, mais une indie-pop groovy, chiadée, encanaillée et qui se trimballe la tête haute en smoking impeccable. Et si le dernier album en date des Belges nous avait paru un ton en dessous (comparativement à l’excellent Fever), c’est toujours avec un véritable enthousiasme que nous accueillons les projets satellites de ses membres.


Place aujourd’hui à Ha Ha Heartbreak (quel titre !), de Warhaus, le projet de Maarten Devoldere, une des deux voix de Balthazar. Ce troisième effort solo est passé un peu inaperçu aux yeux du public averti, notamment en raison de l’empreinte et de l’impact laissés par The Car des Arctic Monkeys, sorti 2 semaines avant et qui (à tort ou à raison) a un peu monopolisé l’attention des médias spécialisés. Et si les deux albums sont assez différents, il me paraît assez intéressant de les comparer sur certains aspects. Et avant que la horde de fans pro-Turner ne me tombe sauvagement dessus, gageons que je fais partie de ceux qui ont beaucoup aimé The Car, en dépit de ses défauts, auxquels je ferai évidemment allusion.


Un peu de contexte avant rentrer dans le vif du sujet. Ha Ha Heartbreak est un disque de rupture. Au sens littéral et amoureux, puisque Devoldere l’a enregistré à Palerme après s’être séparé. Le nom de l’album prend donc une toute autre tournure, à la fois malicieuse mais teinté d’un humour pince sans-rire un poil désabusé. En réalité, cette thématique n’est discernable que si l’on se penche sur les textes (et sur le morceau de fin, “Best I ever Had” fort à propos). En revanche, ce qui transpire, et ce dès la première écoute, c’est la classe suave et sexy du timbre de Devoldere (et qui nous permet d’affirmer que c’est bien celui-ci qui fait le sel de Balthazar, mais là n’est pas le sujet). Dès les premières secondes du morceau inaugural, “Open Window”, on est happé par l’intensité de sa voix. Et n’y allons pas par quatres chemins, cette première piste est une des ouvertures les plus classieuses entendues depuis très longtemps dans le petit monde de l’indie-pop. Au delà de la voix, les arrangements de cordes, l’arpège de guitare très Gainsbourien (et ses effluves de “Je suis venu te dire que je m’en vais” rappelant la gravité du thème général), sont d’une beauté sans nom, alors que le chant s’arrête à mi-parcours pour laisser place à 2’30 de délice instrumental : notes de piano en cavalcade effrénée, lignes de violons taillées dans du velours, pour un final en apothéose très romanesque. Et ça n’est que le premier titre.


Ha Ha Heartbreak use sans abuser de sublimes arrangements de cordes, à l’instar de The Car (très réussi aussi sur ce plan), conférant à l’ensemble une dimension cinématographique très stylisée. Et là où la diction d’Alex Turner le fait apparaitre comme le noble défenseur de la corporation des orhtophonistes fans de Fabrice Lucchini, Maarten Devoldere se trouve à l’autre bout du spectre, en murmurant, sans jamais minauder, du bout des lèvres, en Dandy faussement nonchalant. On pense par exemple à “When I Am”, autre excellente chanson, à l’ambiance plus légère, mais néanmoins aussi feutrée (ce son de caisse claire ...miam), et où ces choeurs très eighties, qu’on retrouve disséminés avec parcimonie au fil du disque, trahissent le soleil italien qui entoure l’écriture de l’album. La production de Jasper Maekelbeck (aux manettes également de Balthazar) est tout simplement lumineuse, très chaude, très soul finalement (et qui n’a rien à envier à celle de James Ford sur The Car), laisse autant de place à la voix qu’aux nombreux instruments, et où chaque arrangement, chaque note et chaque choix artistique se fait toujours au service de la composition, sans trop en faire (ce qu’on peut résolument reprocher au disque des singes britanniques).


Ha Ha Heartbreak parle certes de rupture, mais n’est jamais caricatural ou trop attendu. La plupart des textes sont sans équivoques, mais on se surprend à danser sur des boucles chaloupées, et sur des mots qui n’aspirent pourtant qu’à se terrer ; c’est le cas de compos plus aventureuses comme “It Had to Be You” (comprendre “ce devait être toi…qui me quitte”) ou “Shadow Play”, cette dernière étant en plus réhaussée en route de cours appuis de guitares funky aussi séduisants que redoutables (et qui peuvent évoquer en cela certains morceaux de The Car).


Les amateurs de Balthazar ne seront nullement décontenancés par cette incartade solo de Devoldere : on y retrouve les basses rondes et chaudes bien mises en avant (surtout depuis l’incroyable Fever), mais surtout cette élégance caractéristique qui sied si bien au groupe : tantôt par des cuivres à la James Bond (”Shadow Play”), tantôt par une atmosphère glamour absolument imparable, sur “Time Bomb” et “Desire” (quelle chaleur là encore !), entre autres, et personnifiée par la voix incandescente de Devoldere, sorte de pendant masculin moderne à Sade, capable de réchauffer des oreilles et des coeurs en l’espace de 2 lignes de chants. En somme, de l’élégance et du glamour à chaque recoin de chaque chanson. Un comble pour un disque de rupture.


 


 


 


À écouter : "Open Window", "Time Bomb", "Desire"

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