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Compte-rendu de concert

Hermano


Date : 07/11/2008
Salle : Trabendo (Paris)
Première partie : Die On Monday, Rescue Rangers
Maxime, le 12/11/2008
( mots)

En matière de live, le stoner se goûterait-il en France par tranches de trois ? L’année dernière à la même époque nous avions vu débouler dans nos contrées Hermano, Brant Bjork et Fu Manchu. 12 mois plus tard, le trio de choc est quasi-intégralement reconduit, seuls Monster Magnet et Nebula (excusez du peu) remplaceront le mythique quatuor de San Clemente.

La question qui a dû titiller pas mal d’aficionados lors de ce premier raout heavy rock : est-il vital d’aller revoir Hermano après leur passage au Nouveau Casino l’hiver dernier, sachant que le quintet revenait en Hexagone sans nouvel album à promouvoir ? Un billet à 25 euros a eu raison des sceptiques, au vu des préventes plafonnant ce soir-là à 250 places, garantissant un Trabendo à peine demi-complet donc. Eh bien ils ont eu tort ! Le groupe a en effet livré une performance bouillante qui a d’ores et déjà supplanté leur dernier gig, pourtant pas avare en réjouissances. Et puis il y a tellement peu d’occasions de voir John Garcia en chair et en os qu’il n’y a aucune raison d’aller chipoter. On s’est donc retrouvés entre fans hardcore, les vrais de vrais, les purs de purs.

Coincé dans le tour bus d’Hermano pour une improbable interview en compagnie de confrères de la toile (compte-rendu à venir dans quelques jours), nous n’avons littéralement vu que la dernière seconde du set de Die On Monday. On remplira notre rôle informatif en précisant qu’il s’agit d’un groupe récemment formé par le guitariste d’Aqme, visiblement et lourdement inspiré par Black Sabbath et Down. On essaiera de cerner un peu plus les contours de la bête dans un futur proche. En attendant, pour les curieux, ça se passe ici : http://www.myspace.com/dieonmonday

Formation hexagonale des plus prometteuses, Rescue Rangers vient confirmer sur les planches tout le bien qu’on pouvait penser d'elle. Oeuvrant dans un fuzz rock tendance volumineux et hypnotique qui a dû s’abreuver un moment ou à un autre dans le passé conséquent de John Garcia (Kyuss, Slo Burn, Unida), les marseillais livrent un set musclé et ultra-efficace, avec un batteur explosif et un bassiste qui sait assurer le show au prix de multiples contorsions. Les brûlots défilent (l’inaugural "Sounds Of The Katana", "Black As Basket", aussi lourd sur scène que sur disque, l’enragé "Spear") sous les headbangings approbateurs d’une bande d’amis brandissant une bannière à l’occasion. Vient le moment du planant "Hassan Sabbah" où un musicien soufflant dans une espèce de Didgeridoo s’invite pour épauler les trois comparses. Quelques extraits du "War Pigs" de Black Sabbath se coulent alors dans ce stoner aux accents orientalistes, l’un des rares instants de répit de cette prestation, le chanteur en profitant pour appeler de ses vœux l’émergence d’une véritable scène rock marseillaise. Cette petite demi-heure a assurément fait office de plaidoyer convainquant.

Alors que la voix caverneuse de Mark Lanegan hante les lieux en s’insinuant dans les speakers du Trabendo diffusant l’album des Gutter Twins, les cinq coyotes d’Hermano prennent possession des lieux et donnent le ton dès l’entame avec un furieux "Cowboy Sucks". Si Dave Angstrom reste fidèle à d’habitude, jouant de sa guitare avec ses dents, la balançant sur le premier rang, allant se vautrer dans les amplis, un John Garcia beaucoup plus concerné qu’au Nouveau Casino (la présence de sa femme dans les coulisses expliquerait-elle ce revirement d’humeur ?), s’avère enfin décidé à assurer son rôle de frontman, s’investissant sur chaque note qu’il pousse. Exploit, il esquisse un sourire franc plus d’une fois, remercie le public pratiquement à la fin de chaque morceau dont un vibrant : "On est content de jouer devant vous, dans la si belle ville dans laquelle vous habitez". Dandy Brown, dont le sourire candide jure avec la puissance implacable de sa basse, n’est pas en reste et prouve qu’il cimente bien l’ensemble, sévèrement secondé par la guitare de Mike Callahan et les pulsations sauvages martelées par Chris Leathers. Il y aura bien des grincheux pour dire que qu’on avait parfois du mal à entendre le chant de Garcia, mais franchement l’ensemble est de bonne tenue, quand on se souvient de ce qu’on a déjà pu entendre dans cette salle.

Curieusement, la set-list est lourdement dominée par Only A Suggestion, qui se taille la part du lion avec 6 titres joués sur les 8 de l’album. Pour le reste, rien que de l’éprouvé, Hermano disposant dans sa discographie bien plus d’un scud pour imposer sa sentence. Quand ce ne sont pas les guitares tournoyantes de "The Bottle" qui magnétisent les esgourdes, ce sont les charges kilotonniques "Left Side Bleeding" ou "Exam Room" qui les font saigner ou le speedé "Angry American" au cours duquel elles se mettent à siffler. "My Boy" fait soulever les chœurs et les gobelets vides à chaque refrain. De son côté, Into The Exam Room n’en finit pas de se bonifier avec le temps. On regrettera que, comme au Nouveau Casino, le côté acoustique du groupe ne soit pas plus mis en avant (ce qui est franchement dommage quand on connait "Murder One" ou "At The Bar"), mais on ne fait pas le difficile quand on assiste à cette grosse heure de rock massif exécuté avec la dextérité des maîtres devant lequel le public se livre à corps et à cris. Le très hommien "Life" ouvre le rappel, vite suivi par un sauvage "Thumb" qui déclenche une telle clameur de bonheur dans les rangs des spectateurs que les sous-bassements du parc de la Villette doivent encore s’en souvenir. Un titre de Kyuss exécuté par son chanteur originel reste tout de même un évènement dont on voudrait pouvoir profiter éternellement, surtout que Dave Angstrom lance dans un même souffle l’intro de "Green Machine" à la grande surprise de ses camarades (le titre ne figurait pas sur la set-list). Mais John Garcia s’acquitte de la tâche avec bonhomie, constatant rapidement la formidable exultation qu’il répand sur son auditoire. Un "Landetta" d’anthologie vient clôturer un set du même bois. Si ce concert doit donner le ton des prochains passages de Brant Bjork, Monster Magnet et Nebula, il y a tout lieu d’avoir les patates au fond du filet. Stoner rules, fuckers !


Cowboy Sucks
Exam Room
The Bottle
Left Side Bleeding
Out Of Key, But In The Mood
Alone Jeffe
5 To 5
My Boy
Senor Moreno’s Plan
Kentucky
Is This Ok ?
Adoption Boy
Angry American
Quite Fucked
Desert Home
Manager’s Special

Life
Thumb (Kyuss)
Green Machine (Kyuss)
Landetta (Motherload)

 

Photo : Moonlight666

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Black Mountain


Destroyer


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Cela vous aura peut-être échappé, mais Black Mountain a discrètement rendu l’âme il y a de cela un peu plus de deux ans. Oh, rien d’aussi dramatique qu’un split avec tambours et trompettes, rien qu’un départ en catimini, celui du couple Amber Webber - Joshua Wells à qui l’on doit le sémillant projet alternatif Lightning Dust, dont on attend par là même un nouvel album très bientôt. Sans annonce, communiqué ni explications, alors que les canadiens venaient d’écoper de leur plus beau succès critique avec leur magnifique IV. Bien sûr, les choses sont loin d’être aussi simples, et la note accordée à ce Destroyer vient d’ailleurs démentir la sentence prononcée en début de paragraphe. Néanmoins, une page se tourne, et autant on oubliera sans doute assez facilement le cogneur Wells - remplacé poste pour poste par Adam Bulgasem, autant il sera bien plus ardu de faire abstraction du chant mystique de Webber qui nous laissera à jamais orphelins.

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