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Compte-rendu de concert

The Warlocks


Date : 10/07/2009
Salle : La Maroquinerie (Paris)
Première partie : Four Dead In Ohio
Maxime, le 04/08/2009
( mots)
A quelle sauce, ou plutôt sous quelle épaisseur de goudron les sorciers de L. A. allaient-ils dévorer le public français en ce début de mois de juillet, alors que l’été s’installe timidement dans la capitale ? Le dernier passage des Warlocks remonte à 2005 où ils défendaient à l’Elysée Montmartre le très beau Surgery qui marquait la descente du combo de Bobby Hecksher dans un puits de noirceur abyssale, vase sonore dans laquelle leurs opus suivants se vautrent avec volupté. C’est avec la crainte tenace de se fader des gerbes de larsen de 15 minutes chevillée au ventre que l’on pénètre dans l’antre de la Maroquinerie. Coupons court de suite à tout suspens : on se sera trompé du tout au tout.

On ne s’épanchera pas longtemps sur la prestation de la première partie assurée par les Four Dead In Ohio, sortes de Brian Jonestown Massacre wannabes, avec la rangée de guitares et les chemises à carreau règlementaires mais sans le talent, l’envergure et la puissance hypnotique. Accueilli par un silence glacial (on aura rarement vu une première partie ne récolter aucun applaudissement de bienvenue lors de son entrée en scène), le groupe n’obtiendra qu’une écoute polie de la part de l’assistance, visiblement peu désireuse de se rendre à leur prochain concert à l’International annoncé par le chanteur. Un set qui s’est laissé suivre sans enthousiasme.
http://www.myspace.com/fourdeadinohioband

Hecksher et ses troupes débarquent alors pour installer le matériel avec la mine sombre du galibot parti au turbin. C’est pourtant sous une déferlante d’applaudissements qu’ils sont accueillis lorsque les lumières s’éteignent. Grimé au 3/5, le groupe déploie majestueusement ses ailes de vautour affamé sur le club de la butte de Belleville baigné de lumières sanguines et de projections kaléidoscopiques. Echappé de leur dernier opus, "Red Camera" ouvre le débat sous une grêle de guitares malingres. Comme toujours chez les Warlocks, on reste frappé par l’apparente contradiction entre des musiciens semblant partis dans un trip solitaire, chacun dans sa bulle, et l’admirable homogénéité et cohérence du son qu’ils déploient. Pas besoin de se regarder pour communiquer. John Christian Rees grimace en faisant suppurer de sa Gretsch ses lourdes litanies, tel un Quasimodo de la pédale fuzz. Récemment débarquée des Mere Mortals, la bassiste japonaise Mimi Star arbore un maquillage inquiétant et se dandine stoïquement comme une poupée au mécanisme enrayé. Ryan McBride suit les ébats de l’autre côté de la scène, tandis que Bob Mustochio, désormais seul à tenir les fûts, alterne torpeur plombée et rythmiques tribales, gouvernant avec puissance et adresse l’entreprise. Au centre des hostilités, Hecksher, tignasse ébouriffée, préside, en se cambrant d’une étrange manière, comme s’il singeait un poulet en rut, mais la grâce est dans chacun de ses mouvements.

Loin de se lancer dans d’épuisantes divagations bruitistes, le groupe exploite le versant le plus rock’n’roll de son répertoire, ne reniant pas ses orages mélancoliques ("So Paranoid"), mais refusant de s’enfermer dans le shoegazing obstiné. Le public approuve avec ferveur chaque extrait de la set list. Le point culminant de la soirée est atteint lorsque le quintet dégaine trois morceaux à la suite de son chef d’œuvre Phoenix. "Shake The Dope Out" essuie des trombes d’applaudissement et de "Hey Hey Hey !" hurlés à chaque refrain, "The Dope Feels Good" et "Hurricane Heart Attack" font soulever l’assistance de plaisir. La communion se poursuit lorsque Hecksher fait monter un quatrième guitariste pour égrener "Caveman Rock" et "Angry Demon". Un rappel au cours duquel "Come Save Us" et "Inside Outside" brilleront à leur juste valeur de leurs feux cramoisis s’achève sur le leader maximo, ravi et presque abasourdi par l’accueil reçu, bredouillant quelques menus remerciements. Même s’ils se sont parfois égarés dans leurs récentes productions, les Warlocks n’ont pas perdu une once de leur charisme ni de leur force shamanique. Une excellente nouvelle qui clôt un concert du même tonneau.
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Album de la semaine

Black Mountain


Destroyer


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Cela vous aura peut-être échappé, mais Black Mountain a discrètement rendu l’âme il y a de cela un peu plus de deux ans. Oh, rien d’aussi dramatique qu’un split avec tambours et trompettes, rien qu’un départ en catimini, celui du couple Amber Webber - Joshua Wells à qui l’on doit le sémillant projet alternatif Lightning Dust, dont on attend par là même un nouvel album très bientôt. Sans annonce, communiqué ni explications, alors que les canadiens venaient d’écoper de leur plus beau succès critique avec leur magnifique IV. Bien sûr, les choses sont loin d’être aussi simples, et la note accordée à ce Destroyer vient d’ailleurs démentir la sentence prononcée en début de paragraphe. Néanmoins, une page se tourne, et autant on oubliera sans doute assez facilement le cogneur Wells - remplacé poste pour poste par Adam Bulgasem, autant il sera bien plus ardu de faire abstraction du chant mystique de Webber qui nous laissera à jamais orphelins.

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