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CODA Festival 2017 - Bilan


Clément, le 13/12/2017

Au sein des Hauts-de-France est né un projet à l'initiative de la municipalité de Bondues. Ce projet, c'est le CODA Festival. Un événement ayant pour but de rassembler les artistes locaux indépendants et les groupes plus connus au sein d'une même affiche. La première édition d'un beau projet auquel Albumrock était invité. En voici donc une vidéo récapitulative signée Méloman, accompagnée de sa version texte.


Salut à vous audiophiles, c'est Méloman, et aujourd'hui on se retrouve pour le bilan de la première édition d'un festival 100% indépendant des Hauts-de-France. J'ai nommé : le CODA Festival !


Le CODA Festival c'est un projet musical né dans la ville de Bondues qui est déjà très engagée dans la promotion des artistes locaux indépendants. Après de multiples éditions de tremplins musicaux, la ville a décidé de créer le CODA Festival où les talents de la région partagent l'affiche avec des groupes plus connus. Et pour une première édition, la tête d'affiche avait de quoi faire baver puisqu'il s'agissait de Papooz, un groupe parisien en plein essor aux airs de Pop ensoleillée. Mais on y reviendra.


Petit aparté, je précise pour les artistes que j'ai rencontré durant l'événement que mon propos a pour but de rester objectif vis-à-vis des prestations de chaque groupe. Je pense donc sincèrement chaque compliment que je fais mais également chaque critique qui se veut constructive. Merci de les considérer comme telles. Surtout que dans sa globalité, le festival nous a proposé des prestations d'une qualité rare. De quoi soulever une nouvelle fois le débat de la place des artistes indépendants dans le paysage musical. Est-ce que c'est parce que ça passe à la radio que c'est mieux ? Spoiler : NON.


La journée a démarré pour moi avec la prestation du groupe qui se fait appeler les "Skamarades" et qui, comme son nom l'indique, fait du bon gros hard rock comme au bon vieux temps. Nan c'est pas vrai... Ils font... Bah ils font du Ska... (Ok je sors)


Bref, les Skamarades ont investi la scène du CODA avec leurs 5 membres multi-instrumentistes qui jonglent entre leurs différents instruments tout au long de leur prestation. En ce sens, il y a beaucoup de spectacle et il faut bien admettre que chaque individu est particulièrement investi sur scène. Le seul hic... c'est que l'ambiance ne prenait pas vraiment. Et selon moi pour une raison simple : le groupe n'avait rien à faire à l'affiche ce jour-là. Et ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit, ce n'est absolument pas à cause d'un manque de qualité. Je m'explique. La programmation du CODA se veut particulièrement Pop-Rock tout en s'adressant à un public assez large attiré par les têtes d'affiche que sont Papooz pour les plus jeunes et La Maison Tellier pour... les autres. Et les Skamarades c'est un groupe qui chante avec humour et qui transpire l'ambiance de fête du village où la bière coule à flot et où on s'éclate entre voisins. Rien de mal à cela au contraire, mais ça ne pouvait juste pas prendre. C'est normal. Ca dénote beaucoup trop avec le reste de l'affiche. Et c'est un peu le risque avec les événements municipaux, c'est qu'avec le temps il y a des relations qui se forgent entre certains artistes et la municipalité, à cause d'une certaine récurrence dans les événements, et naturellement certains groupes se retrouvent programmés au-delà de tout souci de cohérence dans le line-up et pour moi ça a un peu desservi le festival. Du moins sur cette prestation.


Venait ensuite June Bug que personnellement j'ai beaucoup apprécié. Il s'agissait d'un duo avec un set plutôt original dans la mesure où les deux membres avaient chacun des pads qui leur permettaient de lancer des samples, et des percussions. L'un se concentrait davantage sur la guitare tandis que l'autre était plus centrée sur le chant. Il y avait un vrai travail sur les transitions et le groupe n'hésitait pas à utiliser des punchlines de film sous forme de samples, ce qui permet de faire quelques clins d'oeil avec le public ce qui fonctionne toujours très très bien. J'ai noté qu'il y avait aussi un vrai contraste entre des aspects plus folks et d'autres aux sonorités plus hard voir électro. Et parfois le tout dans le même morceau. Au final c'est assez difficile de déterminer des influences ou de faire des comparaisons avec des groupes existants et c'est vraiment un bon point selon moi puisque ça prouve qu'il y a une identité qui est propre. Il y avait une vraie originalité dans les outils utilisés sur scène notamment par les différents instruments employés ou l'usage d'un mégaphone par exemple, et tout ça participe à une certaine ambiance. Ajoutez à cela le fait que le rendu sonore du live était réussi et vous avez la recette pour une excellente découverte festivalière ! Mais selon moi il manquait un petit quelque chose pour que le duo montre son plein potentiel. Notamment l'implication des membres que ce soit dans leur attitude ou leur apparence. Je m'explique. Un concert c'est une chance unique de défendre ses compositions en live devant un public. C'est du spectacle. Ce qui veut dire que la personne que vous voyez sur scène ne reflète pas forcément l'artiste dans sa vie de tous les jours. Et j'aurais aimé que June Bug le comprenne. Il y avait clairement quelque chose à faire dans la mise en scène. J'ai senti un gros manque d'engouement de la part des deux membres qui en plus, et c'est là où j'arrive au passage touchy, était fringués comme à la ville. Alors que dans leur style, ils auraient tellement gagnés à incarner des personnages et se donner un code vestimentaire. C'est le genre de détail qui peut faire la différence du point de vue du public. Néanmoins la musique reste très bonne et je vous invite à écouter leur EP, You Don't Know Who I Am qui est loin d'être désagréable à l'écoute.


Est venu le tour des Space Alligators qui nous ont fait profiter d'une très bonne pop, parfois aux airs de Vampire Weekend, notamment sur leur morceau "Catch Me". Musicalement c'était vraiment bon et je tiens à faire mention de choeurs de qualité, dont le batteur. Ce qui est suffisamment rare et technique pour être souligné. Mais aussi d'un bassiste qui bouge ! Et je ne veux pas tomber dans les clichés mais ça aussi, c'est suffisamment rare pour être souligné. Le seul hic c'est que ça ne prenait pas vraiment au niveau de l'ambiance. Il n'y avait pas grand monde avant le soir dû à une communication pas vraiment maîtrisée, mais le souci c'est que le groupe avait l'air beaucoup trop affecté par ce détail. Règle numéro 1 du live, et j'ai conscience que ce n'est pas évident en pratique, mais tu fais la même prestation quoiqu'il arrive. Qu'ils soient 1 ou 1,000 tu fais la même prestation. Point. Ce n'est pas au public de s'ambiancer avant toi. Ca peut arriver effectivement s'il y a eu d'autres concerts avant et que la bière a coulé à flot, mais dès que tu sors de ce cadre, t'es mort. Tu dois être en mesure de donner ton énergie au public. Et pas l'inverse. Et en l'occurrence on ne savait pas vraiment sur qui se reposer. Personne ne prenait vraiment le lead du live sur scène. Il y a eu des tentatives d'artifices scéniques, et je pense surtout au bassiste qui plusieurs fois essayait de s'avancer avec sa basse et d'avoir des interactions avec le public. Mais à chaque fois qu'il y avait une tentative d'artifice scénique il y avait une timidité qui était palpable, ce manque d'assurance qui faisait un peu pétard mouillé. Ca ne fonctionnait pas vraiment. A la limite je dirais que le batteur s'en sortait le mieux parce qu'il s'essayait à quelques folies dans ses breaks et dans son échange avec le public. Le seul problème c'est que la position même de batteur fait que tu restes très limité là dedans. Et là, ils ont commis l'irréparable. Le chanteur a critiqué son public. Il leur a dit mot pour mot : "On est très content d'être là mais on trouve que vous ne bougez pas assez comme public." Mec, tu fais pas ça. Ton public il est là, il s'est déplacé pour te voir, il te donne un peu de son attention et de son temps, il aurait pu être ailleurs en train de regarder des vidéos de chats sur YouTube mais il a décidé d'être là. S'il ne bouge pas, c'est ta faute. C'est à toi de trouver ce qui va le faire interagir. Et pour avoir vu des groupes mettre le feu avec 50 personnes dans des lieux prévus pour 1,000, t'as pas d'excuse. Surtout que pour les commentaires que j'ai dit plutôt, la prestation était largement perfectible sur ce point. Cela dit, je tiens à revenir sur le fait que Space Alligators était l'un des groupes les plus intéressants musicalement de la journée. Ca restait très bon. Notamment avec quelques passages très pop à la Two Door Cinema Club et d'autres sonorités parfois beaucoup plus rock. Le tout était savamment orchestré et je le répète, au niveau purement auditif, c'était presque un sans faute. Donc je vous invite vraiment à voir ce qu'ils font, ils sont sur Spotify. Bref, à surveiller !


La nuit commence à tomber quand la toulousaine Norma rejoint la scène à son tour. De ce que j'avais écouté avant l'événement, Norma c'était l'une de mes plus grosses attentes de la journée. Avec des mélodies vraiment accrocheuses et une voix très sensuelle elle me faisait penser à Anna Calvi. Et puis son autre argument c'était le génial "Girl In The City" que je n'arrivais juste pas à me sortir de la tête. Au final la voix est toujours belle sur scène donc là dessus pas de mauvaise surprise. J'ai noté qu'elle jouait vraiment avec ses tripes et qu'elle vivait l'interprétation de chacun de ses morceaux. Et ça se voyait. Pour revenir sur l'aspect de mise en scène que je mentionnais avec June Bug, Norma incarne un personnage atypique en live qui colle avec sa musique. Alors elle est certainement comme ça dans la vraie vie aussi mais c'est plus facile pour nous de rentrer dedans. Certains morceaux se démarquaient vraiment. Il y avait le fameux "Girls In The City" mentionné plus tôt mais aussi une chanson jouée en solo au piano qui était très touchante. J'ai beaucoup aimé. Le seul défaut que je trouvais à la prestation, et qui n'est pas des moindres, c'est qu'il y avait un malaise presque palpable dû à une sorte de timidité j'imagine. Norma jouait pour elle et que pour elle. On avait presque peur de déranger. Sinon je tiens à amener une certaine attention sur le batteur que j'ai trouvé juste génial ! Déjà pour le mythique pull "Bailleul" qu'il arborait fièrement, mais aussi pour le personnage. Tous ses gestes étaient exagérés à outrance et transpiraient la maladresse, mais le pire, c'est que si tu fermais les yeux tu te rendais compte que les grooves étaient bons et que ça sonnait. Ca sonnait même très bien. Mais le personnage participait vraiment au rendu du spectacle. Ca ajoutait un peu de comique à la prestation et on ne va pas s'en plaindre.


Au tour de l'attraction principale de la journée : Papooz. En toute objectivité bien sûr. Papooz c'est un duo qui mélange savamment la Bossa Nova, la pop et le rock et qui est accessoirement l'un de mes plus gros coups de coeur de 2016. Mais à l'époque où j'ai décidé de ne pas l'inclure dans mon top 10 annuel, je ne savais pas encore que ce serait l'une des plus grosses bêtes de scène qu'il me serait donné de voir. En même temps, quand on écoute l'album ce n'est pas évident à deviner. C'est très détendant et surf pop avec des parties de guitare des plus appréciables mais pas de quoi s'attendre à ça. J'avais interviewé le groupe plus tôt dans la journée donc j'étais assez familier avec le second degré omniprésent d'Armand et Ulysse, et mes attentes s'en étaient retrouvées au plus haut. Et je n'ai pas été déçu. Chaque membre était ultra impliqué dans le live. Gros plus pour le violoncelle qui sonnait merveilleusement bien et le batteur très expressif. Ulysse n'arrêtait pas de faire le con et de jongler entre des vannes ou des imitations ratées de caïd qui n'en étaient que plus drôles. Le pire c'est que c'était tellement un sans faute que je n'ai pas grand chose à dire de plus. Pour le dernier morceau on a eu le droit à la suite à un solo de batterie, de guitare, puis de violoncelle. Mais ce qui m'a le plus frappé c'est que ces mecs jouent de la surf pop avec une attitude de pur rocker des années 70. Il y a un décalage qui se créé et qui rend le tout assez comique en plus d'être musicalement parfait. Le set contenait certains morceaux à rallonge adaptés pour le live et le groupe à su faire de nous, alors qu'on était peu nombreux, d'immenses privilégiés. C'était... un grand moment de musique. Vraiment. Je ne saurais que trop vous conseiller de vous jeter sur leur album mais surtout, SURTOUT, d'aller les voir en live. Ah oui et l'interview arrive.


Pour finir, La Maison Tellier. Pour ceux qui ne connaissent pas, La Maison Tellier ce n'est pas une famille de sourds muets et ce sont encore moins les enfants spirituels de Sébastien Tellier. Il s'agit d'un collectif folk de chanson française qui tire son nom d'une nouvelle de Maupassant, et qui a connu son heure de gloire pour leur titre magnifique "Sur un volcan" ou encore leur reprise country du très fameux "Killing in the Name" de Rage Against The Machine. Musicalement c'est très beau. Il faudrait être de mauvaise foi pour ne pas leur accorder ça. Les choeurs sont à tomber et les mélodies font mouche. Mais... c'est tout. Vous allez me dire que c'est déjà pas mal, et vous avez peut-être raison, mais pas en concert. Aucune communication avec le public, ils se contentaient de jouer leurs morceaux entre eux, et je suis désolé mais ça ressemblait tellement à du Noir Désir que ça en devenait dérangeant. Je regardais le concert accompagné d'un certain Benoît, que j'ai rencontré là bas et qui se reconnaîtra. Après un ou deux morceaux il s'est indigné et m'a dit : "Ah non mais là je suis désolé c'est Noir Désir. C'est du plagiat. C'est pas parce qu'il y a une trompette que ça change les mecs !". Et le pire c'est qu'il avait en partie raison. Il y a très peu d'originalité dans la musique de La Maison Tellier et comme la prestation scénique ne suit pas vraiment... ça fait un peu pétard mouillé.


Voilà pour le CODA Festival ! De manière générale le festival était une franche réussite sur sa programmation, son organisation et son matos. La vache ! Quel son ! Et permettre à de petits groupes indépendants de jouer dans ces conditions c'est vraiment louable. Donc très bonne initiative de la part de la ville de Bondues. Dans ch'Nord !


En revanche cela reste une première édition organisée par des personnes dont ce n'est pas le métier, et ça se sent. D'une part dans la communication qui aurait gagné à avoir plus de présence sur internet, et d'autre part dans la cohérence de la programmation. Et je ne pense pas qu'aux Skamarades. Finir sur la Maison Tellier ce n'était vraiment pas un choix judicieux. Après Papooz on aurait peut-être préféré avoir un petit peu d'électro, comme le veut la tradition en fin de festival. Et enfin, autre détail qui peut paraître futile mais en ce qui concerne la musique diffusée entre les groupes sur la sono...Là aussi il va peut-être falloir briefer l'ingé son parce que passer du Queens of the Stone Age avant Papooz ça me paraît pas ultra pertinent. J'adore les Queens hein, ce n'est pas le problème. Mais ça dénote quand même sacrément avec le style. Donc à l'avenir ça pourrait valoir le coup de briefer l'ingé son ou de faire une playlist à l'avance.


Mais c'est du détail. Le CODA revient apparemment l'année prochaine et ça c'est une excellente nouvelle. Il faut promouvoir et soutenir des démarches comme ça. Ce projet est né de la passion de vrais audiophiles. Et ça, c'est beau !


Voilà, si vous avez aimé la vidéo n'hésitez pas à mettre un pouce bleu, à vous abonner et à la partager ! Ca reste le meilleur moyen de soutenir mon travail. 


Je vous retrouve bientôt pour un nouvel épisode des rencontres Méloman, d'ici là portez-vous bien et écoutez du son.

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