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Interview : Shaka Ponk (#2)


Emilie, le 14/05/2012
Debout à côté de la porte, Frah (chant), Samaha (chant), et Ion (batterie) nous accueillent tout sourire dans le box interview où se déroulera la conférence de presse. Une quinzaine de journalistes se suivent et s'installent face aux trois fauteuils préparés pour trois des membres de Shaka Ponk. Frah débute l'entretien avec humour et met tout le monde à l'aise en balançant un ''c'est l'histoire d'un mec …'' et Samaha enchaine quelques secondes plus tard en disant qu'ils ne savent pas comment ça se passe, les concerts ils commencent à connaître mais les conférences de presse, moins. C'est donc sans Goz, sans vidéo et sans lunettes mais avec gaieté et décontraction que les Shaka Ponk vont répondre aux curieux venus à Bourges en ce mardi 25 avril pluvieux.

''Ça sonne un peu comme on peut mais c'est cool. C'est le concept !''


Albumrock : L'album semble plutôt être ''brut de pomme'', vous mêmes dites que vous fonctionnez à l'instinct. Est ce que l'enregistrement ou le mixage ont été beaucoup travaillé ou est ce que vous êtes restés dans cet état d'esprit ?

Frah : C'est le moins qu'on puisse dire ! En fait on ne va jamais dans un studio, on fait tout dans une carte son, enfin en gros on a un ordi et on se débrouille pour faire notre disque. Mais pas de studio, pas de producteur, donc ça sonne un peu comme on peut mais c'est cool. Mais c'est le concept, on a envie que ce soit comme ça.

Ion : Ça s'étale un peu dans le temps parce qu'on n'a pas vraiment de période pour le faire, on l'a fait beaucoup dans le bus sur une période assez longue, entre deux dates, entre une balance et un concert.

Samaha : Mais on a promis de s'appliquer un peu plus pour le prochain -rires

Frah : En fait, en faisant ça on découvre plein de techniques qu'on ne connaissait pas. C'est comme les images, on apprend en faisant et puis après il faut sortir le truc, graver le CD, ça sort, puis on se dit ''oh putain y'avait un bouton là t'as vu ça faisait vachement mieux le son''. Du coup on sait pour le prochain qu'il faudra appuyer sur le bouton ! Et ça devrait être un peu mieux ..


Conférence : On s'était vus en 2009 et vous parliez d'Allemagne pour le deuxième album, et d'Espagne je crois, ça a été possible ou pas ?

Frah : Non ! On était bien partis dans cette idée de faire un album par ville -faut faire beaucoup d'albums. Il y a donc eu Berlin, Paris pour le deuxième, et puis ne sachant pas que ça allait marcher on s'était dit on part à Barcelone s'installer et on lâche tout. Mais malheureusement, c'est une grande tragédie pour nous, ça s'est mis à marcher, et du coup maintenant on est ici, et on verra bien. Ça nous a un peu perturbé dans cette idée, mais c'est un truc à faire ! Puis on n'a plus la même vie, avant on était un peu en mode squatte, donc on se retrouvait dans des endroits avec des gens qu'on ne connaissait pas trop, on faisait des choses avec peu d'outils. Maintenant avec les tournées ce n'est plus vraiment possible. Et même si on le faisait ce serait un peu artificiel car on a la maison de disque, que je remercie ! qui nous aiderait

Ion : En gros on est victimes de notre succès -rires

Frah : Oui on est des pauvres chouchous. Mais c'est un super truc à faire pour l'inspiration, et je conseille à tous les groupes d'aller s'installer dans une autre pays, dans une ville qu'ils ne connaissent pas, sans parler la langue ça c'est le top. En naissent des trucs, c'est assez original


Conférence : Quels sont les morceaux que vous aimez jouer sur scène ?

Frah : Ca change souvent ça .. Ça dépend des moments. J'aime bien le premier, ''Shiza Radio'', c'est le début du show, tu n'as mal nulle part, tout va bien, tu as du souffle.

Ion : Je crois qu'après chaque concert je me rend compte que ça change

Frah : Un morceau qu'on aime pas c'est plus facile ! Moi je me souviens qu'à une époque -rires- on jouait un morceau qui s'appelle ''Make it mine'', de l'album d'avant, et c'est quasiment a capella. Je chante, et il y a juste Ion qui tape un petit rythme à la ''We will rock you''. Sauf que je ne suis pas Freddy Mercury du tout !! -rire général. Du coup je me souviens de grands moments de solitude en faisant ça. Les premières je me disais ''mais qu'est ce que je fous là à chanter tout seul devant tout ces gens''. Et puis des fois t'es pas en forme, tu chantes mal, tu le sais, tu te dis ''oh la la …''. Ca je détestais, quand il arrivait je flippais. Par contre quand je réussissais j'étais trop content ! Je sortais en me disant ''yes !'' mais ça arrivait très rarement. Heureusement on ne le joue plus.

Samaha : Mais dis quelque chose que tu aimes !

Frah : Non je préfère dire quelque chose que je n'aime pas .. Ah oui, le premier couplet de ''Kill Star'' dans les gens. A chaque fois c'est un cauchemar !

Ion : Parce qu'à chaque fois tu sautes dans le public aussi

Frah : Ouais …


''On est des pauvres chouchous victimes de notre succès''


Conférence : Aujourd'hui on vous voit partout, est ce qu'il y a eu un élément déclencheur à ça ? Les Victoires de la Musique par exemple ..

Samaha : On a l'impression que ça a été comme ça très pentu, mais je pense que ça a pris pas mal de temps pour que ça monte. Je crois que c'est pas mal de bouche à oreille, les gens venaient nous voir sur scène .. mais je ne vois pas d'élément déclencheur

Frah : Les Victoires ça ne nous a pas aidé réellement. En plus on a perdu ! C'est toujours Izia qui nous taule .. Là on va lui en toucher deux mots (NB : Izia et Shaka Ponk jouent sur la même scène ce soir là). Il y a eu une montée progressive et là c'est vrai que depuis peu de temps ça explose, mais on a du mal à savoir pourquoi.

Ion : En fait les salles se remplissaient de plus en plus avant que les médias en parlent. Ils nous ont rattrapés une fois que les salles étaient remplies, c'est pour ça que ça été assez progressif et qu'aujourd'hui on a l'impression que ça éclôt d'un coup, mais non.

Frah : Je pense que le fait que les médias se soient intéressés subitement à nous, a déclenché un effet boule de neige .. J'aime bien cette expression .. Et donc ça a été exponentiel ! J'adore les maths -rires


Conférence: Vous avez un rituel avant de monter sur scène ?

Samaha : Beaucoup de musique, avant de monter on met la musique assez fort

Frah : On n'a pas le truc comme font tous les groupes quand ils se prennent dans les bras en rond, mais je me demande s'ils le font vraiment en fait .. Je suis sûr qu'ils ne le font que pour les caméras !

Samaha : Pour les caméras tu crois ? Mais on devrait essayer ! Non, on est plutôt à faire des pompes, moi je suis tellement stressée que j'arrive à rien d'autre. Ou je fais une prière -rires

Ion : On passe pas mal de temps dans les loges, plus personne ne rentre, on met la musique assez forte, on communique par des regards ..

Samaha : En fait le show commence fort donc il faut vraiment arriver dans une énergie forte.

Frah : On regarde parfois des vidéos de nous. On se regarde dans le miroir, nus, pour se motiver -rires. Non mais on regarde souvent des vidéos de nous parce que c'est bizarre de sortir d'une loge et d'arriver devant plein de gens d'un seul coup et qui se mettent à crier très fort ! Si t'es pas prêt, il y a moyen que pendant un quart d'heure tu sois 'aaah qu'est ce qu'il se passe''. Donc on se met un peu dedans, on regarde des trucs … Des fois je filme les gens aussi dans la salle, puis après je les regarde et je me dis ''lui il va être chiant'', ''lui il est déguisé en banane, il va être cool'', ''lui je peux lui sauter dessus'' -rires


Conférence : Est ce qu'à 17 ans, vous faisiez déjà de la musique ?

Tous les trois : Oui

Ion à Frah : J'ai vu des photos !

Samaha : Ah aaah tu rougis ! -rires

Frah : En fait je faisais de la batterie, très mal.

Samahah : Moi j'ai mon père qui était chanteur, et je faisais ses premières parties. Donc dès l'âge de six ans je faisais de la scène.

Ion : A 17 ans je jouais avec des potes, on s'amusait. C'est loin ! On jouait quasiment tous je crois

Frah : Mais tout le monde fait de la musique à 17 ans. Aujourd'hui ça devient beaucoup plus accessible. On trouve plein de choses sur internet c'est assez rigolo, des jeunes de 17 ans qui reprennent du Shaka Ponk ..

Samaha : et c'est mieux que nous donc on est dégoûtés !

Frah : Ouais c'est un peu énervant


''On continue à faire tout nous-même, enfin le plus possible, et puis on verra''



Albumrock : Avec votre ''explosion'', les concerts qui s'accumulent etc, est ce que vous laissez un peu le travail graphique de côté ?

Samaha : Malheureusement non ! Mais c'est vrai qu'on y pense car plus le temps passe plus on a de travail. Mais on veut vraiment maîtriser l'image … Si vraiment on rencontre quelqu'un de génial, un graphiste extra, pourquoi pas partager

Frah : C'est vrai qu'on a eu du mal à tomber sur des gens objectivement bons. Quand tu commences à avoir un petit peu de succès, tu as beaucoup de monde qui vient vers toi en disant ''hey je peux faire des trucs aussi''. Et nous on a plutôt tendance à dire ''ouais, c'est cool !!'', mais après t'es dans la merde parce que le mec ne sait pas faire, tu te retrouves à essayer de rattraper des trucs ou tout refaire. C'est difficile de déléguer, il faut vraiment tomber sur des bons, il y en a mais c'est soit ils bossent donc ils n'ont pas le temps, soit il faut les payer très cher. Donc on se dit qu'on continue à faire tout nous même, enfin le plus possible, et puis on verra. Mais c'est vrai qu'on a du mal là !

Samaha : Mais on va y arriver !


Conférence : Est ce qu'avec le succès vous avez pu aller plus loin techniquement, graphiquement .. ?

Frah : Oui ! Là on a réussi à enfin avoir un écran top. Avant on avait le petit rond trampoline, là on a pu négocier des choses plus intéressantes. Notre but était de pouvoir mettre des personnages de plein pied sur scène, avant on ne pouvait pas. Ce n'était qu'une tête de singe et des choses abstraites, des typo, on a commencé les ombres chinoises aussi. Maintenant on a cet écran rond, on peut mettre nos personnages de plein piedss, on peut avoir un recul suffisant par rapport au projecteur. C'est tout un tas de détails qui fait que c'est très difficile de pouvoir faire ce qu'on a envie sur scène. Ça coûte cher dès le début, puis il faut la bonne scène, un style de lumière, du personnel .. Là on arrive à quelque chose d'intermédiaire, c'est à dire qu'on aimerait bien faire d'autres trucs, mais on nous fait comprendre que c'est un peu tôt -rires. On s'est bien lâchés, on a pu faire les images comme on le voulait et puis on est à 90% de ce que l'on souhaitait faire, car on a fait ça très vite. Du coup le top du top c'est la vidéo à deux dimensions, donc un écran qui contient les personnages, et derrière, un décor. C'est ce qu'on a fait dans quelques salles, dans certains festivals mais pas ici car il faut un temps d'installation qui est trop long.


Conférence : Ce qui rajoute des difficultés en format festival pour vous

Frah : Ouais ouais ouais. Il faut que ce soit la nuit déjà

Ion : Mais ça c'est pas nouveau, vu que ce sont des vidéos projecteurs on est dépendant de la nuit, même avec le petit écran

Frah : Sauf que ce qu'il y avait dedans, ça pouvait ne pas être visible. Là ça m'ennuierait quand même. On a fait quelques concerts en plein jour

Ion : Et on a trouvé d'autres trucs pour faire les malins. On s'est body-painté à Solidays et au Mainsquare

Frah : Mais je crois qu'on va en faire d'autre des festivals où on ne peut pas mettre de vidéos. Du coup c'est bien, ça booste l'imagination.

Ion : Mais on a quand même l'impression qu'il nous manque quelque chose, on est un peu frustrés

Samaha : On a besoin de Goz !


''S'il y en a un qui se barre, on est dans la merde''


Conférence : Et l'arrivée de Sam s'est passée comment alors ? Car en 2009 vous en parliez mais il n'y avait que sa voix, là elle est sur scène ..

Frah : On a capturé son chien

Samaha : -Rires, c'est ce que je dis tout le temps ! Au départ c'est vrai que je bossais pas mal avec eux, et depuis pas mal de temps je posais ma voix mais elle était trafiquée. C'était des samples, il fallait surtout pas qu'on reconnaisse ma voix parce que de toute façon je ne montais pas sur scène avec eux. Donc il fallait que ce soit samplé. Et j'avais pas envie de monter en fait, ça tournait super bien donc je me demandais pourquoi il voulait que je monte avec eux. J'aimais bien faire les images, être à côté .. Et c'est vraiment parti du jour des Victoires de la Musique, le jour où tu as capturé Tyson, mon chien ! Mais c'est vrai qu'il y avait beaucoup de morceaux où il y avait ma voix qu'ils ne pouvaient pas jouer sur scène du coup. Donc ils m'ont un peu mis le couteau sous la gorge

Frah : C'était le seul truc qui manquait en fait ! C'était frustrant.

Sam : Pardon .. Mais c'est vrai que ça a mis du temps, le groupe tournait déjà bien avant. Puis deux chanteurs c'est particuliers, je voyais pas trop pourquoi il voulait mais je me suis dit pourquoi pas essayer. Si je me sens mal je m'en vais, je me remets derrière les rideaux où ça se passe très bien

Conférence : Sur scène le partage se passe très bien, pour la composition aussi ?

Samaha : Pareil, c'est très instinctif ! Je peux avoir une mélodie, ou une idée de couplet, je peux arriver avec une idée de refrain … Ça peut être Ion qui compose très bien aussi, on est habitués en fait, c'est vrai que ça fait pas mal de temps

Frah : En fait s'il y en a un qui se barre, on est dans la merde ! Parce qu'il y aura un chaînon manquant, alors que là ça se passe plutôt bien, on arrive toujours à rebondir, et on a des horaires différents. C'est à dire qu'il y en a qui ne dorment pas au même moment que les autres et ça c'est parfait parce que tu te lèves, tu vois ce que l'autre a fait et tu te dis ''oooh ça c'est pourri, ça c'est pas mal'', donc tu peux te mettre à bosser pendant que l'autre se repose. Et quand il revient il te dit ''oh mais pourquoi t'as lâché un truc super ?! Trop tard, poubelle. Et ça rebondit, et ça fait des morceaux.


Conférence: Donc là les autres dorment en ce moment.

Samaha : Ah presque ! Ils dorment et ils font du montage aussi, enfin ils trient les vidéos. On a Monster Monkey TV qui est là (Ndlr : La Monkey TV du Printemps de Bourges), qui filme pour notre chaine internet, donc il travaille. Sinon on a tous nos ordis dans le bus, on monte, on fait tourner.



La Monkey TV que vous pouvez retrouver sur le site de Shaka Ponk
Leur facebook

Sans oublier un grand merci à Frah, Samaha et Ion pour leur sympathie, à l'équipe du Printemps de Bourges, et aux journalistes présents pour leurs questions.

Photos de Jean-Philippe ROBIN
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