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Compte-rendu de concert

DeWolff


Date : 17/02/2012
Salle : 6par4 (Laval)
Première partie :
Marc, le 24/02/2012
( mots)

L'humidité et quelques nappes de brouillard enveloppent Laval, normal Les nuits de l'alligator y font étape ce soir. Les DeWolff sont de sortie et promettent de nous la rendre torride.

Sur les bords de la Mayenne le 6par4 ignore encore ces trois jeunes hollandais qui assistent en spectateur au show du one-man band anglais Lewis Floyd Henry. Ce sosie de Jimi Hendrix, a même la voix qui flirte avec son illustre pair. Après un début timide devant une salle peut remplie et guère attentive, son jeu de guitare saturée explore le blues et le psychédélisme d'une façon toute personnelle, éprouvée dans la rue, là où il a été repéré. Ses chansons partent dans tous les sens mais il a l'art de retomber sur ses riffs avant de s'abandonner complètement à une reprise décalée du Wu Tang Clan, "Protect Ya Neck", qui va durer plus d'un quart d'heure. C'est en donnant des coups de pieds sur ses caisses et tout ce qui l'entoure qu'il s'en est allé, habité. Le public a apprécié, même si cet anglais n'est évidemment pas Jimi Hendrix, il faut lui reconnaître un talent certain.

La salle n'est qu'à moitié pleine quand les DeWolff entrent en scène. Eux qui font un tabac dans n'importe quel endroit des Pays-Bas et qui ont déjà eu l'honneur d'avoir un documentaire consacré à leur toute jeune carrière, auraient pu se demander ce qu'ils font là. Mais si la musique ne passe pas immédiatement toutes les frontières dans les oreilles des gens, il est évident qu'un jour leur talent sera reconnu ici, aussi. C'est donc l'occasion idéale de le(s) juger sur pièce. Comme pour les Triggerfinger, ces trois Flamands sont parés de costumes dont la couleur dorée et satinée du chanteur Pablo Van de Poel ne peut passer inaperçue. Ils sont en tout cas visiblement ravis de faire face au public lavallois. C'est leur deuxième concert en France seulement, mais le "merci beaucoup" qui conclut leur premier morceau est adressé avec le sourire et sans accent. Il faut dire que la valeur des deux frères van de Poel (chanteur et batteur) et de Robin Piso à l'orgue Hammond n'attend pas le nombre de leurs années. Luka, le batteur (pieds nus), n'a que 17 ans et son frère aîné même pas 20 ans ! Et pourtant !

Ces deux anges chevelus et leur compère barbu se jouent du hard blues psychédélique comme s'ils avaient été sortis dès leur naissance du fin fond du bayou par leurs plus glorieux aînés. On pense ici aux Doors, ou là, à Led Zeppelin, mais ce que l'on voit et entend dépasse l'entendement eu égard à leur précocité. L'organiste joue la plupart du temps les yeux fermés, Pablo chante et gratte comme un possédé, son petit frère suit ou impose la cadence sans faiblir. Leur tube "Don't You Go Up The Sky" est endiablé et la voix de Pablo est franchement à la hauteur. Le public a rapidement compris pourquoi les Hollandais en sont fous, même s'il reste étrangement éloigné de l'avant scène, comme pour mieux apprécier les phénomènes. Un duel entre l'orgue de Robin et la guitare de Pablo traduit bien l'esprit de ce power-trio : le plaisir de jouer transparaît dans tout ce qu'il fait. Vient alors le morceau phare du dernier album : "Pistol". Il est annoncé avec regret comme leur dernière salve, mais peu savent qu'ils vont la faire durer. Car c'est en cela que DeWolff se démarque largement de la plupart des groupes de blues-rock actuels. Une intro soul, puis des digressions musicales, à la Carlos Santana et à la Doors, amènent le trio à nous laisser baba devant un solo de batterie et une fin déchaînée. Debout, comme un grand groupe qui vient de triompher sans l'air d'y toucher et devant un public malheureusement clairsemé, DeWolff salue le 6par4 et s'en va dévorer la nuit. Dans ma chair de rockeur je viens d'être conquis.

Les Two Gallants ont le désavantage de passer après. Le batteur barbu Tyson Vogel frappe fort et précisément mais le chant irlandais d'Adam Stephens ne me fait pas trop d'effets. Pourtant armé d'une Gretsch, leur folk-rock à la sauce blues et leurs ballades déchirantes ne peuvent faire oublier sur l'instant les sensations éprouvées avec le trio hollandais. Dommage, surtout pour eux. Le public discute plus qu'il n'écoute. C'est la tête ailleurs et les tripes remuées que mon aventure lavalloise va se poursuivre sur l'autre rive de la Mayenne, en espérant ne pas être trop déchiqueté au bout de cette nuit de l'alligator...

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Black Mountain


Destroyer


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Cela vous aura peut-être échappé, mais Black Mountain a discrètement rendu l’âme il y a de cela un peu plus de deux ans. Oh, rien d’aussi dramatique qu’un split avec tambours et trompettes, rien qu’un départ en catimini, celui du couple Amber Webber - Joshua Wells à qui l’on doit le sémillant projet alternatif Lightning Dust, dont on attend par là même un nouvel album très bientôt. Sans annonce, communiqué ni explications, alors que les canadiens venaient d’écoper de leur plus beau succès critique avec leur magnifique IV. Bien sûr, les choses sont loin d’être aussi simples, et la note accordée à ce Destroyer vient d’ailleurs démentir la sentence prononcée en début de paragraphe. Néanmoins, une page se tourne, et autant on oubliera sans doute assez facilement le cogneur Wells - remplacé poste pour poste par Adam Bulgasem, autant il sera bien plus ardu de faire abstraction du chant mystique de Webber qui nous laissera à jamais orphelins.

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