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Compte-rendu de concert

Kylesa


Date : 25/02/2012
Salle : Théâtre Max Jacob (Quimper)
Première partie : Ken Mode, Circle Takes The Square
Nicolas, le 29/02/2012
( mots)

C'est la fin des vacances scolaires bretonnes, et avec elles s'achève également la tournée européenne harassante de Kylesa. Avant de clôturer comme il se doit une belle série de huit dates dans l'hexagone, preuve que les géorgiens aiment à se produire en France, c'est sur leur halte la plus improbable, au fin fond du Finistère, que nous les approchons afin de voir ce qu'ils ont dans le ventre sur scène.

Ambiance douce en ce samedi soir d'hiver quimpérois, les quais de l'Odet sont bondés mais rares sont ceux à se masser avec empressement sur la devanture du théâtre Max Jacob. La réalité rattrape bien vite l'idéaliste que je suis : qui connaît Kylesa en France, à part une petite poignée d'acharnés du décibel ? C'est donc une assistance peu fournie qui assiège de son mieux l'antique théatre classique reconverti depuis peu en salle de spectacle à vocation rock. Une reconversion d'ailleurs plutôt réussie, le charme des lieux prêtant une ambiance chic mais branchée au Festival des Hivernautes qui a vu se succéder, les jours précédents, une jolie affiche comportant notamment Stuck In The Sound, Phoebe Killdeer, Le Prince Miiaou, Pamela Hute ou encore Corleone. Fin des hostilités ce soir avec la soirée metal qui a eu le nez de recruter les natifs de Savannah pour nettoyer les tympans des quimpérois. Et qu'importe si la salle aurait pu être deux fois plus remplie : les aficionados du rock heavy, tout de cuir vêtus et arborant avantageusement la chevelure propice au headbanging effréné, sont prêts à en prendre pour leur grade.

On passera rapidement sur les deux premières parties de la soirée, les canadiens de Ken Mode et les autres originaires de Savannah, Circle Takes The Square. Ambiance plutôt post-hardcore méga-gueulard et malheureusement trop peu mélodique pour mes pauvres petites esgourdes. Le seul intérêt des sets réside principalement en l'observation du spectacle donné par les deux bassistes : le premier, massif, barbu et rondouillard, tétanise une assemblée encore très éparpillée par la fougue de son headbanging musculeux, tandis que la mignonne Kathy (oui, elle s'est présentée) apporte une certaine forme de groove sexy à ses hurlements animaliers. Pour le reste, quelques bons moments vaguement psychédéliques et parfois chantés en voix pleine, malheureusement noyés sous un torrent d'ire vocale à l'intérêt assez limité, du moins en ce qui me concerne.

Les rangs commencent à se serrer un peu tandis que les cinq géorgiens installent leurs armes de bataille. Sur scène, Phillip Cope semble nerveux et houspille un roadie sur la qualité de la mise en place du matos. Pourtant, cette fébrilité apparente n'entame en rien la chape de plomb qui inonde un "Said And Done" monté sur ressorts. Très vite, le constat se résume à deux mots : rouleau-compresseur. Le son de Kylesa en live se révèle tout bonnement monstrueux, d'une lourdeur irréelle, avec des basses plantureuses et vibrantes à souhait, mais ne sacrifiant pourtant rien sur l'autel de l'énergie. Au contraire même : les tempos sont sensiblement plus rapides que sur disque, et l'ensemble donne l'impression d'une implacable charge de cavalerie sudiste truffée de salves d'artillerie dévastatrices. C'est à ce point précis que l'on peut prendre toute la mesure de ce groupe atypique qui réalise un équillibre assez saisissant entre textures mélodiques aisément captables au sein du maelström sonore, énergie vocale punk, psychédélisme entêtant et puissance sidérante des riffs. Aux détours de ce carnage auditif en règle, la configuration scénique assez inédite de Kylesa ajoute encore une touche de piment supplémentaire au combo. Au fond, en position centrale, les deux batteurs terrorisent l'assistance par la violence et la vélocité de leurs assauts guerriers. A l'extrême droite, Phillip Cope plante sa charpente de géant avec une tranquillité qui dénote avec le caractère explosif de ses riffs et l'assurance sidérante de son jeu vocal, bien aidé en cela par un micro boosté aux échos surnaturels du meilleur effet. A l'extrême gauche, la harpie Laura Pleasants offre un spectacle déconcertant, tantôt complètement à l'ouest et le regard dans le vague tandis que ses doigts courent insolemment sur le manche de sa guitare, tantôt aimantant le micro avec une fureur intériorisée confinant à la crise autistique. Last but not least, le nouveau bassiste (et ancien batteur), Eric Hernandez, occupe la position centrale et se charge de défendre son gras de viande en sautant en tous sens et en headbangant comme un damné. Oui, Kylesa en impose, et c'est un euphémisme.

Le set fait une très large part aux deux derniers albums du groupe, les brillants Static Tensions et Spiral Shadow, dont les compos se complètent à merveille au sein d'un show tantôt tendu et percutant, tantôt planant et stuporeux, mais toujours balayé par ce son assourdissant inimitable. Le stoner gras de "To Forget" et de "Distance Closing In" se mêle aux plus hardcores "Tired Climb" et "Scapegoat", ces deux derniers morceaux se trouvant complètement dynamités par un tempo proprement inhumain. Les improvisations sont bel et bien présentes, notamment sur "Scapegoat" qui laisse Laura Pleasants libre de décharger des soli erratiques sur fonds de percussions quasi-ethniques, même si l'ensemble donne surtout l'impression d'une machinerie infernale parfaitement huilée et impeccablement assemblée en répétitions. A ce stade, avec un set inattaquable mêlant les plus belles arcanes du rock lourd à des saillies plus indie ("Don't Look Back" et sa réverb' magique) et à des trips psychés très floydiens ("Running Red", génialissime en live et point d'orgue d'un rappel haletant), on ne comprend pas vraiment ce qui empêche encore Kylesa de conquérir une audience bien plus vaste. Certes, le chant n'est pas le point fort du groupe, et si Phillip Cope s'en sort très honorablement, Laura Pleasants va devoir travailler ses vocalises si elle veut rester crédible en voix claire tout au long d'un concert. Mais rien ne semble désormais devoir arrêter l'ascension que l'on sent irrésistible d'un groupe qui a vraiment su affirmer son style, mais dont on attend encore l'album qui l'imposera définitivement comme un incontournable du rock heavy. Ce qui ne devrait a priori pas trop tarder, même si ça n'est qu'une intuition...

 

Setlist :

 

Said and Done

Only One

Tired Climb

To Forget

Bottom Line

Forsaken

Don't Look Back

Distance Closing In

Unknown Awareness

Hollow Severer

Drums Jams

Scapegoat


Rappel

Running Red

Where the Horizon Unfold

 

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