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Parcels :


Clément, le 10/12/2018

Un an. Une année que cette interview était promise à Albumrock. Parcels sortait alors son tout premier EP chez Kitsuné Records. "Ca va être chaud par Skype. Reviens vers moi lorsque tu seras de retour et on arrangera ça". Etant à ce moment au Mexique, leur attaché de presse m'affirmait que je devrais attendre la fin de mon séjour prolongé pour pouvoir rencontrer ce groupe fascinant. Une fois de retour, la croissance de Parcels avait été telle que son succès n'avait d'égal que son inaccessibilité. Jusqu'à une soirée parisienne du métier, en Mars dernier, où j'aperçois Jules commander un cocktail au bar. "Reviens vers moi lorsque l'album sortira. On se rencontrera. Je me souviendrai de toi". Nous voici en Décembre et c'est un immense plaisir pour nous de pouvoir vous partager cette superbe rencontre. Au format audio ci-dessous ou écrit selon vos préférences.


Albumrock : Avant tout, merci de m’accueillir !

Jules & Patrick : Avec plaisir ! 


AR : Jules, lorsque nous nous sommes rencontrés à la Release Party de L’Impératrice nous avons parlé du fait qu’il était très rare pour un premier album de subir le poids d’autant d’attentes. Car énormément de gens ont adoré votre EP, tu m’as dit que tu en avais conscience et que ça faisait beaucoup de pression. Quel est votre recul par rapport à ça, maintenant que l’album est sorti ?

Jules : C’est marrant parce que j’ai le sentiment que la hype et les attentes ont toujours l’air énormes, et une fois que c’est sorti, dans un sens, tout ça se calme. Genre le rideau tombe, c’est sorti, et les gens disent « Oui j’aime bien »… Je ne sais pas, ça n’a juste pas l’air si énorme de notre perspective.

Patrick : C’est clairement l’opposé du pic de sensation initial, inévitablement. Quand tu passes une année voire plus à travailler sur un album, tu es tellement dedans et tu te prépares tellement pour sa sortie... Et au final ce ne sera jamais ce sentiment auquel tu t’attendais. C’est juste fini. C’est ça le sentiment.  


AR : Oui je vois. Un peu comme un gamin qui attend son cadeau de Noël et se désintéresse une fois qu’il l’a ouvert.

J : Oui. Même si cette fois c’est allé très vite tu sais. Du moment où on a terminé l’album à sa sortie ça a été très rapide. Plus tôt dans le processus de finition de l’album on était genre « Wahou j’arrive pas à croire qu’on va le sortir dans genre 1 mois ou 2 ! ». Je me souviens avoir pensé « C’est dingue ! C’est tellement excitant ! ». D’une certaine façon c’était vraiment grisant ces mois à se préparer à la sortie. Et quand c’est sortie on était plutôt genre « Ok c’est bon on est prêt à le sortir ». 


AR : Mon avis sur l’album... la première fois que je l’ai écouté j’ai dit à nos lecteurs que ce n’était pas du tout l’album que j’attendais de vous, et que c’était justement exactement ça que j’attendais de vous. De me surprendre. Evidemment il y a des gens qui l’adorent, d’autres qui sont déçus parce qu’ils s’attendaient à quelque chose comme le 1er EP et vous vous êtes un peu éloignés de ça. Et vous avez tenté quelque chose de nouveau. Comment vous sentez-vous par rapport à ça et comment comparez-vous cet album au 1er EP ?

J : Tout d’abord on se sent vraiment bien par rapport à cet album parce que c’est plus « nous ».  On a beaucoup grandi depuis le 1er EP et on a beaucoup travaillé sur ce que l’on pouvait faire en tant que groupe. Tous les instruments que l’on pouvait jouer et comment on pouvait utiliser ces instruments sur l’album. Ensuite… comment est-ce qu’on se sent Patrick ?

P : Oui comme Jules disait c’était beaucoup plus à propos de nous qui travaillions davantage en tant que groupe. Tu peux le sentir dans l’album qui est beaucoup plus « live ». Il y a beaucoup plus d’énergie dans l’écriture plutôt que dans les éléments de production électronique. Ca me paraît également être une représentation beaucoup plus large des musiques que l’on aime et que l’on a joué à travers les années.

J : Oui. Le premier EP est beaucoup plus centré sur une seule direction. Là où ici nous avons vraiment voulu repousser nos limites tu sais ? Briser les frontières et amener plus d’inspiration de manière très spontanée. C’est là où se trouve tout le fun. Avoir la liberté d’aller dans tellement de directions et la difficulté de tout rassembler de manière cohérente à la fin.

P :  Nous avons fait notre premier album et je suis très content de comment ça s’est déroulé parce que ça nous donne le sentiment d’avoir maintenant une page blanche pour aller dans la direction que l’on veut. On a expérimenté avec beaucoup de sons différents. Un côté un peu folk, évidemment le côté funk que l’on jouait déjà et aussi électronique, hip-hop… Maintenant ça donne le sentiment de pouvoir s’ouvrir à encore plus de choses.

J : Oui, c’était important. 


AR : Je dois vous parler de la chanson « Credits » à la fin. J’adore l’idée mais… pourquoi ?

J : Pourquoi pas ? (rires)

AR : Je ne sais pas, c’est très inattendu.

J : Tu souris. Tu vois, c’est le but.

P : Apparemment Laura Marling a fait quelque chose de similaire sur son dernier album cette année aussi. Quelqu’un me l’avait dit l’autre jour. Apparemment elle en parlait en interview et elle a dit… En fait je vais juste répondre en citant son interview ici. (rires) Elle a dit que c’était parce que de nos jours, avec Spotify, le streaming etc, il y a tous ces producteurs et auteurs qui bossent sur les albums et plus personne ne lit leur nom nulle part. C’est cool et c’est moderne. En fait on n’y pensait même pas vraiment quand on l’écrivait. C’était plus une façon personnelle de remercier les gens autour de nous. Sans réel sens profond mais j’aime bien sa vision là dessus c’est vrai. C’est important de dire merci.

AR : Oui et c’est intelligent parce que le thème du morceau est vraiment génial. Il est vraiment entrainant donc t’es obligé de l’écouter en entier.

J : Oui c’était à moitié une blague, à moitié un moyen pour nous de sincèrement remercier les gens qui nous ont aidé depuis le début tu sais. Pas seulement ceux qui ont bossé sur l’album mais avant aussi. 


AR : Autre question. Je pense que ces artistes sont un bon exemple de personnalités élevées quasiment au rang de religion. Vous avez travaillé avec Daft Punk sur le single « Overnight ». Comment cela est-il arrivé ? C’est rare d’entendre des groupes produits par Daft Punk donc comment c’est arrivé, comment vous êtes-vous sentis par rapport à ça et  comment était cette expérience ?

J : Hum… C’est arrivé parce qu’ils sont venus voir notre premier concert à Paris et… hum…

P : Tu galères ?

J : Je galère ! (rires)

P : C’est une histoire que l’on a raconté tellement de fois en interview mais à chaque fois on se donne le challenge de la raconter différemment (rires). Naturellement c’est pas toujours facile (rires). Ils sont venus à notre premier concert à Paris. C’est ça l’histoire. Ils ont aimé et nous ont invité dans leur studio de manière très ouverte. Sans suggérer qu’on devait faire un morceau qu’ils allaient produire ou autre. Ils nous ont juste dit de venir. Nous sommes venus et… C’était incroyable…

J : Evidemment (rires). Et ça a changé… ça nous a permis de grandir genre… x 10 !  


AR : Certains suggèrent que lorsque vous avez rencontré L’Impératrice ils ont eu une grande influence sur votre musique. Est-ce vrai ? Et si oui, comment ?

J : Je suis totalement d’accord. Ils sont un autre exemple pour moi, lorsque je les ai entendu pour la première fois. Je pense que ça vient de la musique orchestrale française et de certaines façons dont les accords vont ensemble. Je pense que L’Impératrice a cette douce et belle progression des accords. Avec ce petit truc de disco douce… C’était vraiment agréable à écouter et ça m’a inspiré. Charles (De Boisseguin, leader de L’Impératrice ndlr) et moi avons eu plusieurs fois cette conversation où nous avouons que nous ne faisons que voler des choses à l’autre tout le temps. Mais c’est ce que tu fais quand tu fais une musique similaire. Il est là tout le fun.

AR : Une sorte de rivalité saine ?

J : Oui exactement. 


AR : J’adore poser cette question après la sortie d’un album. Quel est votre morceau préféré de l’album ? Y en a-t-il un qui vous procure plus de fierté que les autres ?

P : C’est pas une question facile ça… Ca fait longtemps que je n’ai pas écouté l’album.

AR : Vraiment ?

J : Tu l’as beaucoup joué par contre. Quel est ton favori ?

P : C’est pas pareil en live. Je ne sais pas si c’est mon favori mais l’expérience de composition et d’enregistrement de « Everyroad »… C’était un tel trip pour nous de jammer sur ce morceau de 8 minutes pendant les répétitions. Se laisser aller… Se dire que l’on fait un album et qu’on a pas besoin de n’écrire que des chansons pops. 

AR : Celui-ci est bien plus expérimental. 

P : Exactement. Et c’était le sentiment que l’on avait. Nous faisons un album, nous pouvons avoir des morceaux comme ça. Ca donnait un sentiment de liberté. Et à partir de là… C’était parfois horrible. On perdait des fichiers, on ré-enregistrait des trucs… On a cassé l’ordinateur avec toutes ces pistes d’enregistrement… Enregistrer des cordes dessus, des voix, des choeurs… Tout sur ce morceau était une expérience géniale !

J : Parce que la jouer en live dans la salle de répétition c’était une chose mais c’était une chanson très ambitieuse pour nous tu sais. Depuis le début on voulait que ce soit la pièce maîtresse et on voulait que ce soit comme un voyage qui engloberait l’album d’une certaine manière. Une sorte de transition de l’album.

AR : Un peu comme ce que Phoenix a voulu faire avec « Love Like A Sunset » à l’époque ?

J : Oui exactement ! On a eu l’occasion de le voir en live et…

P : Ca a été une grande source d’inspiration.

J : Je me souviens l’avoir vu en live et c’était géant. 

P : J’ai toujours adoré ce morceau. C’est en plein milieu de l’album et c’est l’un des plus beaux double morceaux que je connaisse. Ca sera toujours une grande source d’inspiration.

AR : Tellement de gens l’auraient vu comme un final et eux l’ont mis en plein milieu comme une sorte de transition avant de revenir en force.

J : Oui c’est génial.

AR : Sinon, c’est bien la voix de Flore (Benguigui, chanteuse de L’Impératrice ndlr) que l’on entend sur « Everyroad » n’est-ce pas ?

P : Oui c’est bien elle. Il y a eu tellement de bons moments en enregistrant ce morceau.

J : Oui c’était super. 


AR : Comme vous avez beaucoup travaillé avec Kistuné Records vous avez dû passer beaucoup de temps à Paris j’imagine. Des adresses à recommander en particulier ? 

P : C’était quoi le nom de ce restaurant à Burgers ?

J : Je ne m’en souviens jamais ! 

P : Jules nous parle tout le temps du meilleur burger du monde entier. Il l’a goûté une fois à Paris et il était genre « J’ai trouvé LE burger ! ». Le pire c’est qu’il y est allé beaucoup de fois mais il se souvient jamais du nom (rires). 

J : C’est Porte de Clignancourt. Il y a ce bar/restaurant à burger là bas… Mince il faut que je retrouve le nom… (“Le Ruisseau”, ndlr)

AR : Il y a tellement de bons burgers à Paris.


J : J’en ai vraiment mangé beaucoup de différents mais celui-là les surpasse tous de très loin. Vraiment. 


AR : Je vous avais vus à Paris Bercy en 1ère partie de Phoenix. Vous avez fait pas mal de concerts avec eux. Comment c’était ? Cette expérience ? Et comment est-ce arrivé ? Etait-il déjà une grande source d’inspiration lorsque vous les avez rencontrés ?

J : Premièrement ça a été l’une des meilleurs expériences de tournée que nous ayons eu.  Et c’était très inspirant de jouer avec un groupe qui a une telle carrière et qui reste si inspiré et si concentré sur sa musique… Ils ont tellement les pieds sur Terre.

P : Ils ont été une grande inspiration pour moi depuis le début. Depuis longtemps. Depuis que j’ai entendu Wolfgang Amadeus Phoenix. Quand c’est sorti on l’entendait partout en Australie. J’adore le fait qu’ils aillent plus loin dans cette direction.

J : Je me souviens que l’un des deux guitaristes est venu nous voir en concert à Paris également. Je l’ai rencontré après le concert.

AR : Tu veux dire que vous ne le connaissiez pas et qu’il est venu vous voir en concert puis vous rencontrer à la fin ?

J : Oui. C’est le bouche à oreille de la French Touch (rires).

AR : C’est vrai que Phoenix et Daft Punk sont assez proches (rires).

J : Oui et je pense que ça a ouvert des portes vers une telle opportunité pour nous. Ils nous connaissent tous maintenant (rires). 


AR : A quoi pouvons-nous nous attendre pour le concert de ce soir ?

J : Des cloches et des sifflets (rires).

P : Pleins de trucs fantastiques !

AR : Et Pépite en 1ère partie aussi.

P : Oui je ne les ai pas vus hier donc je vais les regarder aujourd’hui.

J : Ce sont de bons amis. Je suis vraiment content de les voir. Sinon oui nous allons jouer tout l’album entre autres choses que nous avons faites.

AR : Comme du 1er EP par exemple ou de nouvelles choses ?

J : Du 1er EP oui mais aussi de nouveaux arrangements, des nouveaux éléments dans ces morceaux… Ca va dans beaucoup de directions.

AR : Super. On a de grosses attentes alors !

P : Tu écris pour un magazine de rock indépendant c’est ça ?

AR : Exactement.

J : Il y aura du rock indé là dedans. Clairement.

P : On s’est mis à faire des choses un peu plus rocks dernièrement.

AR : Super. Merci beaucoup de nous avoir accueillis ici.

J & P : Merci à toi ! 
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Opeth


In Cauda Venenum


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De parangon du death-metal suédois à inclinaisons progressives, Opeth est passé en moins de dix ans à coqueluche du monde progressif tout court avec ses albums mélodiques et techniques typés 70’s. Gloire permise aussi par une esthétique affirmée ; il y a bel et bien un « son » Opeth qui est né depuis Heritage(comme il y a avait une identité claire dans la première période du groupe), et celui-ci n’est pas du tout renié dans ce nouvel opus tant attendu. En effet, In Cauda Venenum est dans la claire lignée des albums précédents, dont le dernier en date était le chef-d’œuvre Sorceress aux qualités exceptionnelles. 

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