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Interview : Amplifier


Nicolas, le 10/05/2012
Tir groupé en ce mercredi 2 mai où nous mettons à profit une après-midi de libre pour nous attaquer à deux grands acteurs de la scène rock anglaise à tendance lourde et sensible (et ce n'est pas une contradiction) : Anathema et Amplifier qui partagent l'affiche au Bataclan. Place tout d'abord aux seconds qui ouvrent quelques heures plus tard pour la double fratrie Cavanagh - Douglas. Comme à son habitude, c'est Sel Balamir lui-même qui a pris en compte notre demande d'interview et qui a répondu personnellement à nos e-mails. Rendez-vous est donc donné à 14h, par une après-midi maussade et passablement pluvieuse. Dès mon arrivée, on m'oriente vers une grande gigue cool à lunettes cintré dans l'uniforme officiel d'Amplifier : pantalon noir, chemise assortie et cravate anthracite flanquée du poulpe faisant référence à The Octopus. Par déduction il s'agit probablement du nouveau bassiste, mais qui est-il donc ? Pas de réponse, mais pour l'heure le contact est jovial et la poignée de main chaleureuse. "Ne bouge pas, je vais chercher Sel !". OK, man, j'attends. Pas longtemps, d'ailleurs : quelques minutes plus tard, voilà le frontman qui franchit les portes de la salle de concert avec un grand sourire. Les présentations d'usage emballées (nous ne nous connaissions que par échanges de mails), nous prenons le chemin du café du Bataclan et entamons l'entretien devant un bon café. Et l'entretien sera long, sincère et passionné, et se poursuivra même ensuite sur l'élection présidentielle française ! Interview d'un homme qui a une vision bien personnelle de la musique, mais qui place surtout l'humain avant toute autre considération.


Albumrock : Bonjour Sel et merci de nous avoir accordé cette interview. Tout d'abord il me semble qu'il s'agit de votre premier concert français, non ?
Sel Balamir : Pas le tout premier. Nous avons déjà joué au Nouveau Casino, ça fait un bon moment, à l'Elysée Montmartre aussi, et dans une très petite salle parisienne… je ne me rappelle plus le nom.

Comment se passe la tournée jusqu'à maintenant ?
Oh, c'est fantastique. Toutes les dates sont sold-out, c'est vraiment bien.

Et quelle est la réaction des fans d'Anathema qui, pour la plupart, ne vous connaissent pas ?
Je crois que c'est vraiment une grosse tournée, et tu l'as dis : la plupart des gens ne nous connaissent pas, on joue devant des assemblées de milliers de personnes. Je pense que ce que nous faisons est assez différent d'Anathema, et je crois que c'est un bon mélange pour les gens qui viennent nous voir.

Comment vous êtes-vous retrouvés en première partie de la tournée européenne d'Anathema ?
Les deux groupes se connaissent depuis un certain temps, nous avons le même agent de tournée, et il nous a demandé si on voulait ouvrir pour eux, c'est aussi simple que ça. Je pense que, fondamentalement, c'est un bon show. Nous nous entendons très bien ensemble, tout se passe vraiment dans la bonne humeur, et pour le public, c'est un bon package !


The Octopus est sorti depuis maintenant un peu plus d'un an, et il a récolté un bon nombre de très bonnes critiques, notamment sur albumrock. Malgré tout, est-ce que tu penses que vous êtes parvenus à le diffuser suffisamment et, également, à bien le vendre ?
En fait, The Octopus vient encore tout juste de sortir pour nous. Quand on l'a mis en vente, on voulait vraiment obtenir le plus possible de presse, et… on pense en avoir vendu plus que si on était passé par une maison de disque. Mais surtout, on continue à en vendre encore et encore, je ne sais pas, un peu plus d'un millier chaque mois. Tu vois, si on l'avait sorti avec une maison de disque, on en aurait certainement vendu plus au départ, mais là ça continue, et c'est vraiment bien. Un millier par mois, ça ne semble pas si important, mais si ça se poursuit sur un, deux voir trois ans, et franchement c'est bien parti pour, je pense qu'au final ça risque de faire un bon chiffre.

Cet album a été bien apprécié en France, à albumrock mais aussi ailleurs. Tu savais que The Octopus est l'album de 2011 le mieux noté par les lecteurs de Metalorgie, qui est l'un des plus gros webzine de métal en France ?
Non, je ne savais pas. "Metalorgie" ? (rires) j'adore ce nom. Woah, c'est impressionnant ! Mais pourtant on n'est pas un groupe de metal, hein ? J'imagine que ça rejoint ce que je pense, qu'Amplifier fait du rock qui peut plaire à pas mal de monde. Tu vois là par exemple on tourne avec Anathema, mais on pourrait tout aussi bien tourner avec Mondo Generator, Therapy?, ou un groupe de métal ou de stoner. On essaye de s'adresser au maximum de gens, même aux grand-mères ! (rires) Non, plus sérieusement, c'est fantastique, d'autant que nous, on n'a pas de soutiens, pas de publicité, on n'a que vous, les magazines et les webzines. Et chez albumrock, il a fini comment dans vos classements ?

Quinzième chez les internautes, et je crois neuvième à la rédaction. Mais tu sais, nous on traite vraiment de toute sorte de rock, donc ça dilue les votes.
Yeah, c'est bien !

Si tu devais faire un autre album de la trempe de The Octopus en terme de songwriting, enregistrement, marketing, distribution, est-ce que tu le ferais de la même façon ?
Non, clairement, mais surtout parce que The Octopus est un "one shot". C'est arrivé à un certain moment dans nos vies, dans certaines circonstances, on a eu l'occasion de se lancer dans ce projet, on avait un certain état d'esprit. C'était il y a six ans, et maintenant tout est différent, on n'aura plus jamais ni le temps, ni l'isolement pour le refaire. On avait l'opportunité, on l'a prise, fin du jeu. Surtout on est pleinement conscient que la pire chose serait de refaire un disque du même genre, ça ne fonctionnerait pas. Tu vois, si The Octopus était notre dernier disque et qu'on partait là-dessus, sur de bonnes impressions et un statut quasiment de "classic rock", ça m'irait parfaitement (rires) ! Là en ce moment, on travaille sur un autre album, et je peux te dire qu'on part dans quelque chose de radicalement différent.


Vous avez dû déplorer le départ de votre bassiste, Neil Mahonney, j'espère que tout s'est passé en bons termes ?
(pensif) Hum… c'est facile d'être dans un groupe quand on a vingt ans, ça l'est beaucoup moins à trente neuf. Tu vois, tu as besoin de gagner ta vie, de faire vivre ta famille, tu as besoin de stabilité. Être dans un groupe n'est pas une situation très sûre, et Neil… avait d'autres sources de revenus, il jouait pour d'autres groupes en tournée, guitare ou basse, et de plus en plus les emplois du temps d'Amplifier et ceux de ses autres projets se chevauchaient. Pour lui, c'était insoutenable. Donc il est parti, il a pu trouver un boulot stable et nos pensées l'accompagnent. Depuis nous avons un nouveau bassiste (NDLR Sel Balamir ne veut pas préciser son nom), et il est vraiment cool, c'est l'exact opposé de Neil. Ça nous entraîne dans une direction différente, et c'est vraiment bien pour nous parce qu'on ouvre un nouveau chapitre, on a besoin d'une impulsion, et même si c'est un peu forcé, ça nous fait du bien, je pense.

En parallèle vous avez accueilli un nouveau membre en la personne de Steve Durose, l'un des anciens guitaristes d'Oceansize. Comment est-il venu jouer chez vous ?
Oui ! Nous sommes amis depuis qu'Amplifier et Oceansize ont donné leurs tous premiers concerts à Manchester, et tu sais que Manchester est une toute petite ville ? (rires) Je veux dire qu'à Manchester, on était les seuls à jouer ce type de rock à l'époque dans les années 90, on partageait les mêmes affinités, on fuyait les effets de mode et les médias, et depuis nous étions des amis proches… mais pour être parfaitement honnête, je vais te dire comment ça s'est passé. Quand Oceansize a décidé de se séparer, je participais à un forum de discussion sur Internet, et un type a écrit : "Ça serait cool que Steve Durose vienne jouer avec Amplifier maintenant !". Et là je me suis dit : "Mais ce n'est pas idiot, comme idée !" Ni une ni deux je l'appelle, il accepte, et la semaine suivante il jouait avec nous. C'est aussi simple que ça, vraiment ! Si personne ne l'avait suggéré sur le forum, je n'y aurait même pas pensé ! (rires)


Vous avez annoncé récemment la sortie prochaine d'un nouvel album, Mystoria. Ça fait un peu plus d'un an après que The Octopus soit arrivé dans les bacs : c'est un temps finalement assez court après un projet d'une telle envergure, non ?
Oui, mais ce qu'il faut voir, c'est qu'on a écrit et enregistré The Octopus il y a très longtemps. A la base, c'est très différent d'enregistrer un disque et de le sortir, et c'est la sortie, la distribution qui a pris du temps. Donc on était dans de bonnes dispositions pour continuer avec un nouvel album. D'autant que Mystoria est très différent de The Octopus : ce dernier était vraiment… sombre, alors que le nouveau projet est léger et joyeux. Pour le moment on a juste annoncé le disque largement à l'avance, un peu comme avec The Octopus : on crée l'info, on la laisse grandir auprès des auditeurs, on crée l'attente. On ne l'a pas encore achevé, mais… tu as écouté le single qu'on a offert en téléchargement, "Silvio" ? Je pense qu'il est assez représentatif du reste du disque. C'est bien moins ambitieux, et beaucoup plus dans l'optique de notre premier album, avec des morceaux de trois-quatre minutes. Tu vois, après avoir donné dans la complexité, c'est bon de revenir à un peu plus de simplicité ! (rires)

Tu as dis à propos de cet album que ce serait une sorte de grunge progressif. Ça veut dire quoi exactement, "grunge progressif" ?

Hum, ça n'englobe pas le sens habituel qu'on accorde au grunge. Ce que j'aime énormément dans la scène de Seattle des années 90, c'est ce croisement entre gros son et belles mélodies, ça a donné des disques incroyables. Les arrangements sur ces disques étaient simples et puissants, mais on y trouvait surtout des chansons brillantes. Je pense que Mystoria possède beaucoup plus de singles potentiels que sur tous nos albums précédents réunis. c'est intéressant, ça nous donnera peut-être l'opportunité de passer sur les radios, je ne sais pas… le contexte n'est évidemment plus le même que dans les 90's, mais ça me plairait assez de passer à la radio. Je spécule, c'est sûr, mais j'aimerais assez ça.

Peux-tu nous dire quand exactement l'album sortira ?
Aussi vite que possible, en tout cas avant qu'on n'ait plus d'argent ! (rires)

Vous le sortirez via une méthode "do it yourself" comme pour le précédent, ou bien vous signerez sur un label ?
Non, on ne signera pas sur un label, certainement pas. A moins qu'on nous propose une certaine stratégie, notamment si on nous propose une distribution aux Etats Unis, Sinon, ça rime à quoi ? Il faudrait qu'on vende déjà au moins 200.000 copies du précédent puis qu'on ait envie d'aller plus loin… et même là je ne suis pas certain que ça vaille le coup. Et puis tu sais, nous on ne fais pas de "garage", si tu vois ce que je veux dire (rires), on n'a pas besoin de buzz, de hype… ça m'énerve, tout n'est que hype en ce moment, tu ne trouves pas ? Je n'aime pas cette façon de voir le business, je n'aime pas qu'on me dise combien je vaux. Je sais ce que vaux Amplifier, je n'ai pas besoin qu'un manager me le dise ou qu'il me le fasse croire… et qu'il le fasse croire à tout le monde. Je sais exactement ce que je vaux.


L'année dernière quand je t'ai interviewé, tu me disais qu'Amplifier était plus un groupe de classic rock qu'un groupe progressif. Tu t'es réconcilié avec le terme progressif depuis ?
Clairement, je vais te faire la même réponse à peu de choses prêt, parce que tout n'est qu'une question de terme. Pour moi un groupe comme Pink Floyd, c'est du classic rock, pas du progressif. Le prog, c'est Yes, pas Pink Floyd, et je vois plus Amplifier comme du classic. Mais aussi je mettrais dans cette catégorie Led Zeppelin, Black Sabbath, même AC/DC, ça n’est pas une question de genre. Bon c’est sûr qu’on n’est pas aussi connu, mais... on se revendique de cet héritage, on s’en est nourri depuis notre enfance, et c’est ce rock qu’on aime, pas le progressif. En tout cas clairement, Amplifier n’est pas un groupe progressif, ça c’est clair ! (rires)

Vous venez de Manchester, une ville qui a vu naître beaucoup de bons groupes de rock. Est-ce que tu penses que le fait de vivre à Manchester t’a influencé dans ta musique ou ton songwriting ?
Oui, je pense que oui, je veux dire que ces groupes dont tu parles ne sont pas de notre style, mais... quand Amplifier et Oceansize ont débuté, c’était dans les 90’s, et Manchester était alors la ville la plus influente musicalement au Royaume Uni, nous avions eu des groupes comme Joy Division, New Order, Happy Mondays, tous différents mais partageant le même esprit. Et puis il y a eu Oasis... tu sais, Oasis fait du rock à haute énergie, du rock que j’aime, même si on ne joue pas du tout la même chose actuellement, c’est d’ailleurs le même cas de figure avec Joy Division. Clairement, ce terrain nous a apporté pas mal d’opportunités. Et puis il y a l’influence de la ville elle-même. Franchement, la vie à Manchester est horrible (rires), ça favorise l’inspiration !

Est-ce que le succès te fait peur, le fait d’être exposé à la pression, d’être plus visible dans les médias, de jouer dans de plus grandes salles ?
Non, non, vraiment pas. Regarde l’endroit dans lequel on joue ce soir, c’est juste... woah ! Et puis on en est à un stade où on peut contrôler notre croissance. A la base, quand on fait du rock, on veut grandir, se sécuriser, prospérer, c’est naturel...

… Mais si le groupe continuait à grandir, encore et encore, jusqu’à jouer dans des stades ?
Oui, c’est vrai, on ne veut pas aller jusque là. Il nous appartient de décider de ce que nous souhaitons devenir. Dans notre cas, nous n’avons pas de label, nous n’avons pas de nécessité de vendre plus de disques, nous jouons dans des salles dépassant le millier de personnes, nous vendons nous-mêmes nos disques et nos propres T-shirts, et franchement, ça rapporte beaucoup, vraiment beaucoup. Tu vois, si on devait payer une compagnie de disque, un manager, et tout un tas de gens au passage, c’est clair qu’il ne nous resterait pas grand chose. Mais ce n’est pas le cas. Et puis fondamentalement, tout ce à quoi j’aspire, c’est être dans un groupe et explorer le monde et la vie en musique. Tout le reste, c’est secondaire, ça facilite seulement les choses. Je n’ai pas envie d’être dans le plus grand groupe du monde, et de toute façon il n’existe plus, ce fameux plus grand groupe du monde. Maintenant il y a Internet, n’importe quel groupe peut toucher n’importe qui sur la planète. Nous, tout ce qu’on veut, c’est juste un minimum de sécurité, pour nous et nos familles, et c’est tout.


Quel est ton regard sur l’industrie du disque ? Il y a quelques jours, nous avons été informés des difficultés de Roadrunner Records qui ferment leurs bureaux en Europe. Est-il trop difficile de vivre de la musique désormais ?
Ça dépend de la façon dont tu envisages les choses. Tu vois, c’est encore une raison pour laquelle nous ne signerons jamais sur un label, que ce soit Roadrunner, Kscope, ou n’importe lequel. Pour eux, clairement, c’est "game over". En fait, mon sentiment, c’est que si un groupe ne possède pas une relation très forte avec ses fans, j’allais dire ses "clients", ça n’a aucun de sens de jouer de la musique. C’est fondamental pour nous : nous nous adressons directement aux gens. Les compagnies de disque ne voient que le résultat final, elles ne peuvent qu’encourager les consommateurs à acheter des produits physiques, elles ne sont pas pleinement impliquées, elles focalisent leur temps et leur argent sur le produit fini. Ca c’est l’ancienne méthode, et c’est fini désormais. La nouvelle méthode, c’est le contact direct, l’échange, le partage. Toutes les interviews, tous les articles qui nous concernent ne viennent plus de personnes anonymes, ce sont des gens que nous rencontrons, des amis, des gens à qui nous avons parlé. On ne se contente pas de dire "bonjour" et de serrer quelques mains, on s’implique complètement avec eux. Et on reste en contact par internet, on répond nous-même aux mails, on poste sur des forums de discussion etc. Tu ne peux pas t’investir autant si ton seul et unique but est de vendre des disques. Donc en un sens, la situation actuelle ne me surprend pas.

Mais si vous n’aviez pas été sur un label au départ, chez Music For Nations dans votre cas, ça aurait été beaucoup plus difficile, non ?
Absolument, je suis d’accord. Le plus difficile, pour un groupe, c’est d’obtenir ses premiers milliers de fans, c’est vraiment là qu’on rame. Mais, pour autant, bien qu’on ait pu obtenir ces premiers milliers de fans lorsqu’on était chez Music For Nations, ils restaient anonymes, nous ne connaissions pas leurs noms. Pire : sur un label, tu ne connais personne, ni les manufacturiers de disques, ni les tourneurs, les contacts dans le milieu, personne ne voulait nous les donner, il a fallu que j’aille moi-même prospecter sur le terrain. Donc on a commencé sur un label, mais à l’époque l’opportunité de proposer de la musique via Internet n’existait pas. Si vous faites du bon boulot et de la bonne musique, si les gens l’apprécient, dans l’absolu vous pouvez raffler les mille premiers auditeurs en une après-midi. Nous, ça nous a pris six ans. Donc voilà : fin de l’ancienne méthode, début de la nouvelle, c’est tout.

Mais la nouvelle méthode doit également se heurter au piratage, non ?
Non, non, il faut bien le comprendre : c’est impossible de combattre le piratage. On peut vivre avec, pas le combattre. Pour faire la part des choses, il faut parvenir à créer chez l’auditeur un investissement émotionnel. Si les auditeurs vous aiment, qu’ils vous supportent, alors c’est automatique : ils comprennent qu’ils doivent vous soutenir et acheter un minimum, des disques, des T-shirts, des places de concert, peu importe. Dans le type de musique qu’on fait, et soyons honnêtes, vu le nombre relativement peu élevé de gens qui l’apprécient, la compréhension de ce type de pratique est évidente. Ça doit l’être le plus tôt possible, avant que tu ne te coupes de ton public. Imagine que Radiohead ait fait ça, imagine que je puisse maintenant envoyer directement un mail à Tom Yorke et que je puisse lui balancer "Hey Tom, comment tu vas ?". Ça, pour moi, c’est la voie. Et à partir de là, le piratage, honnêtement, on s’en fout, ça revient au même. Les gens peuvent pirater notre musique, mais s’ils ne l’écoutent pas, qu’est ce qu’on a à perdre ? A l’inverse, s’ils l’écoutent, je veux dire s’ils l’écoutent vraiment, pas juste une fois ou deux en regardant la télé, si elle les accompagne dans leur vie et qu’elle compte pour eux, alors on s’y retrouvera toujours. En un sens, je ne vois pas le piratage comme du vol, mais comme de la libre distribution, ou même de la publicité gratuite. Il y a deux façons de voir les choses : soit tu te braques, tu dis que le piratage c’est mal, tu prends des dispositions légales, tu bloques les adresses IP, tu arrêtes des personnes, soit tu vis avec et tu t’adaptes. C’est la même chose pour tous les médias, tous les biens de communication et de divertissement, comme pour les films. Regarde ce qui se passe avec la 3D : sans le piratage, cette évolution n’existerait probablement pas ou en tout cas pas à cette échelle.

Est-ce que vous avez l’intention de revenir en France et de faire une tournée complète ?
Pas dans l’immédiat, mais je peux te le dire : on reviendra, à Paris, ici au Bataclan ou même à l’Olympia si on peut (rires), ou ailleurs, et on voudrait vraiment pouvoir aller dans d’autres villes. Tu sais qu’Anathema a fait une tournée française de quinze jours l’année dernière ? Quinze jours ! Le rêve. En plus il paraît que la nourriture était vraiment fabuleuse, alors tu penses qu’on est tenté !

Remerciements à Sel Balamir pour sa disponibilité et son accueil, à Dave Morrissey et à Roger Wessier.
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Opeth


In Cauda Venenum


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De parangon du death-metal suédois à inclinaisons progressives, Opeth est passé en moins de dix ans à coqueluche du monde progressif tout court avec ses albums mélodiques et techniques typés 70’s. Gloire permise aussi par une esthétique affirmée ; il y a bel et bien un « son » Opeth qui est né depuis Heritage(comme il y a avait une identité claire dans la première période du groupe), et celui-ci n’est pas du tout renié dans ce nouvel opus tant attendu. En effet, In Cauda Venenum est dans la claire lignée des albums précédents, dont le dernier en date était le chef-d’œuvre Sorceress aux qualités exceptionnelles. 

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