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Critique d'album

Gentle Giant


Free Hand


(22/08/1975 - Chrysalis - Rock progressif - Genre : Rock)
Produit par

1- Just the Same / 2- His Last Voyage / 3- Free Hand / 4- Time to Kill / 5- On Reflection / 6- Talybont / 7- Mobile
Note de 4/5
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Note de 3.5/5 pour cet album
"Haut les mains, haut les choeurs"
François, le 05/04/2025
( mots)

Est-il possible d’être à ce point obsédé par la Chose qu’on en arrive à lui rendre hommage sur une pochette d’album ? Pas la Chose en soi chère à Emmanuel Kant, ni même la Chose dont la pudeur élémentaire oblige à taire le nom, mais celle qui a placé ses cinq doigts au service de la Famille Addams. Dans les faits, il faut plutôt y voir une main tendue aux États-Unis, véritable Eldorado à conquérir pour toute formation européenne : cet objectif commercial sera atteint par Free Hand, premier gros succès outre-Atlantique pour Gentle Giant, mais il fallut pour cela acquitter la rançon de la gloire.


Il est difficile de savoir si leur nouveau label, Chrysalis, leur avait laissé la main libre (j’arrête ici pour les jeux de mots), ou s’il avait un peu forcé le groupe à évoluer vers une musique toujours progressive mais plus policée. Le fait est que le résultat s’éloigne des divagation expérimentales d’In a Glass House (1973) et de la complexité raffinée de The Power and the Glory (1974), mais parvient à maintenir l’identité si particulière de Gentle Giant tout en arrondissant les angles obtus de leur musique.


Ainsi, les influences tirées des musiques Renaissance ou médiévales demeurent prégnantes sur l’instrumental Gryphon-ien "Talybont", ainsi qu’en creux sur le solennel "His Last Voyage", qui témoigne d’une belle maîtrise du contrepoint et du tropisme jazz-rock assez présent sur cet opus. De même, "Just the Same" semble vouloir renouveler les expériences de "The Runaway" (In a Glass House) avec des claquements de doigts (en lieu et place de bris de verres) et des dialogues instrumentaux alambiqués, bien que les développements soient bien plus abordables dans leur direction jazzy cotonneuse aux claviers prog’ assez léchés. Cet assouplissement de leur démarche n’empêche en rien le combo d’être très créatif, au regard de l’articulation des chœurs en canon et du vibraphone sur "On Reflection".


Il est cependant certain que Gentle Giant cherche à trouver (et parvient à négocier) un compromis entre son ambition hermétique originelle et sa nouvelle ambition commerciale. Ainsi, plusieurs titres adoptent un registre rock plus direct et efficace, mais l’agrémentent d’une touche très gentlegiant-ienne : c’est le cas de "Free Hand" bien entendu, qui illustre au mieux cet équilibre, mais aussi de "Mobile" (avec un superbe pont country-folk) et "Time to Kill", avec cette fois-ci un ton légèrement pop à travers ses chœurs et ses claviers soul.


Bien reçu à l’époque, Free Hand pourrait néanmoins décevoir une partie des amateurs du groupe par son manque d’initiative : si l’esthétique de Gentle Giant est absolument respectée, son actualisation ne se retrouve pas moins très assagie par les aspirations commerciales du combo. En cela, cet album est un signe de l’essoufflement de la vague progressive qui allait petit-à-petit disparaître avec l’écume de son ambition.


À écouter : "Free Hand", "His Last Voyage", "Mobile"

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