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Opeth : XXème anniversaire


Pierre, le 08/04/2010

Entretien avec Martin Mendez


Il est 15h30 lorsque nous rencontrons Martin Mendez. Dehors, les détenteurs d’un pass VIP font déjà la queue devant le Bataclan. La salle est encore vide. Après une poignée de main chaleureuse et quelques marches gravies, nous voilà dans une loge rudimentaire. Deux chaises, un cendrier. Clope au bec, le bassiste répond calmement aux questions. Son léger accent espagnol trahit les origines uruguayennes. Un pays qu’il a quitté en 1997 pour rejoindre le combo suédois. Caché derrière sa tignasse de cheveux et sa barbe de trois jours, l’homme est peu loquace, mais toujours très humble. Il raconte sans ambages son goût pour la musique et pour la simplicité, lui qui voudrait ne jamais avoir à répondre aux questions.


Albumrock : Vous venez d’entamer une mini tournée à l’occasion des vingt ans d’Opeth. La première date s’est déroulée à Stockholm, ça c’est bien passé ?

Martin Mendez (basse) : Oui, très bien. Nous étions un peu nerveux au début, parce que nous avions une nouvelle équipe avec nous et que beaucoup de fans nous attendaient. En plus de ça Stockholm est très particulière pour nous, nous sommes à la maison là-bas. C’était un peu stressant, mais finalement tout c’est bien passé.

Cette tournée est assez spéciale, vous ne faîtes que six dates, pourquoi ?

C’est simplement que nous voulions faire quelque chose de spécial, nous jouons pendant trois heures, interprétons tout un album, nous assurons en fait deux sets complets. Je ne crois pas que c’est le genre de tournée que tu peux faire pendant un mois.

C’est votre choix de faire cette tournée ou c’est une idée du label ?

Oui, oui, c’est notre choix. Au début nous voulions faire une seule date vraiment énorme et puis quelques shows plus privés. Ca s’est transformé en six évènements.

Et pourquoi Paris ?

Nous avons essayé de choisir des villes importantes en Europe et aux Etats-Unis, des endroits où nous avons beaucoup de fans et où il serait facile d'accéder. Paris remplissait ces conditions.

Ce soir vous allez jouer Blackwater Park en entier. Pourquoi, c’est un cadeau pour les fans ?

C’est vrai que c’est le vingtième anniversaire du groupe, mais c’est aussi les dix ans de Blackwater Park. Et puis c’est vraiment cet album qui nous a lancé. Avant lui nous ne faisions pas de tournée, nous avions peu de fans, donc il a un statut un peu spécial et nous nous devions de le jouer.

Pour vous, c’est votre meilleur album ?

Non ce n’est pas vraiment le meilleur album d’Opeth, c’est juste l’album charnière qui nous a fait connaître.

Alors quel est votre album préféré d’Opeth ?

C’est difficile à dire. Chacun de nos disques est très différent et correspond à une période particulière, donc je ne crois pas que je pourrais dire que je préfère celui-là ou celui-ci.

Avec Mike (Mikael Akerfeld, ndr), vous êtes le dernier des membres présents lors de l’enregistrement de Blackwater Park. Avez-vous des souvenirs des sessions d’enregistrements avec Steve Wilson ?

Je m’en rappelle assez bien, on était en Suède dans un studio. C’était une bonne période. On a passé presque un mois et demi à vivre dans le studio, sans jamais sortir sauf pour acheter des cigarettes (rires), c’est un bon souvenir.

Et la collaboration avec Steve Wilson ?

Personnellement je n’ai pas vraiment travaillé avec lui, il est intervenu en post production, a surtout travaillé les vocaux avec Mike. Nous avions terminé d’enregistrer nos parties. Mais c’est vrai qu’il a permis d’apporter une nouvelle dimension à Opeth.


Pour votre part, ça fait 13 ans que vous êtes dans Opeth, comment vous sentez vous ?

Vieux ! (rires) Non, en fait c’est passé tellement vite. Ca fait tellement d’années, il y a eu des bons et des mauvais moments, surtout des bons. C’est une partie de ma vie très importante.

Vous n’êtes jamais lassé par les tournées, par la musique ?

Non pas vraiment parce que je pense qu’Opeth dépasse les carcans du métal, chaque album est très différent. Et même si cela peut être fatiguant, une fois sur scène je ne me pose plus aucune question, je prends juste du plaisir à jouer.

Par exemple quelle est la chanson sur laquelle vous prenez le plus de plaisir en concert?

Ca dépend des périodes, mais en ce moment je dirai "The Drappery Falls", parce qu’on ne l’avait pas joué depuis longtemps et que j’aime beaucoup cette chanson.

Actuellement Opeth est un des groupes de métal les plus reconnus au monde, c’est important pour vous ?

Bien sûr que ça fait plaisir d’entendre des gens dire du bien de ce que vous faites. Ce serait un mensonge de dire que je ne suis pas heureux d’avoir de la reconnaissance. Mais ce n’est pas la raison pour laquelle nous continuons à faire de la musique.

Est-ce qu’Opeth prend en compte les critiques qui lui sont adressées ?

Nous respectons toutes les opinions, chacun ses goûts.

C’est un peu cliché, mais vous êtes uruguayen et vous jouez dans un groupe suédois, y a-t-il parfois un fossé culturel entre vous et les autres membres ?

Non, plus maintenant. Je vis en Suède depuis près de 15 ans maintenant, j’y ai passé presque la moitié de ma vie. C’était un peu dur quand je suis arrivé de comprendre la société, la langue. Cela prend du temps, comme dans tout pays étranger. Mais c’était cool aussi parce que j’étais jeune, tout était nouveau pour moi, je venai pour jouer dans un super groupe. Même si c’était dur, je n’ai jamais trouvé horrible de quitter mon pays natal.

A ce propos, n’avez-vous jamais eu envie d'utiliser des influences latines dans la musique d’Opeth ?

Pas vraiment, les gens disent qu’Opeth a des influences latines, mais je ne trouve pas tant que ça. Je ne crois pas que ça influence vraiment Mike dans sa manière ce composer.

Justement, vous ne composez jamais pour Opeth, êtes-vous toujours contents des compositions que Mike vous propose ?

En fait Mike nous fait écouter des démos de ce qu’il a fait et à ce moment là chacun est libre de dire si tel ou tel passage lui plaît ou pas. Mais d’après moi, Mike écrit de la bonne musique. Il est rare que l’on se plaigne de ce qu’il propose.

Quelles sont vos influences musicales ?

Beaucoup de styles différents, du métal bien entendu, mais c’est sans doute le genre que j’écoute le moins. J’aime bien les vieux groupes de metal, mais je suis pas vraiment intéressé par les nouveaux. J’aime beaucoup le jazz, la musique latine aussi, j’aime la musique en général.

Et par exemple, quel CD tourne en ce moment dans votre platine ?

(silence) J’écoute beaucoup Astor Piazzolla qui est un compositeur de tango argentin, je trouve sa musique incroyable.


Opeth est un groupe qui a toujours pris soin de son image, qui propose de beaux coffret digipacks et de beaux artworks. Pensez-vous que c’est un moyen d’éviter le téléchargement illégal ? Quelle est votre position à ce propos ?

Je pense que maintenant tous les groupes savent qu’ils doivent préparer des choses un peu différentes. On ne peut plus se permettre de seulement sortir les cd comme on le faisait avant. C’est un gros problème que le téléchargement illégal, parce que les groupes sont désormais obligés de faire en sorte que les gens aient l’impression d'acheter autre chose que de la musique. Je trouve ça triste d’être contraint de proposer ces beaux objets, parce que finalement ce n'est plus la musique qui est au centre.

Quelle est la question que l’on vous pose trop souvent ?

Quelle est la signification d’Opeth ?

Quelle est la question à laquelle vous voudriez répondre ?

J’aimerai que l’on ne me pose jamais de questions (rires).
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