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Critique d'album

Aphrodite's Child


666


(00/06/1972 - - Rock Progressif - Genre : Rock)
Produit par

1- The System / 2- Babylon / 3- Loud, Loud, Loud / 4- The Four Horsemen / 5- The Lamb / 6- The Seventh Seal / 7- Aegian Sea / 8- Seven Bowls / 9- The Wakening Beast / 10- Lament / 11- The Marching Beast / 12- The Battle Of The Locusts / 13- Do It / 14- Tribulation / 15- The Beast / 16- Ofis / 17- Seven Trumpets / 18- Altamont / 19- The Wedding Of The Lamb / 20- The Capture Of The Beast / 21- ? / 22- Hic Et Nunc / 23- All The Seats Were Occupied / 24- Break
Note de 4/5
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Note de 3.5/5 pour cet album
"Les 7 trompettes annoncent l'Apocalyse au son du rock progressif"
François, le 08/10/2022
( mots)

Pour célébrer les cinquante ans de l’album le plus fameux de l’histoire du rock progressif grec, on aurait espéré des événements moins tristes que la disparition de Vangelis, célèbre claviériste qu’on ne présente plus, suivie de celle de d’Irène Papas dont la participation fit scandale à l’époque, l’actrice simulant un orgasme sur l’un des titres. Ceux-ci sont allés rejoindre Demis Roussos, guitariste, bassiste et chanteur des Aphrodite’s Child, également accompagnés à l’époque des toujours vivants Lucas Sideras (batterie) et Silver Koulouris (guitare).


Nous ne mentionnons que les membres officiels du groupe, puisque pour offrir une œuvre aussi excessive que 666, relecture moderne et musicale de l’Apocalypse selon Saint-Jean, les enfants d’Aphrodite avaient recruté un certain nombre d’invités, dont le Français Michel Ripoche, un saxophoniste que les amateurs de la scène jazz et progressive hexagonale peuvent connaître pour son rôle au sein des pionniers de Zoo.


L’album est difficile à situer, d’une part par sa durée – c’est un double album de soixante-dix-huit minutes, mais également par la diversité stylistique qu’il affiche, au-delà du seul rock progressif auquel il est souvent et à juste titre associé.


Tout d’abord, notons que les années 1960 et leur substrat pop d’inspiration britannique planent toujours sur la composition : "Hic Et Nunc" ou "Fly" sont de purs titres pop, tandis que "The Beast" maintient ce registre sur fond jazzy, ou que le faux live "Babylon" navigue entre la perfide Albion (le passage avec les trompettes en particulier) et la côte ouest américaine. On note un petit côté psychédélique également, qui se fait sentir sur l’improvisation à la guitare qui se déploie sur "The Battle of Locust" et "Do It".


Mais la rupture est réelle, car Aphrodite’s Child se montre bien souvent expérimental, notamment lors de petites capsules, qui peuvent faire moins d’une minute, destinées à mettre en place l’atmosphère du récit et faciliter la narration. Dès le départ, le répétitif "The System" appelle à la révolution à l’aide d’un mantra, quand la narration se dévoile devant un piano tamisée de "Loud Loud Loud", avant une prière angoissante comme "Seven Bowls" ou l’homélie "Lament". Il ne faudrait pas oublier les pièces d’ambiance parfois bruitistes ("The Wakening Beast", le bizarroïde "Ofis"), "The Capture of the Beast" à la fois entraînant et planant, ou les passages jazzy presque canterburyens de "Tribulation" : on en trouve beaucoup sur la deuxième face du premier album qui est la plus complexe à saisir et la moins homogène. Enfin, le provocateur "∞" met en scène un orgasme féminin, et l’intérêt subversif laisse perplexe une fois les décennies passées et les mœurs assouplis.


Groupe grec oblige, les musiciens regardent également du côté des musiques traditionnelles, sur le tout à fait réussi "The Lamb", l’excellent "The Marching Beast", ou la pièce plus aérienne et éthérée "The Wedding of the Lamb" où on se surprend à vivre les festivités antiques. De ce côté-là, les métissages stylistiques sont aussi assumés que remarquables.


Bien sûr, comment évoquer 666 sans rappeler que grâce à cet album, le groupe devint un pilier du rock progressif et la plus grande gloire grecque du genre. "The Four Horsemen" et son chant plaintif sont devenus la signature de l’album dans la postérité, presqu’un tube, avec une ligne mélodique très attachante derrière des nappes de claviers et un rythme batterie new-wave avant l’heure, même si la partie soliste garde des aspérités 1960’s. "Aegian Sea" s’inspire clairement des Pink Floyd, avec la beauté du jeu de Vangelis, la guitare cristalline et la basse ronde, quand dans un tout autre registre, "Altamont" possède des côtés zeulhien, des cuivres imposants jusqu’au chant en passant par son tropisme jazz dans sa seconde partie.


Avec près de vingt minutes, "All the Seats Were Occupied" occupe presque toute une face et s’illustre comme la grande suite que tout groupe de prog’ se doit de composer. Elle permet d’entendre l’inventivité de Vangelis, mais aussi toutes les faces du groupe ; c’est un titre à l’image de l’album en somme, sur lequel on trouve d’ailleurs des citations à d’autres morceaux. Ainsi, au fil des notes, sont condensés les côtés répétitifs, incantatoires, liturgiques, les musiques traditionnelles, les passages psychédéliques, le jazz-latin à la Santana …


L’acte final d’Aphrodite’s Child se fait au son des trompettes de l’Apocalypse et de la renommée, sa dernière œuvre ambitieuse permettant aux Grecs d’entrer dans la grande histoire du rock. Un témoignage eschatologique qui aura bien sauvé le salut du groupe dans l’au-delà de la postérité, à défaut de l’avoir maintenu vivant dans ce bas-monde – à la sortie de l’opus, ils étaient déjà séparés.  


A écouter : "The Four Horsemen", "The Lamb", "Aegian Sea", "The Wedding of the Lamb"

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