
Ted Nugent
Free-for-All
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1- Free-For-All / 2- Dog Eat Dog / 3- Writing on the Wall / 4- Turn It Up / 5- Street Rats / 6- Together / 7- Light My Way / 8- Hammerdown / 9- I Love You So I Told You a Lie


Après avoir joué des coudes au sein des Amboys Duke pour se faire un nom au sein de la scène hard-rock américaine, Ted Nugent est finalement parvenu à ses fins en prenant son indépendance et en signant sous son propre nom un premier album solo, sobrement intitulé Ted Nugent. Dès 1975, le guitariste du Midwest est devenu l’une des figures les plus en vue du monde des six-cordistes saturés – un guitar-hero, en somme. Un guitar-anti-hero même, au regard de ses idées politiques, mais à l’époque, l’animal restait plutôt discret à ce propos – préférant se faire remarquer pour son talent et pour ses excès (notamment sonores).
Comme tout bon mélomane le sait, la décennie était propice à la surproductivité et le rythme d’un album par an était tout sauf exceptionnel – quand il n’était pas simplement exigé par les majors. Ainsi, Ted Nugent se remet vite à l’ouvrage afin de surfer sur le succès et de profiter d’une inspiration débordante. Seule ombre au tableau, les tensions avec (l’excellent) chanteur Derek St Holmes qui ne supporte plus le caractère irascible et tyrannique de l’Oncle Ted, ainsi que les choix du producteur et baron du hard-rock Tom Werman. Il est donc remplacé par… Marvin Lee Aday, soit Meat Loaf, qui n’a pas encore connu le succès mondial de Bat Out of Hell (qui ne sort qu’en 1977) et accepte d’occuper ce poste pour une poignée de dollars.
Néanmoins, et puisque ce mercato intervient en cours d’enregistrement, St Holmes est toujours crédité sur une bonne partie de l’album, quand ce n’est pas Ted Nugent qui prend lui-même le micro. Free-for-All s’ouvre ainsi sur un morceau-titre interprété par le guitariste au profit d’un petit tube plein de bonne humeur et de groove comme aurait pu en proposer Aerosmith (à la manière d’un "Walk this Way"). Le rythme cadencé et les interventions de guitare sont d’une justesse rare, tandis que le riff et l’ambiance ombragée de "Dog Eat Dog" en font un parfait titre de hard-rock de mauvais garçon.
Si ces deux morceaux ont intégré la partie légendaire du répertoire de Ted Nugent, d’autres mériteraient d’être appréciés avec plus d’attention : la surprise fournie par le slow moitié sudiste moitié Manfred Man Earth’s Band "Together", le pré-NWOBHM "Hammerdown", très en avance sur son temps et très certainement l’un des meilleurs morceaux de la carrière du musicien.
Cependant, Free-for-All n’est pas sans faiblesse, ou plutôt, l’album comporte quelques passages un peu moins exceptionnels à l’image du survolté "Turn It Up", ou des très classiques "Street Rats", "I Love You So I Told You a Lie" et "Light My Way" (tout de même doté d’un superbe passage soliste). Du long de ses sept minutes, "Writing on the Wall" ne parvient pas à reproduire totalement l’exploit de "Stranglehold" dont il s’inspire pourtant grandement, quand bien même les amateurs de longs développement solistes y trouveront leur compte.
Au bilan, Free-for-All remplit parfaitement son rôle de deuxième album dont la mission était de confirmer l’exploit de son prédécesseur en proposant un bel ouvrage de hard-rock américain 70s.
À écouter : "Free-for-All", "Dog Eat Dog", "Together", "Hammerdown"


















