↓ MENU
Accueil
Première écoute
Albums
Concerts
Cinéma
DVD
Livres
Dossiers
Interviews
Festivals
Actualités
Médias
Agenda concerts
Sorties d'albums
The Wall
Sélection
Photos
Webcasts
Chroniques § Dossiers § Infos § Bonus
X

Newsletter Albumrock


Restez informé des dernières publications, inscrivez-vous à notre newsletter bimensuelle.
Compte-rendu de concert

Grand Blanc


Date : 15/03/2016
Salle : Maroquinerie (Paris)
Première partie :

Suite à son entrée dans la cour des grands avec Mémoires Vives, Grand Blanc se lance dans une tournée passant notamment par Paris. L'occasion d'aller vérifier si l'album fait aussi la blague en live.

Raphaëlle, le 21/03/2016
( mots)

Si vous suivez Albumrock depuis quelque temps, vous avez déjà dû remarquer que j'ai consacré pas mal de papiers à Grand Blanc. Oui, il y en a beaucoup pour un groupe encore jeune: Une interview, trois compte-rendus de concert et la chronique de leur premier album! Quand on aime, on ne compte pas... C'est surtout la première fois que je suis un jeune groupe depuis ses débuts et que je les vois progresser au fur et à mesure de leurs prestations scéniques. Il fallait donc forcément que je teste leur première tournée post album! Le groupe a raconté s'être retrouvé face à une difficulté inattendue au moment de répéter leur tournée: leur album est tout simplement impossible à jouer sur scène ! Ils ont dû remanier les morceaux de Mémoires Vives et c'est ce travail que j'ai voulu aller voir à la Maroquinerie ce soir-là.

La petite salle présente l'originalité d'être construite autour d'une fosse. Les artistes jouent ainsi à une hauteur intermédiaire qui accentue le sentiment de proximité. À  21h, c'est face à une Maroquinerie comble que le quatuor fait son entrée sur scène.
Avant toute chose, je voudrais partager un point qui ne cesse de m'étonner au fur et à mesure de leurs concerts. Trois des membres de Grand Blanc sont originaires de Metz et leurs concerts ressemblent toujours à un rassemblement de potes exilés comme eux à Paris. Il y a un an, à l'International, j'avais l'impression d'être au milieu d'une bande de potes répartie sur et devant la scène. Cette atmosphère ne s'est pas dissipée en augmentant la taille de la fosse, loin de là. Autour de moi, ça bruisse de rumeurs sur le thème "Camille a dit que ..." et autres "Ça fait quand même tout drôle de voir Luc sur scène!". Bref visiblement la jeunesse messine est bien représentée à Paris et cette ambiance bienveillante contribue à rendre les concerts de Grand Blanc aussi mémorables.

Entrons maintenant dans le vif du sujet. Le concert s'ouvre sur les synthés conquérants de "Surprise Party" et la magie opère instantanément. Camille, cheveux platine et casquette vissée sur la tête, saisit le micro et regarde la foule droit dans les yeux en entamant le premier couplet. Ma voisine, qui avouait quelques minutes plus tôt n'avoir jamais écouté ce groupe, s'exclame "C'est fou la présence de cette chanteuse". Car oui, le charisme est une qualité qui ne se décide pas et Camille en a été pourvue d'une sacrée dose à la naissance. Cela tient aussi au contraste, encore plus saisissant sur scène, entre sa voix aigüe et la machine rugissante qui est mise en place par ses trois acolytes.

La première partie du set est entrainante à souhait: Camille ouvre le bal avec "Surprise Party" puis prend le contrôle avec "l’Homme serpent". De ritournelle à claviers, la chanson a mué en un refrain guerrier que Camille nous envoie comme une déclaration de guerre. La guitare de Benoit s’entend plus que sur disque : rugueuse et implacable, elle apporte le contrepoint nécessaire à la voix féminine. Benoit prend ensuite la tête du chant en interprétant "Disque sombre", au son un peu suranné mais redoutablement efficace. Dans la fosse, ça commence à s’agiter très nettement. Comme toujours, le public est acquis à la cause du quatuor et ne se fait pas prier pour bouger, même tout compacté qu’il est. On a même droit au fameux solo de Luc, le batteur, le seul solo que ces maniaques de la précision s’autorisent. La plongée dans les sonorités métalliques continue avec  "Petites frappes", dont les paroles subversives racontent l'adolescence désabusée en filant la métaphore du foot ("Quand l’herbe verte et les trous noirs/sont les couleurs de ma revanche"). Les amis rassemblés au premier rang sont déchainés.

Puis l’atmosphère bascule avec "Summer summer" (que je m’obstine à entendre "Summer se meurt"). Les synthés déploient une ambiance feutrée et le temps semble suspendu aux paroles de Benoit, à s’imaginer paresser au soleil en attendant de rejoindre son fugace amour d’été. Moi qui n’avais pas réussi à rentrer dans la chanson, j’ai été littéralement cueillie par la poésie du tableau constitué de la lumière, du chant vaporeux et des claviers qui passent par-là l’air de rien. Grand Blanc me sidère toujours par leur maîtrise du rythme d’un concert. En une fraction de seconde, les images que leur musique distille se fixent dans nos pupilles et nous nous laissons tous docilement porter. Cela m’avait frappé dès le premier concert, à l’international, mais ça ne cesse de prendre de l’ampleur avec le temps.

Camille continue sur la même vague en entamant la ritournelle désabusée de "l'Amour Fou", dont la fabuleuse ligne de basse ne ressort hélas pas assez bien à mon goût. Un concert de Grand Blanc ne serait pas complet sans quelques problèmes techniques et ça ne va pas rater pour la chanson suivante.
Monument de minimalisme, "Tendresse" a sûrement constitué un énorme défi pour l’adaptation à la scène, car la chanson superpose quatre pistes de chant. Camille fait des gestes pour réclamer plus de voix dans les retours. Malgré cela, le début de chanson est hésitant, un peu faux (ce qui est suffisamment rare pour faire tâche dans le concert). Elle arrive à rattraper le fil de ses notes un peu plus tard et je dois reconnaître que finalement, j'aime bien ce titre.
Benoit reprend la main pour entamer "Evidences" et ses jeux de mots un peu lugubres ("Le verre à moitié/On est à moitié plein"). Sa guitare s’autorise quelques arpèges supplémentaires et ces quelques notes sont pleine d’une grave mélancolie, un mélange de joie et de tristesse typique du quatuor.

"Finie la slowdance", nous annonce Camille et c’est parti pour "Bosphore"! Le choc électrifie instantanément la salle, qui entre dans la danse avec joie. Malheureusement, "Bosphore" ne résonne pas comme elle aurait pu : on entend mal les voix noyées sous les flots de synthés et de guitare. Je regrette aussi de ne pas entendre plus la basse de Vincent.

Heureusement, la suite sera nettement plus convaincante. Comme pressenti, "Désert Désir" se révèle être une véritable bombe en live. En fermant les yeux, on se croirait quelque part dans Berlin, pris dans une transe technoïde sous les injonctions des deux chanteurs déchainés. L’énergie de la chanson est libératrice, on chasse les angoisses accumulées précédemment en se laissant emporter dans le flot des paroles comme des mots jeté en l’air. Comme ils sont loin, "les autistes" (autoproclamés) des débuts, qui confiaient ne pas arriver à lever le nez de leurs guitares… Que de chemin parcouru en seulement deux ans! La montée en puissance se conclut brillamment avec "Verticool", emmené pied au plancher. Ça y est, on a totalement lâché prise et on laisse Grand Blanc aux commandes, nous emmener dans leur transe avec leurs paroles à la limite de l'incompréhensible: "Pas de prestige, pas de vertige !".

Les voilà qui disparaissent en coulisses le temps que la salle chauffée à blanc les rappelle à leur devoir. A peine sont-ils revenus que de nombreuses personnes réclament la très émouvante "Montparnasse", que Benoit entame sur le fil d’une émotion contenue.
Camille lui offre une pause en reprenant le micro sur la fabuleuse "Degré Zéro", qui ouvrait leurs sets jusqu’ici. Si on ne l’avait pas encore compris, cette piqûre de rappel finit de nous envoûter.
On finit de revisiter ses classiques avec l’incontournable "Samedi la Nuit", réclamé à cor et à cris par un public endiablé. Interprété dans une version électro vrombissante, le titre emporte nos dernières résistances : on chante en chœur les paroles de leur hymne et on les laisse nous emporter dans leur tourbillon. Allez-y, emportez tout sur votre passage, abrutissez-nous avec ce rouleau compresseur qui aura raison de nous : c’est pour ça qu’on va encore au concert, malgré la peur encore parfois, c’est pour ça qu’on vous écoute et c’est pour ça qu’on a besoin de vous, alors tant pis si tout n'est pas parfait, au fond je crois qu'on s'en fout un peu.

Merci Grand Blanc, à la prochaine.

Ps : par contre, la prochaine fois que vous passez à Paris, ça serait cool de prendre une salle un peu plus grande…

Set list (ordre un peu approximatif):

  • Surprise Party
  • l'homme serpent
  • Petites frappes
  • Disque Sombre
  • Summer summer
  • Tendresse
  • Evidences
  • Bosphore
  • Désert Désir
  • Verticool

Rappel:

  • Montparnasse
  • Degré Zéro
  • Samedi la Nuit

Et en bonus, une vidéo plutôt potable d'un de leurs concerts de cette année (sur leurs terres à Metz!)

Photo: Copyright Guillaume Lechat

Commentaires
Raphaelle, le 22/03/2016 à 10:05
Ils passent à Rock en Seine... ;-)
Etienne, le 21/03/2016 à 16:43
Tu vas finir par me convaincre d'y aller... ^^
Soutenez Albumrock

Nous avons besoin de vous pour garder notre indépendance !


Publicité
Album de la semaine
À lire également