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Mandela Day


Steven Jezo-Vannier, le 07/12/2013
Nelson Mandela, héros anti-Apartheid de l'Afrique du Sud, est décédé dans la nuit du 5 au 6 décembre 2013, à l'âge de 95 ans, ayons aujourd'hui une pensée pour l'homme en revenant sur quelques hommages que le monde du rock lui a rendus de son vivant.

Nelson Mandela, héros anti-Apartheid de l'Afrique du Sud, est décédé dans la nuit du 5 au 6 décembre 2013, à l'âge de 95 ans, ayons aujourd'hui une pensée pour l'homme en revenant sur quelques hommages que le monde du rock lui a rendus de son vivant.


Le rock, musique engagée et contestataire, s'est évidemment impliqué dans les combats de Nelson Mandela, dont la figure de résistant charismatique a inspiré l'écriture de nombreuses chansons. Quelques-unes ont marqué leurs époques et les charts.
Dès 1984, le groupe de ska anglais, The Specials AKA, met en lumière la cause du célèbre prisonnier politique, détenu depuis vingt ans, en lui dédiant le titre "Nelson Mandela" sur l'album In The Studio. La chanson produite par Elvis Costello s'élève à la neuvième place des classements anglais et s'y maintient durant près de dix semaines ! En Afrique du Sud, elle échappe à la censure et devient un hymne à la contestation :

"Free Nelson Mandela
Free, free, free, free, free

Free Nelson Mandela
Twenty-one years in captivity
Shoes too small to fit his feet
His body abused but his mind is still free
Are you so blind that you cannot see ?
I said free Nelson Mandela
I'm begging you, free Nelson Mandela.
"

Nelson Mandela libre
Libre, libre, libre, libre, libre

Libérez Nelson Mandela
Vingt-et-un an de prison
Les chaussures sont trop petites pour ses pieds
Son corps est maltraité mais son esprit reste libre
Êtes-vous aveugle pour ne pas le voir ?
J'ai dit libérez Nelson Mandela
Je vous en prie, libérez Nelson Mandela.



Deux ans plus tard, en 1986, après de violentes émeutes, Johnny Clegg, surnommé le zoulou blanc, enregistre avec le groupe sud-africain Savuka la chanson "Asimbonanga", littéralement "Nous ne l'avons pas vu", incluse sur l'album Third World Child de 1987. Le titre mêlant Noirs et Blancs, langue zoulou et anglais, est un véritable défi à l'ordre ségrégationniste d'Afrique du Sud, il évoque le détenu n°46664 de la prison de Rubben Island :

"Oh the sea is cold and the sky is grey
Look across the island into the bay
[…]
A seagull wings across the sea
Broken silence is what I dream
Who has the words to close the distance
Between you and me.
"

Oh la mer est froide et le ciel est gris
Regardez l'île dans la baie.
[…]
Un battement d'ailes de mouette sur la mer
Briser le silence, c'est ce dont je rêve
Qui a les mots pour réduire la distance
Entre vous et moi


Deux nouvelles années passent. En 1988, Mandela va fêter ses 70 ans et regretter sa vingt-cinquième année de détention. Un grand concert est organisé à Londres pour soutenir l'homme et la cause, le Free Mandela Concert, qui réunit plus d'une cinquantaine d'artistes des scènes pop et rock. Parmi eux se trouvent Sting pour chanter "If You Love Somebody Set Them Free" et "Message In The Bottle", Joe Cocker avec "Unchain My Heart", Tracy Chapman pour "Talkin' About A Revolution" (elle dédiera "Freedom Now" à Mandela sur son album Crossroads en 1989), Dire Straits et Eric Clapton jouant notamment "Brothers In Arms", autant de titres qui prennent un sens particulier dans le contexte. Le groupe écossais de new wave Simple Minds écrit une chanson pour l'occasion : "Mandela Day".

"25 years ago
Mandela day
Mandela's free

If the tears are flowing wipe them your face
I can feel his heartbeat moving deep inside
It was 25 years they took that man away
And now the world come down say Nelson
Mandela's free
"

Il y a 25 ans
Le jour de Mandela
Mandela libre

Si les larmes coulent, essuie-les de ton visage
Je peux sentir les battements de son cœur profondément enfouis
Il y a 25 ans, ils ont emmené cet homme
Et maintenant le monde descend pour dire
Mandela libre


La chanson sort sur l'album Street Fighting Years de 1989, le single gagne la tête des charts et devient l'un des titres emblématiques de la lutte contre l'Apartheid et pour la libération de Madiba. Le show a lieu dans le stade de Wembley, le 11 juin 1988 ; retransmis, il est suivi par 600 millions de spectateurs dans le monde.
La pression mondiale et la contestation sur place brisent les fers de Nelson Mandela, qui retrouve sa liberté le 11 février 1990, et porte le président Frederik de Klerc, qui abat le régime odieux le 30 juin 1991.
La joie est générale. En 1992, Santana, dans l'album Milagro, littéralement « Miracle », dédie une chanson à Mandela et son engagement, "Life Is For Living" :

"In South Africa things are
Still the same
The face of humanity still
Hasn't changed
People have to fight to live together
And share with one another

We can change this to be
A better place for all
If we listen to others when they call
Give a shoulder to lean on
When they fall
Let us bring down the
Apartheid wall.
"

En Afrique du Sud, les choses sont
Toujours les mêmes
Le visage de l'humanité
N'a pas encore changé

Nous pouvons changer tout cela
Bâtir un endroit meilleur pour tous
Si nous écoutons les autres lorsqu'ils appellent
Offrons une épaule sur laquelle s'appuyer
Quand ils tombent
Laissez-nous abattre
Le mur de l'Apartheid.


Devenu président de l'Afrique du Sud en 1994, Mandela s'applique à installer l'apaisement et à cicatriser les plaies du pays, son combat se poursuit victorieusement en faveur de la réconciliation. Il transforme le visage de la nation, crée une nouvelle constitution, démocratique, s'implique dans les relations étrangères en faveur de la paix et de la liberté des peuples à disposer d'eux-mêmes. Dans les années suivantes, Nelson Mandela s'investit tout particulièrement dans les politiques de santé publique et de lutte contre le sida. Là encore, il reçoit le soutien du monde du rock.
Un nouveau grand concert est organisé en 2003 sous le nom 46664 Concert, matricule sous lequel était inscrit Mandela à la prison de Robben. Le nom est également inspiré d'une chanson, "46664 (Long Walk To Freedom)", que Joe Strummer, ancien membre des Clash, a écrite juste avant sa mort, en 2002, avec Bono de U2 et Dave Stewart de Eurythmics pour donner de l'écho à l'engagement humanitaire de Mandela. La chanson est chantée par Bono et Dave Stewart, accompagnés de The Edge, durant le concert du Cap organisé le 29 novembre 2003 autour d'une trentaine d'artistes dont Johnny Clegg.

"It's a long walk, long walk to freedom

Freedom rises from the killing floor
No lock of iron or rivet can restrain the door
And no kind of army can hope to win a war
It's like trying to stop the rain or steal the lion's roar.
"

C'est une longue marche, une longue marche vers la liberté

La liberté jaillit du plancher de l'abattoir
Aucune serrure en fer ni aucun rivet ne peut retenir la porte
Et aucune sorte d'armée ne peut espérer gagner une guerre
C'est comme essayer d'arrêter la pluie ou de voler le rugissement du lion.



Entre 2005 et 2008, de nouveaux concerts 46664 se sont tenus en Afrique du Sud, en Espagne, en Norvège et à Londres. En 2008, à Hyde Park, trente groupes et musiciens se sont retrouvés pour célébrer le quatre-vingt-dixième anniversaire de Mandela et soutenir sa fondation contre le sida. Johnny Clegg et Simple Minds étaient présents.
Cinq ans plus tard, U2 revient avec le titre "Ordinary Love", écrit pour la bande-originale du biopic dédié au père de la nation sud-africaine. La chanson est sortie en single le 29 novembre 2013, soit une semaine avant le décès de Mandela.

"For years I would believe
That the world couldn't wash it away.

'Cause we can't fall any further
If we can't feel ordinary love
We cannot reach any higher
If we can't deal with ordinary love
"

Car, pendant des années, je veux croire
Que le monde ne pourra effacer cela.

Parce que nous ne pouvons pas tomber plus bas
Si nous ne pouvons ressentir l'amour ordinaire
Nous ne pouvons atteindre aucun sommet
Si nous ne pouvons générer un amour ordinaire.



Commentaires
inconnu, le 05/06/2016 à 11:39
bien.
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