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Compte-rendu de concert

Muse


Date : 25/05/2010
Salle : Casino de Paris (Paris)
Première partie :
Laura, le 28/05/2010
( mots)

Tout a commencé avec une rumeur. Une sacrée bonne blague, cette rumeur : Muse se produirait en concert exclusif au Casino de Paris. Petite salle, comparativement au Stade de France, dans lequel le groupe jouera trois semaines plus tard. Beaucoup n'accordent pas trop de crédit à cette information. Après tout, le groupe est déjà passé au Théâtre du Châtelet en 2009, et puis nous ne sommes tout de même pas revenus à l'époque de Showbiz et des petits concerts fracassants du trio, à l'époque jeune et survolté. Ceux qui y croient élaborent des théories, mais surtout se posent des questions, anxieux. Comment seraient distribuées les places ? Les mettre en vente reviendrait à provoquer des émeutes sans précédent devant la FNAC. Parviendraient-ils à en obtenir une ?

 

Bientôt, la sentence tombe : le concert aura bel et bien lieu, et il s'agira d'un show privé. Les places ne pourront être acquises que par le biais des deux partenaires du concert, à savoir Orange et la radio NRJ, de façon très surprenante, Virgin étant la radio "officielle" de Muse. Rapidement, les concours pour gagner deux exemplaires du précieux sésame pleuvent, et en en découvrant les modalités, les fans pleurent. En effet, Orange propose des tirages au sort avec des questions bidons, ainsi qu'un jeu où le but est de cliquer sur "jouer" et de voir s'afficher "vous avez perdu" pendant des heures. Pour gagner avec NRJ, en revanche, il faut écouter la radio toute la journée pour savoir à quel moment précis décrocher son combiné et se ruiner en numéros surtaxés (beaucoup devront, certainement, hypothéquer leur maison après ça), ou encore écrire le plus de fois "j'aime NRJ" sous une photo de Muse, sur la page Facebook de la radio. De plus, les concours ont le malheur de tomber moins d'une semaine après la sortie du nouveau titre de Muse, "Neutron Star Collision", single du prochain film Twilight. A la crainte de voir gagner des gens peu concernés par le groupe s'ajoute alors celle de trouver une salle remplie de fans de Twilight hurlant "Love is forever" en imaginant les deux acteurs de Twilight échanger un baiser langoureux. Heureusement, et alors que les fans se désespérent de devoir se trainer dans la boue encore longtemps, le site officiel de Muse met en jeu 225 paires de tickets, sur la base d'une nouvelle chasse au trésor dans son sens le plus strict.

 

Le jour J, les heureux gagnants font le pied de grue devant la salle, tandis que les malchanceux attendent de l'autre côté du trottoir, le cœur battant et les nerfs en pelote, avec l'espoir que quelqu'un ait une invitation en trop, et leur en fasse donc profiter. Dans la salle, devant la scène, les gradins ont été retirés, peut-être pour éviter que la catastrophe du Châtelet (fans sautillant allègrement sur les beaux sièges en velours) ne se reproduise ici. L'accès au balcon est restreint aux VIP, tels Hélène Ségara ou Nolwenn Leroy, personnalités assez peu représentatives du rock'n'roll, a priori. Les caméras du Grand Journal arpentent les lieux, à la recherche de proies parfaites pour la "Minute Eau Précieuse" du Petit Journal de Yann Barthès. Pour leur échapper, les fans feignent le calme et gardent leur joie hystérique d'être présents pour plus tard. A 20h30, la salle est comble, mais on ne peut s'empêcher de penser à telle ou telle personne qui aurait vendu père et mère pour assister au show.

 

Avec une demi-heure de retard, le groupe entre sur scène, dans un délire de hurlements (venants surtout des premières rangées), et entame "MK Ultra". Les cris passent de la surprise à la joie, et la chanson, assez calme mais hachée d'un riff jouissif, est, contre toute attente, une superbe entrée en matière. Puis c'est le traditionnel "Map of the Problematique", et "Uprising", joué avec une guitare Manson double manche amusante, mais qui, malgré quelques différences de son, ne transforme pas significativement la chanson.

Trois titres seulement, et il n'en faudra pas plus pour percevoir que quelque chose cloche ce soir. L'ambiance est étrange, contenue, presque plate à certains moments. Entre les titres, les cris sont vifs mais s'essoufflent rapidement, seul les trois ou quatre premiers rangs sautillent de plaisir, tandis qu’une grosse partie du public (et presque tous les VIP) reste de marbre. En effet, ceux qui ne clament pas leur joie brandissent leurs téléphones portables dans un geste collectif et vain, pour ramener quelques images d'un Matthew Bellamy flou. Alors que chacun devrait savourer l'incroyable privilège de pouvoir se régaler d'un groupe si médiatisé devant une audience si réduite, l'hystérie n'est pas celle que l'on pouvait attendre. A vrai dire, si hystérie il y a, elle n'est pas vraiment collective.

 

Alors il faut s'arrêter un instant et réfléchir, et en parcourant la salle des yeux, on aperçoit des jeunes accompagnés de leurs parents, des spectateurs en train d'écrire des SMS, et d'autres en train d'observer la scène d'un air qui se veut calme et intéressé, mais qui ressemble plutôt à celui d'un type blasé qui trouve que c'est juste plutôt pas mal pour un concert gratuit. Bien sûr, tout n'est pas noir, et la partie du public qui est dans le show montre sa joie assez fort pour qu’on les croit plus nombreux, mais il est clair que ce soir au Casino de Paris, il y a beaucoup de touristes, et tout le monde n'est pas un fan de la première heure. Avec un pincement au cœur, et tout élan sectaire mis à part, on se dit que si la salle avait été remplie d'amateurs passionnés comme au théâtre du Chatelet, le concert aurait pris une toute autre ampleur, une ampleur démente.

 

Car il est clair que le groupe n'a absolument rien à se reprocher, malgré quelques fausses notes de temps en temps. Il est rare de les voir sourire autant et Matthew Bellamy, peu réputé pour sa chaleur envers le public, invite celui-ci plusieurs fois à chanter à sa place. Quand le groupe prend la parole, il est assez difficile de comprendre de quoi il s'agit, mais lorsque le public croit entendre le mot "old", il redouble de fureur, en priant pour avoir droit à un "Citizen Erased" ou à un "Showbiz". Mais cette fois, il s'agira de "Bliss", qui n'avait pas été joué depuis 2006. On continue ensuite de naviguer de surprise en surprise, avec deux titres encore jamais joués en live, "Neutron Star Collision", dont une minorité de gens connait déjà les paroles, et "I belong to you", clou du spectacle. Matthew Bellamy, sur son piano blanc, est acclamé tout au long de la chanson, jusqu'à la partie en français. Chacun retient son souffle, avant d'accompagner Matthew en phonétique ou en bon français. "Wipon za ma tondwess" chante-t-il, et cette fois, c'est une grande partie du Casino qui répond à cette sympathique attention du groupe, car le leader n'osait jusque là pas attaquer cette chanson en live, trop difficile à jouer, selon lui. C'est peut-être seulement du à la surprise et à l'émotion d'entendre cette chanson dans notre langue, mais le moment est précieux et le titre met du baume au cœur, comme un cadeau fait au public français. Il faudra prendre du recul et l'entendre de nouveau en live pour vraiment savoir ce qu'il vaut réellement.

 

Le reste de la setlist est assez prévisible, avec "Undisclosed Desires" qui est décidément sans saveur en live, "Starlight" que le public frappe des mains, et un "Plug in Baby" sautillant, qui achève de faire transpirer les plus convaincus. Sur scène, le trio s'éclate, et s'éclipse après "Unnatural Selection", aussi ébouriffant que d’habitude. Alors que les lumières sont éteintes, on peut encore une fois remarquer que les cris ne sont pas à la hauteur de ce qu'on pouvait espérer, et beaucoup se contentent d'attendre, déjà gagnés par la fatigue.

 

Pour le rappel, le groupe entame un "Hysteria" puissant, avant de laisser la place à Chris et à son harmonica, qui nous gratifie de sa célèbre reprise de "Man with a Harmonica" puis jette son instrument dans la foule, avant d'enchaîner sur le traditionnel "Knight of Cydonia" de fin de setlist. Dans un dernier effort, les fans tentent de montrer leur engouement en sautant comme des dingues sur les riffs de Matthew Bellamy, grimaçant et concentré. Malgré ces airs de bouquet final, on continue d'espérer "New Born" ou l'inévitable "Time is Running Out", mais nos espoirs s'envolent lorsque des gerbes de fumées apparaissent sur les dernières notes de "Knight of Cydonia". C'est bel et bien terminé. Dominic fait un petit discours de remerciement incompréhensible, et le groupe s'échappe, le sourire aux lèvres.

 

Finalement, public mis à part, le show était court mais il s'agissait d'un véritable concert. Le groupe montrait et communiquait son plaisir d'être à Paris (sans pour autant interpeller le public avec des mots), et le show était sublimé par un excellent réglage son (notamment de la batterie de Dom, qui raisonnait avec clarté) et lumière, qui n'était ni trop faible, ni trop fête foraine. On regrettera l'absence de titres plus anciens ou indispensables comme "Time is running out", mais pour un concert "test", à l'approche de la double date au Stade de France, les attentes du public (la partie intéressée, du moins) sont globalement comblées, et les néo-fans pourront se réjouir d'avoir enfin pu voir Muse dans l'intimité d'une petite salle.

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Black Mountain


Destroyer


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Cela vous aura peut-être échappé, mais Black Mountain a discrètement rendu l’âme il y a de cela un peu plus de deux ans. Oh, rien d’aussi dramatique qu’un split avec tambours et trompettes, rien qu’un départ en catimini, celui du couple Amber Webber - Joshua Wells à qui l’on doit le sémillant projet alternatif Lightning Dust, dont on attend par là même un nouvel album très bientôt. Sans annonce, communiqué ni explications, alors que les canadiens venaient d’écoper de leur plus beau succès critique avec leur magnifique IV. Bien sûr, les choses sont loin d’être aussi simples, et la note accordée à ce Destroyer vient d’ailleurs démentir la sentence prononcée en début de paragraphe. Néanmoins, une page se tourne, et autant on oubliera sans doute assez facilement le cogneur Wells - remplacé poste pour poste par Adam Bulgasem, autant il sera bien plus ardu de faire abstraction du chant mystique de Webber qui nous laissera à jamais orphelins.

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