↓ MENU
Accueil
Première écoute
Albums
Concerts
Cinéma
DVD
Livres
Dossiers
Interviews
Festivals
Actualités
Médias
Agenda concerts
Sorties d'albums
The Wall
Sélection
Photos
Webcasts
Chroniques § Dossiers § Infos § Bonus
X

Newsletter Albumrock


Restez informé des dernières publications, inscrivez-vous à notre newsletter bimensuelle.
Compte-rendu de concert

The Prodigy


Date : 19/04/2015
Salle : Zénith (Lille)
Première partie :
Clément, le 25/04/2015
( mots)

J’arrive au sein du Zénith lillois et me place à une distance correcte de la scène que je vois très clairement. Fier de moi, je suis aux premières loges. Ni trop loin pour la visibilité, ni trop près en cas de « pogo » excessif au premier rang. Je jette un œil à mon entourage, la moyenne d’âge se situe à mi-chemin entre 20 et 30 ans. L’atmosphère semble déjà bien alcoolisée et l’énergie est au rendez-vous. Nous sommes tout de même venus voir sur scène le fameux collectif de Braintree à l’origine même, avec quelques autres grands noms, du mouvement des raves parties dans les années 90. The Day Is My Enemy m’avait plus que convaincu et il était de mon devoir de voir ce que donnait le prodige aux 20 millions d’albums vendus, sur scène.

La première partie démarre ponctuellement et est assurée par Cosmo Sheldrake. Un jeune multi-instrumentiste anglais utilisant un Loop Station, un clavier et un ordinateur à la pomme. Le résultat est vraiment entraînant. A mi-chemin entre Alt-J et James Blake, un pur délice musical alternant entre loops, beat box et synthé. Mais le sentiment reste partagé. La première question que l’on ait envie de lui poser étant « Qu’est-ce que tu fous là ?! ». On parle de la première partie de Prodigy. Un nom qui évoque la rave, le hardcore, le big beat... mais pas ça. Le public n’est pas du tout réceptif. Les mélodies du jeune talent n’entraînent pas plus loin que les cinq premiers rangs et un brouhaha général rend ses timides interactions avec son audience absolument inaudibles. Certains spectateurs rigolent d’abord avant de se lasser et d’explicitement demander à ce que l’on passe à la suite. Au-delà de son atmosphère relativement calme, la prestation est surtout terriblement molle. Dommage, mais affaire à suivre.

Le jeune technicien nous quitte finalement et nous découvrons doucement la scène des tant attendus de la soirée. Cinq grandes paraboles surplombent un décor à l’air post-apocalyptique.  Le groupe d’intéressés ne se montre toujours pas et l’attente semble interminable. Le public s’impatiente et on discerne quelques huées au sein de la foule, lassée.

Enfin, l’obscurité gagne la salle et un son émane des façades. Les projecteurs s’allument et l’ami Crabtree arrive en tête sur scène pour rejoindre ses fûts et cymbales tandis que Rob Holliday lance de grands coups d’accords, saturés, debout sur la grosse caisse de son collègue. Le trio Howlett, Reality et Flint pointe le bout de son nez et on discerne un "Breathe" sur le point d’être libéré. Le public a maintenant complètement oublié son heure d’attente et acclame ses chouchous. La tension monte, et le morceau démarre sur ce coup de caisse-claire qui a marqué les tympans du monde entier presque 20 ans plus tôt. Au même moment un trou s’ouvre devant moi, je suis aspiré devant et dans mon effort pour retourner en arrière j’aperçois quelques spectateurs s’envoler au dessus de la foule avec l’aide de leurs comparses, avec ou contre leur volonté. Je m’étais préparé mais je ne m’attendais certainement pas à ce degré là.  J’arrive finalement à me frayer un chemin jusque dans les derniers rangs où je trouve quelques occasions pour respirer. C’est à la fois un spectacle surprenant et passionnant qui se déroule devant moi.

Brillante, c’est ce que je pense de la musique d’Howlett et sa bande, et notamment de leur dernier rejeton. Un hymne à la libération de toute l’énergie que l’on a à revendre. Et c’est la raison pour laquelle il me fallait voir ce qu’ils donnaient en live. La surprise était au rendez-vous.

Finalement le groupe ne perd pas de temps et enchaîne avec "Nasty" qui sera le premier représentant du dernier né. L’ambiance et l’énergie sont très bien gérées il est vrai, néanmoins la direction technique semble avoir décidé de privilégier les décibels plutôt que l’audibilité de la prestation. Dans un Zénith qui a tout de même la fâcheuse tendance de rapidement sonner comme une conserve alimentaire de bas étage, on perd tout de même une partie du plaisir.

C’est au tour d’"Omen" de prendre le relais sur le set, accompagné de son public qui entonne l’air à coup d’onomatopées vocales des plus raffinées. Que de bonheur. L’audience semble ne prêter aucunement attention à cette avalanche excessive de décibels à faire taire une belle-mère lors d’un repas familial (c’est dire...). Néanmoins la recette fonctionne et l’ambiance ne perd rien de son entrain.

"Wild Frontier" précédera ensuite "Firestarter" dont l’intro nous transportera dans nos courses futuristes vidéoludiques les plus folles de nos plus jeunes années. Le groupe sait faire jouer de l’artifice live et du duo Flint/Reality qui fait très bien son boulot pour conserver l’engouement général.  Plus tard, "The Day Is My Enemy" nous emportera avec un jeu de lumière sur ces fameuses paraboles qui aura le mérite d’attirer l’œil après déjà 30 minutes d’une presqu'overdose d’éclairages épileptiques. Mon corps bouge et je ne sais le retenir.

La suite s’enchaîne et on attribuera tout de même une mention particulière pour les nouveaux morceaux qui semblent sculptés pour le live. De plus le groupe n’oublie pas ses classiques et reçoit un accueil grandiose aux sons des "All my freakin’ people !" de Reality qui demande à ses interlocuteurs de s’asseoir en attendant que les quatre mots magiques sortent de la bouche de Flint : "Smack My Bitch Up". On ne peut s’empêcher de se demander comment les énergumènes peuvent tenir tout au long d’une tournée. C’est le moment du rappel et la prestation sera conclue par "Their Law" et "Take Me to the Hospital". 

Finalement, le concert n’aura duré qu’une petite heure et demie et on sent dans la salle un sentiment partagé entre la frustration et l’épuisement. Le groupe aura pris soin de ne pas négliger ses classiques même si on aurait aimé avoir une touche d’Always Outnumbered Never Outgunned qui sera le grand absent de la soirée. Finalement on est presque content que ça s’arrête. La formule a beau être efficace, elle a ses limites, et le peu de variété dans les interactions avec le public finissait par rendre le tout un poil monotone.

Les Prodigy en live ? Oui ! Mais une fois. 

Setlist :

1. Breathe
2. Nasty
3. Omen
4. Wild Frontier
5. Firestarter
6. Roadblox
7. Rok-Weiler
8. The Day Is My Enemy
9. Beyond the Deathray
10. Voodoo People
11. Get Your Fight On
12. Run With the Wolves
13. Wall of Death
14. Invaders Must Die
15. Medicine
16. Smack My Bitch Up

(Rappel)

17. Their Law
18. Take Me to the Hospital

Commentaires
Soyez le premier à réagir à cette publication !
Soutenez Albumrock

Nous avons besoin de vous pour garder notre indépendance !


Publicité
Album de la semaine

Opeth


In Cauda Venenum


"

De parangon du death-metal suédois à inclinaisons progressives, Opeth est passé en moins de dix ans à coqueluche du monde progressif tout court avec ses albums mélodiques et techniques typés 70’s. Gloire permise aussi par une esthétique affirmée ; il y a bel et bien un « son » Opeth qui est né depuis Heritage(comme il y a avait une identité claire dans la première période du groupe), et celui-ci n’est pas du tout renié dans ce nouvel opus tant attendu. En effet, In Cauda Venenum est dans la claire lignée des albums précédents, dont le dernier en date était le chef-d’œuvre Sorceress aux qualités exceptionnelles. 

"
À lire également