↓ MENU
Accueil
Première écoute
Albums
Concerts
Cinéma
DVD
Livres
Dossiers
Interviews
Festivals
Actualités
Médias
Agenda concerts
Sorties d'albums
The Wall
Sélection
Photos
Webcasts
Chroniques § Dossiers § Infos § Bonus
X

Newsletter Albumrock


Restez informé des dernières publications, inscrivez-vous à notre newsletter bimensuelle.
Compte-rendu de concert

Glass Animals


Date : 20/03/2015
Salle : Gaîté Lyrique (Paris)
Première partie :

Ou comment faire de l'indie pop sans ennuyer le monde.

Raphaëlle, le 25/03/2015
( mots)

Si vous ne connaissez pas Glass Animals, c’est sûrement pour deux raisons : soit vous n’êtes pas un franc fanatique des musiques électroniques, soit vous étiez tellement obnubilé par la sortie du dernier Alt J que vous avez raté celle de Glass Animals, puisqu’elles ont eu lieu en même temps. Un tour sur la chronique de Zaba par les Inrocks vous apprendra que leur musique tire parti d’un certain chamanisme new age. Avec ça, vous voilà bien avancé.

Il faut reconnaître que la musique de Glass Animals est assez inclassable. Il y a chez eux une science de la mélodie qui rappelle inévitablement Alt J, mais aussi un goût pour les nappes de synthés qui se répandent comme du brouillard, le tout sur des percussions et des rythmes bien loin de leur Angleterre natale. Aller voir un groupe pareil sur scène, c’est s’exposer au fameux "syndrome Metronomy" : la musique est géniale dans votre casque mais le groupe est incapable de l’incarner sur scène (illustré précédemment lors d'un concert de Alt J, oui oui je fais ma pub au passage). C'est ainsi qu'en arrivant à la Gaîté Lyrique ce vendredi-là, je crains de voir un concert avec des artistes timidement planqués derrière leurs ordis.

 Déjà, le concert ne commence pas de la meilleure façon pour moi. Je débarque dans le cube scintillant (car oui, à la Gaîté Lyrique, les concerts ont lieu dans une sorte de grosse boîte en alu) en retard, au milieu de la première partie qui n’est d’ailleurs pas mal du tout. Impossible de savoir comment le duo de DJ s’appelle, mais il distille une électro sautillante qui séduit la foule.

Le quator entre enfin sur scène et les gens applaudissent avec chaleur. Les musiciens se placent derrière leurs instruments et ils entament "Black Mambo". Et là, stupéfaction totale. Conformément à mes soupçons, les musiciens s’effacent derrière leurs claviers. Mais le chanteur, lui, empoigne le micro et instantanément, il fait preuve d’un entrain surprenant. Au début, c’est même limite gênant : lui est totalement dans sa chanson, nous pas encore, ce qui nous donne l’impression qu’il gesticule dans le vide. Heureusement, leur musique se charge vite de nous embarquer dans la danse.

Les titres se succèdent et le groupe se déride un peu. Emportés par l’énergie du chanteur, qui arpente la scène et grimpe sur les amplis, le public se met rapidement à danser. Voilà qui me surprend également, car la musique de Glass Animals ne semble pas forcément propice aux déhanchements. J’imaginais un concert vaporeux, les yeux mi-clos, à plâner tous ensemble sur leurs refrains un rien mystiques. Apparemment, Glass Animals en a bien plus sous le pied que leur album ne laisse penser. Leur performance sur scène est vraiment difficile à qualifier : c’est mélodieux mais en même temps très spontané.

Glass Animals brouille les pistes, mais leur son rappelle que les membres du groupe sont surtout anglais avant tout. A voir le chanteur agrippé à sa guitare, en plein solo, difficile d’éviter le cliché des anglais qui font du rock parce que c’est dans leurs gênes. Les titres se succèdent, "Black Mambo" bien sûr, mais aussi le magistral "Flip", le mélodieux "Toes", le sautillant "Hazey". L’enthousiasme ne retombe pas, bien au contraire. Ils interprètent "Gooey" dans une version un peu boostée, toutes basses dehors, avec le chanteur qui scande le refrain comme s’il comptait le rapper. Il se lance ensuite dans un solo qui met tout le monde d’accord, le guitariste commence enfin à se lâcher, le bassiste sort de derrière ses boîtes à rythmes pour jouer de sa basse face à la scène… Et Gooey prend enfin toute son ampleur crâneuse pendant que toute la foule s’époumonne "I just wanna go where I can get some space".

Evidemment, tout n’est pas parfait. En particulier, la voix du chanteur n’arrive pas à dominer l’ensemble de leur musique, contrairement à ce que la production que Paul Epworth a donné sur l’album. C’est déstabilisant et surtout regrettable car j’ai le sentiment que sa voix manque de puissance. J’entends parfois plus les filles en pleine discussion à côté de moi que les paroles de la chanson !


L’ensemble est tout de même réjouissant. Glass Animals nous prouve ainsi qu’on peut faire de l’indie et que l’ensemble soit tout sauf la musique intello qu’on imagine au premier abord. Par un tour de passe-passe que je ne m’explique toujours pas, mais qui tient probablement beaucoup au charisme du chanteur, Glass Animals nous entraîne dans sa danse. Leur musique fait effet instantanément, pleine de lumière et de chaleur. Elle nous transporte dans un monde à part, un peu comme un conte d'enfant, peuplé d'animaux mystiques aux sons étranges. Un groupe qui casse les codes, à suivre de très près dans les années à venir.

Commentaires
Soyez le premier à réagir à cette publication !
Soutenez Albumrock

Nous avons besoin de vous pour garder notre indépendance !


Publicité
Album de la semaine

Opeth


In Cauda Venenum


"

De parangon du death-metal suédois à inclinaisons progressives, Opeth est passé en moins de dix ans à coqueluche du monde progressif tout court avec ses albums mélodiques et techniques typés 70’s. Gloire permise aussi par une esthétique affirmée ; il y a bel et bien un « son » Opeth qui est né depuis Heritage(comme il y a avait une identité claire dans la première période du groupe), et celui-ci n’est pas du tout renié dans ce nouvel opus tant attendu. En effet, In Cauda Venenum est dans la claire lignée des albums précédents, dont le dernier en date était le chef-d’œuvre Sorceress aux qualités exceptionnelles. 

"
À lire également