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The Future Is Medieval : Kaiser Chiefs fait sa petite révolution


Elise, le 13/09/2011

La version Mathilde


Indécision quand tu nous tiens

Kaiser Chiefs : groupe de Leeds au nom emprunté à une équipe de foot, qui eut un début de carrière idéal grâce à deux premiers albums sautillants et bourrés d’hymne anglo-anglais. Manque de pot, leur troisième galette Off With Their Head fit l’effet d’une cabriole de Gymnastique Rythmique et Sportive mal réceptionnée. Certes, la patte/pâte Kaiser Chiefs était là mais relevée de deux ou trois ambiances qu’on ne leur connaissait pas, et qu’ils n’avaient pas l’air de maitriser. C’est comme si les Kaiser Chiefs n’assumaient plus ce qu’ils étaient. La peur de ne pas se renouveler sans doute. L’album était finalement sympatoche mais attestait d’une remise en question musicale et d’un petit goût d’égarement pas flatteur et plutôt de mauvais augure pour l’avenir d’un rock band. Libre alors aux plus sceptiques d’imaginer un split, un renouvellement du line-up d’origine, ou pire l’arrêt du groupe. En tous cas, on s’attendait à un événement. "Challenge accepted !" comme dirait l’autre, les Kaiser Chiefs ont tapé dans l’exceptionnel pour leur retour en 2011 et la sortie de leur quatrième opus The Future Is Medieval. En plein doute et mal assurés sur la future direction artistique qu’ils voulaient emprunter, Ricky et ses potos ont eu l’idée génialement fainéante et logiquement prudente de laisser les fans décider de la tracklist et de l’artwork de l’album. Ou comment concrétiser, soyons honnêtes, le fantasme absolu de tout mélomane. Alors vite, on file sur le site du groupe et on choisit -avec une excitation pas du tout contenue pour ma part- la pochette et les titres. La sensation de toute puissance passée (comptez deux heures), il ne restait plus qu’à juger de la qualité de ces fichiers mp3 parce que, quand même, il s’agit de musique.

La première impression est que c’est sacrément le boxon au niveau des influences. Se dégage néanmoins un son qui va piocher dans les 70's et ses claviers psychédéliques. Mon choix s’est d’avantage arrêté sur des titres funs et entrainants, le but étant de concocter un album qui fasse écho aux débuts du groupe. J’attends des Kaiser Chiefs des morceaux dansants qui transpirent la Guinness. Parce que c’est leur créneau, me semble-t-il. C’est le cas de "Problem Solved" qui illustre à lui seul l’énergie bondissante du frontman Ricky Wilson et signe un retour aux sources Chiefiennes grâce à une bonne dose de synthé vintage et un petit break de basse qui tombe à point nommé. Puis au tour de "If You Will Have Me" et "Can’t Mind My Own Business" de renouer avec le brillant second album Yours Truly, Angry Mob : d’un côté une ballade faussement Beatlesienne touchante et suffisamment retenue pour éviter de tomber dans la mièvrerie (le batteur Nick Hodgson avait déjà chanté sur "Boxing Champ" lors du deuxième album et a bien fait de recommencer) et de l’autre une chanson bien foutue qui aurait pu être composée par Franz Ferdinand. En terme de chanson anglaise, "Dead Or In Serious Trouble" aussi se pose là. Ce titre montre toute la morgue Mod contenue dans le groupe, et confirme que les Kaiser Chiefs font partie des rejetons contemporains de ce mouvement tant par leur style que par leur musique one hundred percent british. "Out Of Focus" lui fait écho et sonne comme du Blur.

Mention spéciale de folie bienvenue pour "Cousin In The Bronx" et ses riffs qui font penser à ceux d’"Osez Joséphine" de Bashung (pas très heureuse comme comparaison, et pourtant…) et dont le refrain pourrait être la musique d’un dessin-animé télévisé. "Heard It Break", lui, réussit à mêler synthé 80's et percussions caribéennes, pour un résultat assez surprenant. Mais la meilleure surprise est le titre "I Dare You" qui constitue largement mon coup de cœur et le seul émoi de l’album (enfin du mien puisqu’il ne figurera pas sur le cd définitif, triste sort). On y tombe nez à nez sur le côté élégamment intriguant qui manquait chez les Chiefs, rythmé par le clavier et la guitare qui se répondent et s’entremêlent. Puis j’opte pour "Coming Up For Air", au piano si sourd qu’on se demande s’il n'a pas été enregistré dans les toilettes. Pas très fan des sons étouffés de la sorte mais j’ai cru y voir une occasion d’apprécier le talent d’improvisation des musiciens sur la fin de la chanson (et je me suis fourvoyée). Reste le choix de la dernière piste. La tâche est ardue. "Man on Mars" versus "Little Shocks". C’est finalement "Man On Mars", son refrain plaintif et sa tripotée de chœurs à la Arcade Fire qui aura l’honneur de clore ma version de The Future Is Medieval. Eh oui, contre toute attente (y compris la mienne), le soit-disant-catchy single "Little Shocks" ne figurera pas dans ma tracklist. Peut-être à cause de l’intro à base de cliquetis de cadavres de bouteilles et sans doute à cause de cette propension qu’a le refrain à tourner en rond sans jamais décoller.

Seulement six des chansons sélectionnées par mes soins figureront sur la version définitive de treize pistes. C’est un peu vexant. Il semble que je sois un tantinet en désaccord avec un groupe que je croyais connaitre. Cet album home-made constitue donc un bric-à-brac de titres, comme autant de drôles d’objets sur lesquels on peut tomber dans un grenier. Le tout dans une atmosphère générale très gloomy. Avec le risque de se casser les dents. On applaudit tout de même l’effort créatif car la plupart des chansons laissent à penser que les Kaiser Chiefs en ont sous le coude et possèdent quelques facettes intéressantes à exploiter (mais faudrait savoir les sélectionner !), notamment une certaine sensibilité cynique qui leur sied à ravir. Mais finalement, on retiendra d’avantage le coup marketing que l’album en lui-même. On peut même se demander si ce buzz n’aura pas servi à détourner l’attention des morceaux, somme toute assez moyens. Car il ne faut pas se mentir, les Kaiser Chiefs sont avant tout bons en live et explosent sur scène grâce à leurs hymnes remplis de "nah nah nah !". Reste ce sentiment désagréable d’avoir été utilisée et d’avoir un peu mâché le boulot d’un groupe en manque d’inspiration. J’ai comme une hâte sadique de voir comment ils vont s’en sortir au prochain album. The Future Is Medieval est certes plus inspiré que l'opus précédent mais est loin d'égaler les morceaux des débuts. Comme quoi, faut pas toujours chercher à faire dans l’original.

Tracklist: 1- Out Of Focus / 2- Problem Solved / 3- If You Will Have Me / 4- Can't Mind My Own Business / 5- Cousin In The Bronx / 6- Coming Up For Air / 7- Heard It Break / 8- I Dare You / 9- Dead Or In Serious Trouble / 10- Man On Mars

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Pearl Jam


Gigaton


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Si tout le monde connaît l’adage “qui aime bien châtie bien”, il semblerait que certains fans aient du mal à laisser leur formation fétiche se faire vertement critiquer, quand bien même elle n’aurait à l’évidence pas réellement cherché à se surpasser. Qu’on ne s’y trompe pas : Pearl Jam est un grand groupe, l’un des meilleurs à avoir émergé durant la décennie 90, une formation techniquement solide, artistiquement intègre et qui peut de surcroît compter sur un chanteur d’exception, mais un groupe qui a eu un peu trop tendance à vivre sur ses acquis durant les vingt dernières années. D’aucuns auront pu se contenter des corrects Lightning BoltBackspacerRiot Act et autre PJ (on peut même y ajouter un ou deux disques au passage) tandis que d’autres auront conspué le quintette de Seattle pour son évidente paresse. Rétrospectivement, et à l’écoute de ce Gigaton assez inespéré, ces derniers n’avaient pas tort, même si l’horizon Ten - Vs - Vitalogy paraît encore bien loin.

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