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Critique d'album

Bartees Strange


Live Forever


(02/10/2020 - Memory Music - Indie rock, hip hop, jazz - Genre : Rock)
Produit par

1- Jealousy / 2- Mustang / 3- Boomer / 4- Kelly Rowland / 5- In a Cab / 6- Stone Meadows / 7- Flagey God / 8- Mossblerd / 9- Far / 10- Fallen for You / 11- Ghostly
Note de 3/5
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Note de 3.5/5 pour cet album
"Pour son premier album Bartees Strange nous offre un savoureux mélange de ses influences rock, hip-hop et jazz"
Franck, le 03/12/2020
( mots)

Bartees Leon Cox Jr est un artiste et producteur américain basé à Washington qui a pu s’illustrer en début d’année sous son nom de scène Bartees Strange avec un premier album EP. Fils d’un père militaire et d’une mère chanteuse d’opéra, Bartees Leon Cox Jr a été contraint de changer régulièrement de domicile durant son enfance, dans un premier temps en Europe puis de manière plus durable aux Etats-Unis, à proximité de la ville de Mustang dans l’État d’Oklahoma. L’Oklahoma étant une région dans laquelle les personnes de couleurs noires sont plus que minoritaires ; autant dire que la jeunesse de l’artiste a été parsemée de discrimination et d’injustice, provocant un réel sentiment d’isolement. Le jeune Cox a longtemps recherché une communauté musicale dans laquelle il pourrait s’épanouir : d’abord à travers de petits groupes de la scène "punk/emo" de l’Oklahoma, puis en étoffant son répertoire musical au cours des quelques années passées à Brooklyn (New-York), avant de s’installer du côté de la capitale où il exerce désormais son activité de producteur.


Lors d’un concert de The National - groupe basé à Brooklyn qu’il admire depuis des années - il est frappé par la "blancheur" du public… Ce constat le mène à reprendre et réinventer quelques titres du groupe, qui seront compilés en mars 2020 sous son premier EP intitulé Say Goodbye to Pretty Boy. A la fois un hommage sincère au groupe mais aussi une critique de la société, cette compilation n’hésite pas à questionner la place des artistes noirs dans l’industrie musicale.


Fort de cette première expérience remarquée outre-Atlantique, Bartees Strange revient dès le mois d’octobre 2020 avec son premier véritable album Live Forever, savoureux mélange de ses différentes influences rock, hip-hop et jazz.


L’introduction "Jealousy", pourtant tout en douceur avec son atmosphère envoutante, annonce la couleur à travers les mots marmonnés "cut out my anger" (mettre un terme à ma colère). Notre mélomane a encore beaucoup à dire et propose à travers Live Forever un prolongement des thématiques établies sur sa précédente réalisation. Comme en atteste le single "Mustang", l’artiste n’en a pas fini avec la ville américaine et expose ici toute son amertume refoulée :


- "Last night I looked at you I knew I didn’t really fear that much" (Hier soir je t'ai regardé, je savais que je n'avais pas vraiment peur)


- "I’m hurt cuz no one can see me" (Je suis blessé car personne ne peut me voir)


Ce morceau s’avère être un petit bijou d’indie rock, à la fois intelligent et terriblement efficace. On y découvre la voix chaleureuse de Bartees Strange accompagnée de claviers aux sonorités cosmiques, le tout sur une rythmique rock entrainante. Le chanteur met en avant ses influences emo - rappelant au passage le groupe Panic! At The Disco - avant de pousser quelques hurlements libérateurs. 


L’album peut être vu comme étant un cheminement chronologique de l’histoire et de l’évolution musicale de son auteur. Pour exemple, le titre "Boomer" - étonnant cocktail d’influences - peut être corrélé à son arrivée dans les quartiers de Brooklyn. Les premières touches de hip-hop côtoient alors des riffs typés "rock sudiste" suivis d’un refrain pop-rock particulièrement entêtant. Cet assemblage hétéroclite et méticuleux est un véritable tour de force, et saura à coup sûr rejoindre les playlists du moment.


Il faut dire que le répertoire du musicien de Washington est particulièrement étoffé : du hip-hop du morceau "Kelly Rowlang" aux sonorités abrasives et industrielles de "Mossblerd" en passant par l’electro house et R’n’B de "Flagey God". Le chanteur nous fait également part d’une épatante diversité vocale. Là où la plupart des groupes feraient appel à plusieurs vocalistes, Bartees Strange se charge de tous les postes à la fois - y compris les chœurs - et alterne avec une aisance déconcertante les différents registres: rap, soul, emo, rock et même folk. Le morceau « In a Cab » est un parfait exemple de cette fusion des genres, renforcée par des cuivres et une batterie jazzy. 


A travers sa musique, Bartees Strange montre un certain mépris pour les genres et les "étiquettes". Etiquettes que nous subissons et usons de manière parfois inconsciente dans notre quotidien - l’auteur de ces lignes compris - et qui sont particulièrement présentes dans le domaine musical. Musique de blancs, musique de noirs ? Bartees Strange prouve que ces frontières ne sont qu’imaginaires et qu’il peut s’attaquer à n’importe quel genre. Le titre "Mossblerd", association des mots Mossberg (une marque d’arme à feu) et de "blerd" (fusion de black nerd), insiste d’ailleurs sur le sujet : "Genres Keep us in our boxes" (Les genres nous enferment dans des boîtes).


Tout au long du disque, Bartees Strange fait preuve d’une grande justesse à travers les styles musicaux abordés, évitant de tomber dans la démonstration ou dans une accumulation vaine, et parvient à conférer à son œuvre une réelle forme d’unité. La première écoute peut s’avérer déroutante, mais, force est de constater que malgré des styles parfois aux antipodes les différents titres s’enchainent de manière naturelle. De plus, Bartees Strange se montre particulièrement touchant à travers ses titres les plus singuliers : on pensera au rock atmosphérique de "Stone Meadows" dont les chœurs rappellent par moment Radiohead, ou encore la ballade folk "Far" qui se conclue par un final explosif et réjouissant.


Cet album ne plaira pas à tout le monde et cela n’est pas le but. En retraçant son histoire personnelle ainsi que son évolution musicale sur fond de racisme et d’indignation, Bartees Strange s’affranchit de toute limite stylistique pour produire une musique qui lui ressemble. Sans être novatrice, cette œuvre à la fois sincère et décomplexée est un véritable bol d’air frais pour qui voudra s’y aventurer. Nous nous garderons donc de mettre l’artiste américain dans une case tant il est impossible de prédire de quoi seront faites ses prochaines réalisations. Encore une bien belle découverte pour cette année 2020 !

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